Le site qui raconte la voiture électrique en France depuis 2008 tire un trait sur son nom. Automobile Propre devient Bevolt, marque sous laquelle Cleanrider et Révolution Énergétique le rejoindront d’ici fin 2026. Le signe qu’électrifier ne se résume plus à changer de motorisation.
Le 2 novembre au matin, les habitués d’Automobile Propre ont atterri sur un autre site : Bevolt. Nouveau nom, nouvelle maquette, application refaite, des milliers d’articles migrés depuis 2008, et un mot de la rédaction prévenant que tout ne serait pas parfait le premier jour. Sur le forum, qui revendique 54 000 membres, un fil « qu’en pensez-vous ? » a été ouvert dans la foulée.
Le site avait été lancé en 2008 par Yoann Nussbaumer, quand la voiture électrique relevait encore de la curiosité. Peu après, le même fondateur créait Chargemap pour cartographier des bornes alors introuvables. Dix-huit ans plus tard, l’électrique est la première motorisation des voitures particulières achetées par les entreprises au premier semestre 2026, selon AAA Data. Le nom Automobile Propre, lui, ne couvrait plus tout ce que le groupe veut désormais traiter.
Trois médias réunis sous une même marque
Sous l’étiquette Bevolt, le groupe strasbourgeois Brakson rapproche trois titres qu’il édite déjà : Automobile Propre pour l’auto, Cleanrider, né en 2015, pour le vélo, le scooter et la moto, Révolution Énergétique, créé il y a huit ans, pour l’énergie. Trois rédactions, chacune avec son expertise et sa communauté, selon l’éditeur. Pour l’instant, seul Automobile Propre a basculé. Les deux autres suivront « dans les prochaines semaines », sans date annoncée.
Pas de rachat ni de changement de propriétaire : les trois médias appartenaient déjà au même groupe. Brakson justifie le rapprochement par un lecteur qui, avec le temps, se posait les questions des trois sites à la fois.
Une convergence déjà à l’œuvre dans les flottes d’entreprise
Ce raisonnement, les gestionnaires de parc l’ont adopté sur le terrain : une flotte électrique ne se gère pas comme une flotte thermique dont on aurait changé les moteurs.
Le choix du véhicule ne règle qu’une partie du dossier. Restent les bornes au dépôt et chez les collaborateurs, la puissance disponible sur le site, le contrat d’électricité et, depuis la remontée des prix de gros, un TCO qui dépend aussi du marché de l’énergie. S’y ajoutent les vélos de fonction, les scooters partagés et les vélos cargos du dernier kilomètre, entrés dans des car policies devenues politiques de mobilité.
En regroupant ses titres, Brakson part lui aussi des usages plutôt que des véhicules : une logique que les flottes appliquent déjà, et qui gagne désormais l’information grand public.
Un nom sans frontières, un groupe ancré dans la recharge
Reste le pari de marque. Brakson le reconnaît : « Automobile Propre » était un actif solide, mais limité au français et à la voiture. Bevolt, « BE » pour l’intention et « VOLT » pour l’unité de tension, se veut prononçable partout en Europe. L’objectif affiché est de devenir d’ici 2030 la référence européenne de l’électrification renouvelable. Les modalités de ce développement (langues, pays, calendrier) n’ont pas encore été détaillées.
Le groupe a de quoi s’appuyer. Bevolt devient son pilier média, aux côtés de ses services de recharge : Chargemap, présent dans toute l’Europe, Chargemap Business pour les flottes et Mister EV pour le matériel. Le site se présente comme une publication indépendante, à l’image d’Automobile Propre avant lui.
Prochaine étape dans les semaines à venir, avec l’arrivée de Cleanrider et de Révolution Énergétique, deux audiences qui ne lisaient pas forcément Automobile Propre. C’est là que Bevolt devra montrer qu’un même média peut parler de recharge, de deux-roues et de production d’énergie au même lecteur.
