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Podcast transports 🎙️Changement de vitesse avec Vincent Salimon

Vincent Salimon BMW
Stratégie et déploiement

Électrification, fiscalité, concurrence chinoise, évolution des usages : l’industrie automobile traverse une transformation profonde. Invité du podcast Changement de vitesse, Vincent Salimon, président de BMW Group France, défend une transition qui ne doit pas perdre de vue les besoins des automobilistes.

En plus de trente ans chez BMW, Vincent Salimon a vu le marché automobile changer de dimension. Lorsqu’il rejoint le groupe en 1995, BMW commercialise environ 24 000 voitures par an en France et sa gamme repose principalement sur les Série 3, Série 5 et Série 7. Aujourd’hui, électrification, digitalisation et nouveaux usages ont profondément transformé l’activité du constructeur.

Une électrification engagée depuis plus de dix ans

Chez BMW, le virage électrique précède largement l’échéance européenne de 2035. Le groupe commence à travailler sur cette technologie dès 2007 avant de commercialiser la BMW i3 en 2013.

Cette expérience a rapidement fait apparaître un enjeu majeur : accompagner les automobilistes dans leur changement d’usage. Recharge, autonomie, planification des trajets… passer du thermique à l’électrique implique de nouvelles habitudes.

BMW a ainsi proposé un prolongateur d’autonomie sur ses premières i3, avant de développer l’hybride rechargeable. Pour Vincent Salimon, ces technologies intermédiaires permettent d’accompagner progressivement certains conducteurs vers l’électrique.

Le dirigeant défend ainsi une approche davantage centrée sur la décarbonation que sur une technologie unique : « C’est bien d’électrifier, mais ça ne répond pas aux besoins de tout le monde. Donc décarbonons. »

Cette stratégie n’empêche pas BMW d’accélérer fortement sur le 100 % électrique. À fin août 2026, celui-ci représente 41 % des ventes de la marque en France. En ajoutant 13 % d’hybrides rechargeables, plus de la moitié de ses ventes sont désormais électrifiées.

La fiscalité au cœur du marché automobile

Pour Vincent Salimon, l’un des principaux freins actuels au renouvellement du parc français réside dans l’instabilité fiscale.

Le président de BMW Group France évoque une trentaine de changements de règles ou de taxes en cinq ans. Une succession qui, selon lui, réduit la visibilité des particuliers comme des entreprises et peut les pousser à retarder le renouvellement de leurs véhicules.

Le marchĂ© automobile français reste ainsi en net retrait par rapport Ă  2019. Dans ce contexte, BMW plaide notamment pour davantage d’incitations sur certains vĂ©hicules Ă©lectriques ne bĂ©nĂ©ficiant pas de l’éco-score, en particulier pour les conducteurs ayant besoin de batteries plus importantes et d’une forte autonomie.

Cette question est particulièrement importante pour les entreprises, qui représentent environ la moitié des ventes de BMW en France. Sur ce marché, près de deux véhicules vendus sur trois sont désormais 100 % électriques.

Pour Vincent Salimon, les gestionnaires de flotte ne constituent toutefois pas nécessairement le principal frein : « Les responsables de flotte seraient passés sur l’électrique sans aucun problème. Le problème, ce sont les utilisateurs. »

BMW mise donc sur l’accompagnement. Les vendeurs sont notamment amenés à utiliser eux-mêmes des véhicules électriques et à expérimenter la recharge afin de pouvoir répondre concrètement aux interrogations des conducteurs.

Autonomie, circularité : BMW prépare une nouvelle génération

En parallèle, les progrès technologiques réduisent progressivement certains freins liés à l’électrique. BMW mise sur une nouvelle génération de véhicules capables de se rapprocher de l’expérience du thermique en matière d’autonomie et de recharge.

Mais le constructeur entend Ă©galement Ă©largir la question de la dĂ©carbonation Ă  l’ensemble du cycle de vie du vĂ©hicule. Vincent Salimon cite notamment l’utilisation croissante de matières secondaires et la rĂ©duction de l’empreinte carbone liĂ©e Ă  la production.

Une approche qui répond aussi à un enjeu industriel : limiter la dépendance européenne à certaines matières premières importées.

La concurrence chinoise comme moteur d’innovation

Face à l’arrivée de nouveaux constructeurs chinois, BMW veut miser sur la technologie plutôt que sur une logique défensive.

Vincent Salimon rappelle que l’industrie automobile européenne a déjà connu plusieurs vagues de nouveaux concurrents, avec l’arrivée des constructeurs japonais puis coréens. Selon lui, la concurrence oblige avant tout les acteurs historiques à progresser.

BMW affirme ainsi avoir investi 3,7 milliards d’euros en recherche et développement au premier semestre 2026. Électrification, digitalisation, circularité ou aides à la conduite constituent autant de leviers pour différencier ses véhicules.

Le constructeur souhaite néanmoins préserver ce qu’il considère comme son ADN. Malgré le passage du moteur thermique à l’électrique, Vincent Salimon insiste notamment sur le maintien du « plaisir de conduire » et de l’expérience propre à la marque.

Pour BMW, l’avenir de l’automobile ne se résume donc pas au remplacement d’une motorisation par une autre. Dans un marché sous pression, le défi consiste désormais à accélérer la décarbonation tout en proposant des véhicules adaptés aux usages réels des automobilistes.

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