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CSRD 2026 et flottes automobiles : Les indicateurs à suivre et les pièges à éviter

CSRD
Décarbonation et reporting

La CSRD change profondément la manière dont les entreprises pilotent leur flotte automobile devenue, en 2026, un sujet stratégique à la croisée de la finance, de la conformité réglementaire et de la RSE.

Pourquoi la flotte est devenue un sujet central dans la CSRD?

Est-il besoin de le rappeler ? La CSRD repose sur le principe de double matérialité, obligeant les entreprises à analyser à la fois l’impact de leurs activités sur l’environnement et les risques que les enjeux climatiques font peser sur leur activité. Elle élargit donc considérablement le niveau d’exigence du reporting extra-financier européen. Il s’agit désormais de produire des données précises, comparables et vérifiables. Or, la mobilité professionnelle concentre plusieurs enjeux sensibles :

  • les émissions carbone
  • la consommation énergétique
  • la dépendance aux énergies fossiles
  • la sécurité routière
  • la politique sociale et mobilité des salariés.

Les émissions scope 1, 2 et 3 : Ce que les fleet managers doivent savoir

La difficulté principale de la CSRD réside dans la structuration des émissions carbone. Bien des gestionnaires de flotte maîtrisent déjà le TCO, mais sont moins familiers avec les scopes carbone. Petit rappel: 

Le scope 1 couvre les émissions directes liées aux véhicules détenus ou exploités par l’entreprise. Il s’agit essentiellement des consommations de carburant. C’est généralement la partie la plus simple à calculer puisque les données existent déjà via les cartes carburant et les factures fournisseurs.

Le scope 2 concerne l’électricité utilisée pour recharger les véhicules électriques. Et c’est précisément là que les choses se compliquent. Car le traitement des recharges électriques peut varier selon les modes d’approvisionnement et les méthodologies de comptabilisation carbone. Entre les bornes sur site, les recharges à domicile et les bornes publiques, beaucoup ne disposent pas encore d’une vision consolidée.

Le scope 3, lui, inclut notamment :

  • la fabrication des véhicules
  • les batteries
  • le transport
  • les pneumatiques
  • la maintenance
  • la fin de vie des véhicules
  • la flotte grise.

Conséquence: ce scope 3 est devenu central dans les stratégies ESG puisque reflétant l’impact global du cycle de vie des véhicules.

Le taux d’électrification devient un KPI stratégique

Jusqu’à récemment, le taux de véhicules électriques relevait surtout de la communication RSE. En 2026, il devient progressivement un KPI stratégique. Les entreprises doivent désormais suivre :

  • la part de véhicules électriques
  • la progression annuelle du parc
  • les émissions moyennes
  • le rythme de renouvellement
  • la réduction des consommations fossiles.

Ce suivi est scruté à plusieurs niveaux. D’abord par les auditeurs CSRD. Puis par les investisseurs et les banques, qui intègrent de plus en plus les critères ESG dans leurs analyses de risque. Enfin par les clients eux-mêmes, notamment dans les appels d’offres.

La collecte des données : Le vrai point faible des entreprises

Sur le terrain, le principal problème n’est pas la réglementation, mais la qualité des données. Et le sujet devient encore plus sensible avec les véhicules électriques. La recharge à domicile reste difficile à tracer dans certaines organisations. Or, sans données fiables, impossible de produire un reporting conforme.

Les plus avancées commencent donc à centraliser leurs informations dans des plateformes capables d’agréger :

  • les cartes carburant
  • les données télématiques
  • les bornes de recharge
  • les logiciels RH
  • les outils comptables
  • la gestion de flotte.

Pourquoi la télématique a pris une nouvelle dimension? 

Longtemps considérée comme un simple outil de géolocalisation et d’optimisation, la télématique est devenue aujourd’hui un véritable instrument de pilotage ESG. Elle permet notamment de suivre :

  • les consommations réelles
  • les émissions
  • les comportements de conduite
  • les temps de ralenti
  • les cycles de recharge
  • l’état des batteries.

Ainsi, ces données offrent un double avantage. D’un côté, elles améliorent le pilotage opérationnel de la flotte. De l’autre, elles permettent de produire des indicateurs beaucoup plus robustes pour la CSRD.

Les erreurs les plus fréquentes dans les projets CSRD flotte

Les deux premiers pièges consistent à sous-estimer la charge de travail nécessaire, et à se concentrer uniquement sur les émissions directes. Car (comme on l’a déjà dit) la CSRD pousse progressivement les entreprises vers une vision beaucoup plus globale intégrant l’ensemble du cycle de vie des véhicules.

Certaines organisations oublient également la flotte grise, alors qu’elle peut représenter une part importante des déplacements professionnels.

Enfin, beaucoup pilotent encore leurs indicateurs en silos : la flotte d’un côté, la RSE de l’autre, les achats par ailleurs, puis la finance. Or, la CSRD impose une logique beaucoup plus transversale.

Le rôle du fleet manager change profondément

Ces derniers temps, le métier de gestionnaire de flotte évolue très rapidement. Il devient progressivement :

  • un acteur de la décarbonation
  • un fournisseur de données ESG
  • un pilote énergétique
  • un contributeur stratégique au reporting de durabilité.

En conséquence, ses décisions influencent désormais :

  • la conformité réglementaire
  • la trajectoire carbone
  • le coût global de mobilité
  • l’image RSE de l’entreprise.

Une évolution qui pousse aujourd’hui de nombreuses entreprises à rapprocher les équipes flotte et RSE.

FAQ – CSRD et flotte automobile

Quelles entreprises sont concernées par la CSRD en 2026 ?

La directive concerne progressivement les grandes entreprises et groupes dépassant certains seuils financiers ou d’effectifs.

Les données flotte doivent-elles être auditées ?

Oui. Les données publiées doivent pouvoir être vérifiées et justifiées dans le cadre du processus d’assurance prévu par la CSRD.

Les véhicules électriques suppriment-ils totalement les émissions ?

Non. Ils réduisent fortement les émissions directes mais génèrent toujours des émissions indirectes liées à la fabrication et à l’électricité.

La flotte grise doit-elle être prise en compte ?

Oui, dans de nombreux cas, les déplacements réalisés avec des véhicules personnels relèvent du scope 3.

Peut-on automatiser le reporting CSRD flotte ?

Oui. Les outils de gestion de flotte et les plateformes télématiques permettent aujourd’hui d’automatiser une grande partie de la collecte des données.

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