La sinistralité, les garanties, les franchises, les modèles choisis et la rapidité de traitement des accidents influencent directement le coût des assurances. Pour les réduire durablement, une obligation : agir autant sur le contrat que sur les risques réels.
Sommaire
1. Analysez précisément la sinistralité
La première étape consiste à étudier les accidents survenus au cours des trois à cinq dernières années. Le montant total versé à l’assureur ne suffit pas : il faut comprendre la fréquence, la gravité et les circonstances des sinistres. Cette analyse constitue un levier essentiel pour réduire le coût des assurances.
Le tableau de bord peut notamment suivre :
- le nombre de sinistres responsables et non responsables ;
- leur coût moyen
- les franchises supportées
- les véhicules et conducteurs concernés
- les accidents de stationnement
- les bris de glace
- les vols
- les jours d’immobilisation
- les coûts de remplacement.
L’analyse doit porter sur le véhicule, le conducteur, l’environnement et l’organisation du travail. Elle permet de repérer les manœuvres récurrentes, les sites à risque, les modèles fréquemment endommagés ou les tournées dont le planning favorise une conduite précipitée. France Assureurs recommande d’associer cette analyse à un programme d’actions correctives et à une évaluation régulière des résultats.
Les coûts indirects doivent également être mesurés. Une assurance ne compense pas toujours l’immobilisation, le temps consacré au dossier, le retard d’une livraison ou la perte de productivité. Et ces dépenses peuvent dépasser la seule franchise et alourdir le coût des assurances sur le long terme.
2. Adaptez les garanties à la valeur et à l’usage des véhicules
La responsabilité civile est obligatoire pour tous les véhicules possédés ou loués par l’entreprise. Les garanties couvrant le vol, l’incendie, le bris de glace, les dommages au véhicule ou l’assistance sont, pour leur part, choisies selon les besoins.
Tous les véhicules ne nécessitent pas le même niveau de couverture. Une voiture récente en LLD, un utilitaire aménagé et un véhicule ancien totalement amorti ne présentent ni la même valeur ni les mêmes conséquences en cas de sinistre.
L’entreprise peut donc segmenter son parc :
- couverture tous risques pour les véhicules récents ou coûteux
- garanties intermédiaires pour les modèles plus anciens
- protection renforcée pour les véhicules transportant du matériel
- assistance sans franchise kilométrique pour les véhicules essentiels à l’activité.
Une réduction aveugle des garanties peut toutefois produire de fausses économies. La responsabilité civile indemnise les tiers, mais ne protège pas nécessairement le conducteur responsable ou seul impliqué. Une garantie du conducteur peut notamment prendre en charge certains préjudices corporels et financiers selon les conditions du contrat.
3. Revoyez le niveau des franchises
L’augmentation des franchises peut réduire la prime, mais elle transfère une plus grande partie du risque vers l’entreprise. Cette solution est pertinente lorsque la flotte dispose d’une sinistralité faible, d’une trésorerie suffisante et d’une politique de prévention efficace.
Le gestionnaire doit simuler plusieurs scénarios. Car une économie annuelle de 20 000 € sur la cotisation perd son intérêt si l’augmentation des franchises génère 30 000 € de dépenses supplémentaires. L’objectif est de trouver le meilleur équilibre entre la prime et le coût des assurances réellement supporté par l’entreprise.
Il est possible de prévoir des franchises différentes selon les risques :
- dommages responsables
- bris de glace
- vol
- événements climatiques
- conducteurs novices
- véhicules haut de gamme.
4. Mettez en place un plan de prévention routière
La meilleure manière de réduire la prime reste de diminuer le nombre et le coût des accidents. La prévention doit agir sur l’organisation des déplacements, l’état des véhicules, les communications et les compétences des salariés. Le risque routier en mission doit par ailleurs être évalué et intégré au document unique d’évaluation des risques professionnels.
Le plan d’action peut comprendre :
- une formation ciblée des conducteurs les plus exposés
- des modules sur les manœuvres et le stationnement
- l’interdiction des communications au volant
- des délais de tournée réalistes
- une vérification régulière des pneumatiques
- le choix de véhicules équipés d’aides à la conduite
- une procédure claire après chaque accident.
Bon à savoir : Les formations générales sont utiles, mais elles doivent être complétées par des actions correspondant aux sinistres réellement observés. De plus, la prévention ne doit pas être présentée comme une campagne ponctuelle. Les résultats doivent être suivis chaque trimestre, puis communiqués à l’assureur lors de la renégociation. Une démarche de prévention efficace permet également de réduire durablement le coût des assurances.
5. Utilisez la télématique avec discernement
La télématique peut aider à détecter les freinages brusques, les accélérations, les périodes de ralenti et certains usages à risque. Elle permet aussi de contextualiser un accident et de construire des actions de formation plus précises , contribuant ainsi à maîtriser le coût des assurances sur le long terme.
L’objectif ne doit pas être de sanctionner automatiquement les conducteurs à partir d’un score. Les trajets urbains, les charges et les conditions de circulation doivent être pris en compte.
La géolocalisation est par ailleurs strictement encadrée. Elle ne peut pas servir à contrôler en permanence un salarié ou à vérifier le respect des limitations de vitesse. Les conducteurs doivent être informés et pouvoir désactiver la localisation en dehors de leur temps de travail lorsque le véhicule peut être utilisé à titre privé.
Avant de transmettre des données télématiques à un assureur, l’entreprise doit vérifier les informations concernées, les finalités du traitement, leur durée de conservation et leurs conséquences éventuelles sur le contrat.
6. Prévenez les vols et sécurisez les stationnements
Le risque de vol varie selon les modèles, les régions, les lieux de stationnement et le matériel transporté. Selon le baromètre établi par Argos et France Assureurs à partir des déclarations de 55 sociétés d’assurance, 64 088 véhicules ont été déclarés volés en 2025, contre 70 459 en 2024, soit une baisse de 9%. Les utilitaires restent particulièrement exposés, notamment lorsqu’ils transportent des outils ou des marchandises.
L’entreprise peut limiter ce risque en prévoyant :
- des parkings éclairés et sécurisés
- des systèmes antivol adaptés
- des traceurs indépendants
- une gestion stricte des doubles de clés
- l’interdiction de laisser les documents dans le véhicule
- le retrait du matériel coûteux pendant la nuit
- une procédure immédiate de déclaration.
Attention : Certains assureurs peuvent exiger des dispositifs de prévention particuliers pour couvrir le vol de véhicules ou de marchandises. Une indemnisation peut être refusée ou réduite lorsque les mesures prévues au contrat n’ont pas été respectées.
En réduisant le risque de vol et en limitant les déclarations de sinistres, ces mesures contribuent également à maîtriser le coût des assurances sur le long terme.
7. Améliorez la gestion des sinistres
Un dossier incomplet ou déclaré tardivement augmente les délais et les coûts. L’entreprise doit mettre à disposition des conducteurs une procédure simple : sécurisation des lieux, constat, photographies, coordonnées des témoins et transmission immédiate au gestionnaire qui suivra ensuite chaque dossier jusqu’à sa clôture.
Pour les dommages mineurs ne concernant que le véhicule de l’entreprise, le gestionnaire peut comparer le coût de la réparation avec celui de la franchise et les conséquences d’une déclaration. Avant de décider de prendre directement la réparation en charge, il doit toutefois vérifier les obligations prévues au contrat. Cette pratique est à exclure en présence d’un tiers, d’un dommage corporel ou d’une situation susceptible d’engager la responsabilité de l’entreprise.
Une gestion rigoureuse des sinistres permet également de limiter le coût des assurances lors du renouvellement du contrat.
8. Remettez régulièrement le contrat en concurrence
La mise en concurrence ne doit pas reposer uniquement sur la prime annuelle. Les offres doivent être comparées à garanties, franchises et services identiques afin d’optimiser le coût des assurances sans dégrader le niveau de protection.
Le cahier des charges doit préciser :
- la composition de la flotte
- les kilométrages
- les usages professionnels et privés
- l’historique détaillé des sinistres
- les conducteurs autorisés
- les pays parcourus
- les marchandises transportées
- les besoins d’assistance
- les délais de traitement attendus.
Les véhicules peuvent être couverts par des contrats individuels ou par un contrat flotte. Les contrats de flotte fermée imposent la déclaration de chaque véhicule, tandis que les formules ouvertes reposent généralement sur une régularisation périodique du parc.
Le gestionnaire doit également négocier les services : réseau de réparateurs, expertise à distance, véhicule relais, assistance, reporting, accompagnement préventif et délais de remboursement.
FAQ : Comment réduire le coût des assurances ?
Quels indicateurs présenter à l’assureur ?
L’entreprise doit présenter le nombre de sinistres, leur coût, la fréquence par véhicule, la part des accidents responsables, les franchises et les mesures de prévention engagées. Une sinistralité expliquée et suivie sera plus facile à défendre qu’un simple montant annuel et permettra plus facilement de négocier le coût des assurances.
Faut-il assurer tous les véhicules tous risques ?
Non. Le niveau de garantie doit dépendre de la valeur du véhicule, de son financement, de son usage et de son importance pour l’activité. Les exigences du loueur doivent être vérifiées pour les véhicules en LLD.
Une franchise élevée est-elle toujours avantageuse ?
Non. Elle réduit parfois la prime, mais augmente le coût conservé par l’entreprise. Il faut comparer l’économie de cotisation au montant prévisionnel des franchises.
Peut-on retenir le montant de la franchise sur le salaire ?
Non, pas unilatéralement. Une erreur de conduite ou une dégradation involontaire ne permet pas à l’employeur de facturer la franchise au salarié ni de la retenir sur son salaire. La responsabilité pécuniaire du salarié ne peut être engagée qu’en présence d’une faute lourde caractérisée, notamment par une intention de nuire.
