Interview de Vincent Schachter, cofondateur de Pelikan Mobility, réalisée au Fleet & Mobility Day, à l’hippodrome de Paris-Longchamp.
L’électrification des VUL progresse, mais tous les véhicules utilitaires ne peuvent pas encore passer à l’électrique dans les mêmes conditions. Autonomie, tournées, coûts d’utilisation : les gestionnaires de flotte doivent vérifier que chaque véhicule répond aux besoins du terrain avant de le renouveler. Au Fleet & Mobility Day, Vincent Schachter, cofondateur de Pelikan Mobility, explique comment l’IA et l’analyse des données permettent d’identifier les véhicules à électrifier en priorité et de construire une trajectoire adaptée aux usages comme au budget de l’entreprise.
Sommaire
Le VUL électrique commence à décoller
Selon Vincent Schachter, la tendance de fond est claire : l’électrification du parc de VUL s’accélère. Les gestionnaires de grandes flottes, encore attentistes en 2024 et 2025, passent à l’action. Une grande partie de ces véhicules étant en leasing, la question « on électrifie ou pas ? » se pose désormais à chaque renouvellement.

Choisir les bons véhicules à électrifier grâce à l’IA
Pour rassurer les exploitants, directeurs d’agence et conducteurs, il faut prouver que chaque véhicule remplacé pourra « faire le job ». Pelikan Mobility propose pour cela une solution logicielle qui croise les données de parc et les données d’usage, puis les traite avec de l’IA pour piloter les renouvellements.
L’analyse se fait véhicule par véhicule, mais à grande échelle. Elle permet de définir une trajectoire d’électrification en tenant compte des contraintes de coût.
TCO, CEE, loyer : où se jouent les coûts
« Il y a deux courbes qui se croisent. Plus votre véhicule roule et plus c’est rentable de le faire à l’électrique. » La hausse des aides liées aux CEE a abaissé le kilométrage à partir duquel l’électrique devient plus avantageux. Trois leviers pèsent sur le coût total :
- le loyer, grâce à des financements adaptés aux VUL électriques
- l’énergie, rouler à l’électrique coûte aujourd’hui moins cher que rouler au diesel
- la maintenance.
LLD ou achat : le bon arbitrage
Pour Vincent Schachter, la LLD, choisie par la majorité des entreprises, est le meilleur compromis entre coût et service (maintenance, reprise du véhicule). Elle permet aussi de garder son capital pour le cœur de métier. À condition d’avoir les outils pour la piloter : fini « les cinq bouts d’Excel » pour arbitrer entre taxe incitative, C2E et besoins des agences. Pelikan Mobility est aussi loueur et propose, pour certains profils d’usage, des financements structurés.
Au-delà de l’électrification : une gestion de flotte plus fluide
Fiscalité, électrification, évolution des modèles : gérer une flotte est devenu un casse-tête. Selon Vincent Schachter, la prochaine étape sera une gestion beaucoup plus fluide et automatisée, d’abord pour les grandes flottes, puis pour les flottes moyennes et petites. Les véhicules autonomes, eux, « ce sera l’an prochain ».
FAQ : l’électrification des VUL
Où en est l’électrification des VUL en 2026 ?
La part de marché des VUL électriques dans les immatriculations neuves serait passée d’environ 9 % à 13 % en un an. Le mouvement s’accélère, avec environ cinq ans de décalage sur les véhicules particuliers.
Pourquoi l’électrification des VUL est-elle plus lente que celle des VP ?
Il y a moins de modèles disponibles, et un VUL doit pouvoir assurer ses tournées avec une autonomie suffisante. Il faut donc valider l’usage véhicule par véhicule.
Comment l’IA aide-t-elle à électrifier une flotte de VUL ?
Pelikan Mobility croise données de parc et données d’usage pour identifier les véhicules qui peuvent passer à l’électrique, estimer leur coût et piloter une trajectoire d’électrification.
Quels sont les leviers de TCO d’un VUL électrique ?
Le loyer (financement adapté), l’énergie (électricité moins chère que le diesel) et la maintenance. Les C2E, désormais plus élevés, font aussi baisser le kilométrage de rentabilité.
LLD ou achat pour un VUL électrique ?
La LLD est le compromis le plus choisi : elle combine coût, services et reprise du véhicule, et préserve le capital. L’achat reste pertinent pour les groupes qui souhaitent internaliser la gestion de flotte.
Pour retrouver d’autres interviews du Fleet & Mobility Day : Freshmile, Jumpivi, Polestar, EDF