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Robots de livraison autonomes : la France ouvre la voie à leur homologation

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Le ministère des Transports publie un arrêté permettant, pour la première fois en France, l’homologation de petits robots de livraison routiers autonomes. Électriques et destinés notamment à la logistique du dernier kilomètre, ces véhicules pourront désormais circuler sur la chaussée, sous certaines conditions.

La France franchit une nouvelle étape dans le déploiement des véhicules autonomes. Jusqu’à présent dépourvus de cadre réglementaire, les robots de livraison autonomes pourront désormais être homologués et mis en circulation sur la voie publique.

Le nouvel arrêté publié par le ministère des Transports permet leur classement dans la catégorie L de véhicules, qui regroupe notamment les tricycles et quadricycles à moteur. Ils pourront ainsi circuler sur la chaussée, mais pas sur les trottoirs.

Des robots autonomes pour la logistique du dernier kilomètre

De format compact et électriques, ces véhicules sont conçus pour transporter des marchandises sans présence humaine à bord. Ils doivent notamment contribuer au développement d’une logistique urbaine et du dernier kilomètre plus propre, plus silencieuse et plus efficace.

Pour circuler de manière autonome, les robots sont équipés de différents capteurs, parmi lesquels des caméras, des lidars et des radars. Ceux-ci leur permettent de percevoir leur environnement et d’identifier les obstacles.

Les données recueillies sont ensuite analysées par des logiciels embarqués, qui peuvent éventuellement intégrer de l’intelligence artificielle. Ces systèmes pilotent les différents actionneurs du robot et lui permettent de se déplacer de manière autonome sur une zone ou un parcours prédéfini.

Robots de livraison autonomes : jusqu’à 1 000 kg de charge utile

Les dimensions et capacités de ces véhicules pourront varier selon leur catégorie. Ils pourront mesurer jusqu’à 4 mètres de long, 2 mètres de large et 2,5 mètres de haut.

Leur charge utile pourra atteindre 1 000 kg et ils seront capables d’assurer des livraisons sur plusieurs dizaines de kilomètres.

Malgré leur fonctionnement autonome, leur circulation restera supervisée à distance afin de suivre leur évolution et les éventuelles difficultés rencontrées.

Comme l’ensemble des véhicules automatisés homologués, ces robots seront également soumis aux réglementations relatives à la cybersécurité et à la protection des données personnelles.

Les collectivités décideront des zones de circulation

La mise en circulation de ces robots sera également encadrée localement. Les collectivités territoriales auront la responsabilité de définir les zones ou les itinéraires sur lesquels ils seront autorisés à circuler, dans le respect du cadre d’homologation de chaque véhicule.

Selon le gouvernement, leur développement doit apporter une réponse aux défis rencontrés par la logistique en ville. Les robots autonomes doivent notamment permettre de réduire les émissions polluantes et les nuisances sonores, mais aussi d’améliorer la fluidité des livraisons et la qualité de vie en ville.

La France veut accélérer sur les véhicules autonomes

Cette décision intervient alors que les travaux visant à définir un cadre d’homologation des robots de livraison autonomes se poursuivent au niveau international, aussi bien auprès de l’ONU que de l’Union européenne.

La France a choisi de mettre en place dès maintenant un cadre national afin de ne pas retarder le déploiement de ces véhicules, alors que des constructeurs commencent déjà à se manifester.

Cette évolution est le résultat de plusieurs années de travaux réalisés dans le cadre de la stratégie nationale pour la mobilité automatisée, initiée en 2018. Elle s’appuie notamment sur les travaux du ministère des Transports, ceux menés sous coprésidence française au sein de la Commission économique des Nations unies pour l’Europe (CEE-ONU), ainsi que sur les expérimentations conduites par la filière française.

Des expérimentations avaient notamment été réalisées à Montpellier dès 2019, dans le cadre du Programme d’investissements d’avenir.

Depuis 2015, plus de 200 expérimentations liées aux véhicules autonomes ont été menées en France, toutes technologies, catégories de véhicules et architectures confondues.

Pour Philippe Tabarot, cette nouvelle réglementation doit permettre d’accélérer le déploiement des véhicules autonomes en France. Le ministre souligne également l’objectif de développer une logistique urbaine « plus propre, plus silencieuse et plus efficace », tout en maintenant un haut niveau de sécurité.

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