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Guide de la télématique pour les flottes automobiles en 2026

télématique pour les flottes automobiles
Logiciels et IA

Bien utilisée, elle peut aider à réduire le TCO, les immobilisations et les risques routiers. Mais le déploiement de la télématique doit répondre à des objectifs précis et respecter quelques règles aussi précises que précieuses.

Qu’est-ce que la télématique automobile ?

La télématique associe les télécommunications et l’informatique embarquée. Elle collecte certaines données produites par un véhicule, puis les transmet à une plateforme de gestion.

Selon les équipements et les services activés, l’entreprise peut notamment suivre :

  • le kilométrage
  • la consommation de carburant ou d’électricité
  • le niveau de batterie
  • les alertes techniques et les échéances d’entretien
  • les temps de conduite et d’arrêt
  • les trajets et, lorsque cela est justifié, la position du véhicule
  • les accélérations, freinages ou périodes de ralenti
  • les sessions de recharge.

La télématique ne se limite donc pas à la géolocalisation qui n’est qu’une fonctionnalité parmi d’autres et ne doit être activée que lorsqu’elle répond à un besoin déterminé.

Les données peuvent provenir d’un boîtier ajouté au véhicule, d’un équipement installé par le constructeur ou d’une application mobile.

À quoi sert la télématique dans une flotte ?

Suivre l’utilisation des véhicules

Les remontées kilométriques permettent d’identifier les véhicules très sollicités, sous-utilisés ou susceptibles de dépasser le kilométrage prévu par leur contrat de location. Le gestionnaire peut alors réaffecter certains véhicules, ajuster les contrats de LLD, organiser un système d’autopartage ou préparer plus précisément les renouvellements.

À noter : Pour certains utilitaires, engins ou véhicules frigorifiques, le suivi des heures de fonctionnement peut être plus pertinent que le seul kilométrage.

Réduire les consommations

La plateforme peut rapprocher les kilomètres parcourus des litres de carburant ou des kWh consommés. Elle aide à repérer les périodes prolongées au ralenti, les détours récurrents, les trajets mal organisés ou une hausse inhabituelle de la consommation.

Ces données doivent toutefois être replacées dans leur contexte. La circulation, la météo, la charge transportée et le type de mission peuvent expliquer des différences importantes entre deux véhicules identiques. De même, un conducteur qui effectue des livraisons urbaines ne peut pas être comparé directement à un commercial circulant principalement sur autoroute.

Anticiper l’entretien

Les données techniques peuvent signaler une échéance de maintenance, un voyant ou une anomalie. Transmises suffisamment tôt au réparateur, elles peuvent faciliter le diagnostic et la préparation de l’intervention.

L’ ANFA estime que le télédiagnostic peut contribuer à mieux organiser les entrées en atelier, à réduire les immobilisations et à maîtriser le TCO, notamment pour les véhicules industriels. Mais, bien entendu, la télématique ne permet pas de prévoir toutes les pannes. Elle complète les contrôles physiques, les signalements des conducteurs et les préconisations du constructeur.

Organiser les interventions

La géolocalisation peut également servir à attribuer une mission au véhicule disponible le plus proche, à suivre une intervention ou à informer un client de l’heure d’arrivée estimée.

La CNIL admet notamment l’utilisation de la géolocalisation pour mieux répartir des interventions dispersées, justifier une prestation, protéger le conducteur ou lutter contre le vol. Elle exclut en revanche la surveillance permanente des salariés. 

Accompagner l’électrification

Pour une flotte électrique, la télématique peut suivre :

  • le niveau de charge et l’autonomie estimée
  • les kilowattheures consommés
  • le lieu, la durée et le prix des recharges
  • la part des recharges rapides
  • les véhicules branchés mais ne rechargeant pas
  • l’énergie nécessaire avant le prochain départ.

Ces informations permettent de vérifier si les véhicules correspondent réellement à leurs missions, d’organiser la recharge sur site et de repérer un recours excessif aux bornes rapides publiques.

Pour obtenir une vision complète du coût énergétique, la plateforme doit rapprocher les données du véhicule de celles des bornes de l’entreprise, des remboursements à domicile et des cartes de recharge.

Quelles données collecter ?

La bonne méthode ne consiste pas à récupérer toutes les informations techniquement disponibles, mais uniquement celles qui servent le projet.

Pour suivre le TCO, quelques données peuvent suffire : kilométrage, consommation, alertes techniques et durée d’immobilisation. La position du véhicule devient utile pour organiser des interventions. Les accélérations, freinages et périodes de ralenti peuvent être ajoutés dans le cadre d’une démarche d’éco-conduite.

Chaque donnée doit conduire à une action. Une entreprise qui ne peut pas expliquer clairement l’utilité d’une information ne devrait pas la collecter.

Ce principe correspond à l’obligation de minimisation prévue par le RGPD. Dans une recommandation publiée le 30 juin 2026, la CNIL rappelle que les données de localisation des véhicules connectés sont particulièrement sensibles et doivent être utilisées de manière nécessaire, proportionnée et transparente. Cette recommandation générale ne remplace toutefois pas les règles propres à la géolocalisation des véhicules des salariés. 

Boîtier ou télématique constructeur ?

Le boîtier ajouté

Le boîtier permet d’équiper une flotte multimarque avec une solution relativement homogène. Il peut également être installé sur des véhicules anciens. Il faut évidemment vérifier sa compatibilité, la sécurité de l’équipement, la qualité de l’installation et les conséquences éventuelles sur la garantie. 

Attention : Un boîtier facilement débranchable peut produire des interruptions ou des données incomplètes.

La télématique native

De nombreux véhicules récents possèdent déjà une unité de communication. L’entreprise accède alors aux données par l’intermédiaire du portail du constructeur ou d’une interface de programmation.

Cette solution évite généralement l’installation d’un équipement supplémentaire et peut fournir des informations détaillées sur la batterie, l’entretien ou les alertes.

Dans une flotte multimarque, les différences de formats et de contrats peuvent toutefois imposer le recours à un agrégateur.

L’application mobile

Une application peut enregistrer les trajets, identifier un conducteur ou faciliter la réservation d’un véhicule partagé. Elle peut aussi collecter des informations sans rapport avec le véhicule professionnel. Son utilisation doit donc être strictement encadrée.

Comment choisir sa solution ?

Le choix ne doit pas reposer seulement sur le prix du boîtier ou sur l’apparence du tableau de bord. L’entreprise doit vérifier la liste des données disponibles, leur fréquence de mise à jour, leur précision, les véhicules compatibles et la gestion des périodes sans réseau.

Elle doit également demander comment sont calculés les scores de conduite. Un score dont la méthode reste opaque sera difficile à expliquer et à utiliser auprès des conducteurs.

La plateforme doit aussi pouvoir communiquer avec les autres outils de l’entreprise : logiciel de flotte, comptabilité, cartes carburant, opérateurs de recharge, loueurs, maintenance ou assurance. Une API documentée et des exports dans un format exploitable limitent la dépendance envers le fournisseur.

Le contrat doit préciser :

  • qui contrôle les données
  • où elles sont hébergées
  • quels sous-traitants peuvent y accéder
  • combien de temps elles sont conservées
  • comment elles seront restituées ou supprimées en fin de contrat
  • si le fournisseur peut les réutiliser pour ses propres activités.

Que change le Data Act ?

Le règlement européen sur les données, ou Data Act, s’applique depuis le 12 septembre 2025. Il renforce le droit des particuliers et des entreprises à accéder aux données produites par leurs objets connectés, donc les véhicules, et à les transmettre à un prestataire de leur choix.

La Commission européenne a également publié des orientations propres aux données automobiles qui concernent notamment les constructeurs, les équipementiers, les réparateurs, les assureurs et les autres fournisseurs de services.

Une nuance, toutefois : L’obligation de concevoir des produits connectés dont les données sont directement accessibles ne concerne que les produits mis sur le marché après le 12 septembre 2026. De plus, le Data Act ne remplace pas le RGPD. Lorsque les données permettent d’identifier directement ou indirectement un conducteur, les règles relatives aux données personnelles continuent de s’appliquer.

Télématique et RGPD : Quelles précautions doit-on prendre ?

Définir une finalité légitime

L’entreprise doit déterminer les objectifs avant le déploiement : organisation des interventions, sécurité, prévention des vols, suivi des contrats ou justification d’une prestation.

Consulter le CSE

Lorsqu’un dispositif permet de contrôler l’activité des salariés, le CSE doit être informé et consulté en amont. 

Informer les conducteurs

Chaque salarié doit connaître les objectifs du traitement, les données collectées, leurs destinataires, leur durée de conservation et les droits dont il dispose.

Ces informations peuvent figurer dans une charte, une note de service ou un avenant. Le traitement doit également être inscrit au registre des activités de traitement.

Prévoir un mode privé

Lorsqu’un véhicule peut être utilisé en dehors du temps de travail, l’employeur peut contrôler la durée ou le nombre des désactivations afin de repérer d’éventuels abus, mais il ne doit pas accéder au détail des trajets privés.

Limiter la conservation

Selon la CNIL, les données de géolocalisation des salariés ne doivent, en principe, pas être conservées plus de deux mois.

Cette durée peut atteindre un an lorsqu’elles servent à optimiser les tournées ou à prouver des interventions et que cette preuve ne peut pas être apportée autrement. Elle peut même atteindre cinq ans pour le suivi du temps de travail. 

Attention : ces durées ne doivent pas être automatiquement appliquées à toutes les données télématiques.

Comment réussir le déploiement ?

La première étape consiste à retenir deux ou trois objectifs mesurables : réduire la consommation, diminuer les kilomètres inutiles, anticiper les entretiens ou fiabiliser les kilométrages, par exemple.

L’entreprise doit ensuite établir une situation de référence à partir des consommations, des kilomètres, des immobilisations et des dépenses d’entretien.

Les conducteurs doivent être associés au projet. Et pour cause : présentée uniquement comme un outil de surveillance, la télématique risque de provoquer méfiance et contournements.

Un pilote réalisé sur un échantillon représentatif permet de vérifier la compatibilité technique, la qualité des données, la pertinence des alertes et l’acceptation de la solution.

Enfin, chaque alerte doit correspondre à une action et à un responsable. Car trop de notifications finissent par être ignorées.

Quels indicateurs suivre ?

Le tableau de bord peut retenir :

  • le kilométrage et le taux d’utilisation 
  • la consommation et le coût énergétique au kilomètre 
  • le temps passé au ralenti 
  • le taux de disponibilité 
  • la durée moyenne des immobilisations 
  • les dépassements kilométriques prévisionnels 
  • la part des recharges rapides 
  • les incidents de connexion.

Le score de conduite ne doit jamais devenir une fin en soi. Il doit servir à expliquer les écarts, à former les conducteurs et à améliorer l’organisation.

Les 5 principales erreurs à éviter

  1. Acheter une solution avant d’avoir défini les besoins

2. Croire que la simple collecte des données produit automatiquement des économies.

3. Utiliser les informations principalement pour sanctionner.

4. Multiplier les alertes inutiles.

5. Rester dépendant d’un fournisseur qui ne permet pas d’exporter les données.

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