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Gestion de flotte : pourquoi les entreprises externalisent de plus en plus leur parc automobile

Stratégie et déploiement

Interview de Maxime Sartorius, dirigeant de Direct Fleet, réalisée lors du salon Les Rencontres Flotauto Lyon 2026.

Fiscalité, réglementation, électrification, nouvelles solutions énergétiques : la gestion de flotte automobile est devenue un exercice de plus en plus complexe pour les entreprises. Face à l’accumulation des contraintes, certaines choisissent d’externaliser cette fonction auprès de spécialistes. À l’occasion des Rencontres Flotauto Lyon 2026, Maxime Sartorius, dirigeant de Direct Fleet, revient sur l’évolution du métier, le rôle du « fleeter » et l’importance de conserver une relation humaine avec les conducteurs, malgré l’automatisation croissante des outils.

Pourquoi les entreprises externalisent de plus en plus leur flotte

Lorsqu’une entreprise possède quelques véhicules, leur gestion reste généralement entre les mains du dirigeant. Mais à mesure que le parc grandit, avec plusieurs dizaines, voire plusieurs centaines de voitures, la fonction devient un véritable métier.

Traditionnellement confiée à un gestionnaire de parc en interne, cette mission est de plus en plus souvent externalisée. Pour Maxime Sartorius, dirigeant de Direct Fleet, cette évolution s’est accélérée au cours de la dernière décennie, à mesure que les contraintes se sont accumulées.

« De plus en plus, les entreprises, depuis maintenant une dizaine d’années, commencent à jeter l’éponge. C’est tellement compliqué qu’elles font appel à des experts à l’extérieur qui le font », explique-t-il.

Créée il y a 16 ans, Direct Fleet accompagne les entreprises dans l’externalisation de la gestion de leur flotte automobile. Une activité qui, selon son dirigeant, a longtemps nécessité un important travail de sensibilisation.

Lors de sa première année d’activité, Maxime Sartorius se souvient avoir réalisé 200 rendez-vous sans signer le moindre client. Aujourd’hui, la complexité croissante de la gestion automobile rend cette expertise extérieure plus pertinente pour les entreprises.

Fiscalité et réglementation : une complexité qui s’accélère

Pour les gestionnaires de flotte, chaque fin d’année apporte son lot de questions : quelles évolutions anticiper, quelles règles appliquer et quelles décisions préparer pour l’année suivante ?

Au-delà de l’électrification et des nouveaux outils technologiques, Maxime Sartorius insiste sur le poids de la fiscalité et des évolutions réglementaires, qui obligent les entreprises à revoir régulièrement leurs pratiques.

« J’ai l’impression que chaque fin d’année, depuis au moins cinq ans, […] c’est à chaque fois le même enjeu de dire : qu’est-ce qu’on doit préparer maintenant pour l’année prochaine ? », observe-t-il.

Après les avantages en nature (AEN), qui ont marqué les préoccupations de 2026, le dirigeant identifie déjà de nouveaux sujets liés à l’électricité et à la fiscalité pour les années à venir.

Il cite notamment la taxe incitative, dont les modalités ont suscité de nombreuses interrogations auprès des entreprises entre la fin 2025 et le début 2026. Selon lui, Direct Fleet avait déjà développé les outils de calcul nécessaires pour ses clients alors que les explications officielles n’étaient pas encore complètement disponibles.

Dans ce contexte, le rôle d’un spécialiste de la gestion de flotte consiste aussi à interpréter les évolutions, à préparer leur mise en œuvre et à aider les entreprises à prendre des décisions malgré le manque de visibilité.

Direct Fleet : 17 000 véhicules gérés et une relation client dans la durée

Après 16 ans d’activité, Direct Fleet compte environ 40 clients et une quarantaine de collaborateurs. L’entreprise gère près de 17 000 véhicules, pour des flottes allant d’une centaine à plusieurs milliers de véhicules.

Pour Maxime Sartorius, ces chiffres ne suffisent toutefois pas à expliquer la fidélité de ses clients. Certains travaillent avec l’entreprise depuis 13 ou 14 ans, une longévité qu’il attribue avant tout à la qualité de la relation de service.

L’innovation et la capacité à générer des économies restent importantes, mais elles ne constituent pas, à elles seules, le socle de cette relation. Le dirigeant insiste sur un aspect plus concret : la disponibilité des équipes et leur capacité à répondre aux demandes des clients et des conducteurs.

« On est quand même dans un métier de service où nos clients attendent, viennent chez nous pour notre innovation, notre capacité à leur apporter des économies, mais restent chez nous pour la qualité du service. »

Cette disponibilité se traduit notamment par la capacité à prendre un appel, à répondre à une question ou à trouver une solution même lorsque la demande dépasse le périmètre initial de la prestation.

L’humain, un pilier de la gestion de flotte

L’électrification des parcs automobiles fait évoluer le rôle du gestionnaire de flotte. Là où la fonction pouvait auparavant se concentrer davantage sur les véhicules, les coûts et les cartes carburant, elle doit désormais intégrer de nouvelles dimensions : accompagnement des conducteurs, choix des motorisations, recharge et évolution des usages.

Cette transformation soulève également une question sur l’avenir du métier. Avec l’automatisation croissante et l’arrivée de nouveaux outils, la fonction de gestionnaire de parc pourrait-elle progressivement disparaître ?

Maxime Sartorius y voit plutôt une occasion de faire évoluer les compétences et d’enrichir les missions.

« Toutes ces choses-là sont des opportunités pour enrichir le rôle du gestionnaire de parc », estime-t-il.

Pour lui, l’enjeu est de préserver la dimension humaine de la fonction. Conseiller un conducteur sur le choix d’un véhicule électrique ou thermique, répondre à ses interrogations et accompagner les entreprises dans leurs décisions restent des missions essentielles.

La multiplication des outils ne doit donc pas faire disparaître la relation directe avec les utilisateurs. Au contraire, elle peut permettre aux gestionnaires de se concentrer davantage sur le conseil et l’accompagnement.

gestionnaire

Le « fleeter », un expert indépendant au service des entreprises

Maxime Sartorius défend une approche spécifique de la gestion de flotte : celle du « fleeter », un spécialiste indépendant qui accompagne les entreprises sans être lié à des fournisseurs de solutions.

Il compare volontiers son rôle à celui d’un médecin auquel une entreprise viendrait exposer ses difficultés pour obtenir un diagnostic et des recommandations adaptées.

« Ils viennent nous voir en nous disant : dites-moi docteur, j’ai mal. On est un peu le docteur de la profession en vrai », résume-t-il.

Cette indépendance doit permettre de proposer des recommandations neutres, en fonction des besoins réels du client. Face aux enjeux technologiques, énergétiques et réglementaires, l’objectif est d’identifier les solutions les plus pertinentes plutôt que de privilégier une offre particulière.

L’expertise ne se limite toutefois pas au conseil. Direct Fleet assure également la gestion quotidienne des parcs de ses clients. Cette double approche permet à l’entreprise de confronter ses recommandations aux réalités opérationnelles.

« On n’est pas uniquement conseil. Comme on gère le parc de nos clients, on a en même temps les mains dans le cambouis », explique Maxime Sartorius.

De l’expérience terrain aux économies concrètes

La gestion opérationnelle de plusieurs flottes permet de capitaliser sur des situations déjà rencontrées et de partager les enseignements d’une entreprise à l’autre.

Maxime Sartorius cite notamment la recharge des véhicules électriques à domicile. Dans certains cas, le remboursement des collaborateurs pour l’électricité consommée peut être plus intéressant financièrement que l’installation de bornes sur site.

« On vous recommande, par exemple, de passer plus par un système de recharge avec du remboursement de collaborateurs à domicile plutôt que de mettre des bornes parce que vous allez faire des économies, c’est qu’on l’a déjà expérimenté, que ça marche », explique-t-il.

Ce type de recommandation illustre l’intérêt d’une approche fondée sur l’expérience : au-delà des outils et des calculs, les décisions s’appuient sur des pratiques déjà mises en œuvre et sur leur impact concret.

Pour les entreprises qui doivent faire évoluer leur flotte, notamment avec l’électrification, cette connaissance du terrain constitue un levier pour arbitrer entre plusieurs solutions et mieux maîtriser les coûts.

Les Rencontres Flotauto Lyon, un rendez-vous pour entretenir la relation client

Présent lors de la cinquième édition des Rencontres Flotauto Lyon, Maxime Sartorius souligne également l’intérêt de ces rendez-vous professionnels.

Le dynamisme économique lyonnais et le caractère orienté business du salon en font une occasion de rencontrer de nouveaux interlocuteurs, mais aussi de retrouver des clients existants.

Pour Direct Fleet, ces rencontres dépassent la simple prospection commerciale. Elles permettent de discuter, de maintenir le contact et de consolider une relation qui se construit dans la durée.

« On aime bien aller sur les salons parce qu’on va croiser nos clients, on discute, c’est un moment de convivialité également. Et ça nous permet de les rassurer peut-être aussi et de maintenir cette relation », conclut-il.

Dans un environnement où les règles fiscales, les technologies et les solutions de mobilité évoluent rapidement, la gestion de flotte ne se résume donc pas à une question d’outils ou d’optimisation financière. L’expertise, l’indépendance et la qualité du service humain restent des éléments déterminants pour accompagner les entreprises.

FAQ

Pourquoi les entreprises externalisent-elles la gestion de leur flotte automobile ?

La gestion d’une flotte devient plus complexe à mesure que le nombre de véhicules augmente et que les contraintes fiscales, réglementaires et énergétiques se multiplient. L’externalisation permet de s’appuyer sur des spécialistes pour gérer ces sujets au quotidien et accompagner les décisions de l’entreprise.

Qu’est-ce qu’un « fleeter » ?

Le « fleeter » est un spécialiste de la gestion de flotte automobile qui accompagne les entreprises dans le pilotage de leur parc. Selon Maxime Sartorius, son indépendance lui permet de réaliser un diagnostic neutre et de recommander des solutions adaptées aux besoins de chaque entreprise.

Quel est le rôle de l’humain dans la gestion de flotte ?

Le gestionnaire de flotte accompagne les conducteurs dans leurs choix de véhicules, répond à leurs questions et aide les entreprises à s’adapter aux évolutions technologiques et énergétiques. L’automatisation peut enrichir cette fonction, mais ne remplace pas la qualité de la relation humaine.

Comment un spécialiste de la flotte peut-il aider à réduire les coûts ?

Grâce à son expérience opérationnelle, il peut comparer différentes solutions et recommander celles qui correspondent le mieux aux usages de l’entreprise. Maxime Sartorius cite notamment le remboursement de la recharge à domicile, qui peut, dans certaines situations, être plus économique que l’installation de bornes.

Quels sont les principaux enjeux de la gestion de flotte pour les prochaines années ?

Les entreprises doivent anticiper les évolutions fiscales et réglementaires, intégrer l’électrification et les nouvelles solutions énergétiques, et s’adapter à l’automatisation des outils. Elles doivent également préserver l’accompagnement des conducteurs et la qualité du service au quotidien.

Événement : Rencontres Flotauto Lyon

Événement : Les rencontres Flotauto Lyon

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