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Comment réduire le coût des pneumatiques d’une flotte automobile ?

pneumatiques
TCO, coûts, et car policy

Pression, géométrie, choix des pneumatiques, contrats d’entretien ou télématique : plusieurs leviers permettent de réduire le budget pneumatique d’une flotte, sans compromettre la sécurité.

Pourquoi les pneus pèsent-ils autant dans le TCO ?

Les pneumatiques ne représentent pas seulement un coût d’achat. Ils influencent également :

  • la consommation de carburant ou d’électricité
  • la fréquence des immobilisations
  • les risques de crevaison et d’accident
  • les dépenses de montage, d’équilibrage et de géométrie.

La bonne méthode consiste donc à raisonner en coût par kilomètre, et non uniquement en prix d’achat. Un pneu bon marché peut finalement coûter plus cher s’il s’use rapidement ou augmente la consommation.

La pression constitue le premier levier. Selon l’ADEME, un sous-gonflage de 0,3 bar peut entraîner 1,2% de consommation supplémentaire. À 0,5 bar, cette hausse peut atteindre 2,4%. Des pneus à faible résistance au roulement peuvent, de leur côté, réduire la consommation jusqu’à 5%.

Identifiez les principaux postes de dépense

Le budget des pneumatiques comprend généralement :

  • l’achat des pneus
  • le montage et l’équilibrage
  • la géométrie
  • le stockage saisonnier
  • les réparations et interventions imprévues.

À cela s’ajoute le coût des immobilisations, souvent sous-estimé.

Trois indicateurs à suivre absolument

Premier indicateur : le coût pneumatique par kilomètre. Il se calcule de la façon suivante : coût total des pneumatiques/kilomètres parcourus = coût au kilomètre.

Attention :Ce calcul doit intégrer les pneus, les valves, le montage, les réparations, la géométrie et les éventuelles interventions mobiles.

Deux autres indicateurs s’avèrent particulièrement utiles à suivre, eux aussi : le kilométrage moyen parcouru par train de pneus et le taux de remplacement prématuré. Ils permettent de repérer rapidement une pression insuffisante, une surcharge, une conduite agressive ou un défaut de géométrie.

Choisir le pneu le plus rentable, pas forcément le moins cher

Le choix doit dépendre de l’usage réel du véhicule. Normal : un commercial qui roule principalement sur autoroute n’a pas les mêmes besoins qu’un utilitaire de livraison urbaine ou qu’un véhicule circulant en montagne.

Quatre critères sont ainsi à étudier :

  • la résistance au roulement
  • l’adhérence sur sol mouillé
  • le niveau sonore
  • la robustesse.

Attention : L’étiquette européenne fournit des indications sur l’efficacité énergétique, l’adhérence sur sol mouillé et le bruit de roulement extérieur, pas sur la robustesse ou la durée de vie réelle du pneu. Ces critères doivent toutefois être évalués à partir des usages et des retours d’expérience de la flotte. 

Bon à savoir : les véhicules électriques nécessitent une vigilance particulière. Leur masse souvent plus élevée et leur couple immédiatement disponible peuvent accélérer l’usure des pneumatiques. Ceux-ci doivent offrir une faible résistance au roulement afin de préserver l’autonomie.

Pression, permutation et géométrie des pneumatiques

Contrôlez régulièrement la pression des pneumatiques

Un contrôle mensuel est un minimum. La fréquence doit être renforcée pour les utilitaires, les véhicules très chargés ou ceux qui circulent principalement en ville.

Programmez la permutation des pneumatiques

Lorsque le montage du véhicule le permet, la permutation peut répartir plus régulièrement l’usure entre les pneus avant et arrière. Elle doit être effectuée conformément aux recommandations du constructeur, car certains véhicules utilisent des dimensions ou des montages différents selon les essieux.

Surveillez la géométrie

Un mauvais parallélisme peut dégrader rapidement un train de pneus. La géométrie doit être contrôlée après un choc, un passage brutal sur une bordure ou l’apparition d’une usure irrégulière.

Pneus hiver, quatre saisons ou chaînes ?

Les pneumatiques et équipements saisonniers représentent un coût supplémentaire, mais leur suppression sans analyse peut accroître les risques de sinistre ou de non-conformité.

Dans les zones concernées par la loi Montagne, les véhicules doivent être équipés de quatre pneus adaptés à l’hiver ou disposer de chaînes ou de chaussettes pour au moins deux roues motrices.

Bon à savoir : Depuis l’hiver 2024-2025, seuls les pneus portant le marquage 3PMSF sont reconnus comme équivalents aux dispositifs antidérapants. Les pneus uniquement marqués M+S ne suffisent plus.

Aussi, pour une flotte nationale, une stratégie mixte est souvent la plus adaptée :

  • Pneus quatre saisons 3PMSF pour les déplacements occasionnels en zone montagneuse
  • Pneus hiver pour les véhicules régulièrement exposés au froid ou à la neige
  • Chaînes ou chaussettes pour des usages exceptionnels.

Pensez aux CEE

Certaines opérations liées aux pneumatiques peuvent être valorisées dans le cadre des Certificats d’Économies d’Énergie, sous réserve de respecter les critères de chaque fiche et de constituer le dossier avec un acteur habilité. Il ne s’agit donc pas d’une aide automatique.

Pour les voitures particulières et les VUL de catégories M1 et N1, la fiche TRA-EQ-106 concerne l’acquisition et le montage de pneus de remplacement présentant au minimum une classe C en efficacité énergétique et une classe C en adhérence sur sol mouillé.

La fiche TRA-SE-104 porte sur les contrats d’entretien des stations de gonflage accessibles à ces véhicules. Elle peut notamment s’appliquer à certaines installées dans les parkings privés d’entreprises.

Pour les véhicules lourds, les fiches TRA-SE-108 et TRA-SE-110 concernent respectivement la gestion externalisée et la gestion optimisée du poste pneumatique des véhicules de marchandises N2 et N3. 

Les fiches TRA-SE-109 et TRA-SE-111 portent sur les autobus et autocars de catégories M2 et M3. Le recreusage de certains pneus de véhicules lourds relève, quant à lui, de la fiche TRA-SE-105.

Faut-il externaliser la gestion des pneus ?

Pour une petite flotte, un accord avec un spécialiste des pneumatiques peut suffire. Pour une flotte importante ou répartie sur plusieurs sites, l’externalisation facilite généralement :

  • la négociation des tarifs
  • la centralisation de la facturation
  • le suivi de l’usure
  • les interventions d’urgence
  • le reporting.

Le contrat ne doit toutefois pas se limiter au seul prix des pneus. Il faut également négocier le montage, les valves, l’équilibrage, le stockage, la géométrie, les déplacements, les réparations et les délais d’intervention.

Le prestataire doit surtout fournir des indicateurs précis : coût au kilomètre, kilométrage moyen, nombre de crevaisons, remplacements prématurés et durée des immobilisations.

Les huit actions prioritaires

1. Mesurer

Calculez le coût au kilomètre, le kilométrage moyen par train de pneus et le taux de remplacement prématuré.

2. Contrôler la pression

Mettez en place un contrôle mensuel et augmentez la fréquence pour les véhicules chargés.

3. Suivre l’usure

Relevez régulièrement la profondeur des sculptures et détectez les usures irrégulières.

4. Choisir selon l’usage

Comparez le coût kilométrique, la résistance au roulement, l’adhérence et la robustesse.

5. Gérer la saisonnalité

Définissez une politique claire entre pneus hiver, quatre saisons 3PMSF et chaînes.

6. Négocier le contrat

Incluez absolument l’ensemble des prestations et fixez des délais d’intervention.

7. Former les conducteurs

Les sensibiliser à la pression, aux bordures, à la surcharge et aux accélérations brutales peut s’avérer très utile.

8. Vérifier les aides CEE

Étudiez l’éligibilité des stations de gonflage et des prestations destinées aux poids lourds.

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