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Anne-Claire Forel de Sesamlld : « 60% des immatriculations qui sont faites en entreprise sont faites en LLD. »

LLD, achat, et financement

À l’occasion du salon Drive to Zero, organisé à Paris Expo Porte de Versailles, nous avons rencontré Anne-Claire Forel, directrice générale de Sesamlld, le syndicat des professionnels de la location longue durée. Alors que l’électrification des flottes d’entreprise s’accélère sous l’effet des évolutions réglementaires et des objectifs de décarbonation, la location longue durée (LLD) apparaît comme un acteur incontournable de cette transformation.

Avec 1,2 million de véhicules gérés et près de 30 % des immatriculations nationales, les adhérents de Sesamlld occupent une place centrale dans la mobilité professionnelle. Au-delà du financement des véhicules, la filière accompagne désormais les entreprises dans la transition énergétique, tout en jouant un rôle essentiel sur le marché du véhicule d’occasion.

Sesamlld, un acteur majeur de la mobilité professionnelle

Sesamlld représente les principaux loueurs longue durée opérant en France. Ensemble, ils gèrent près de 1,2 million de véhicules et réalisent environ 30 % des immatriculations nationales.

« C’est 1,2 million de véhicules gérés en LLD et 30 % des immatriculations nationales. (…) On est un acteur clé sur tous les sujets des mobilités et de la décarbonation. »

Cette représentativité fait de la filière un acteur incontournable des politiques de mobilité et de décarbonation. Par les volumes de véhicules mis en circulation, les loueurs constituent aujourd’hui un maillon essentiel de la transition énergétique du parc automobile français.

La LLD, accélérateur de la décarbonation des entreprises

Pour Anne-Claire Forel, la location longue durée ne constitue plus seulement une solution de financement des véhicules. Elle est devenue un véritable outil de gestion de la mobilité des entreprises.

« La LLD, c’est l’outil d’accélération de la décarbonation, c’est l’outil de gestion des mobilités des entreprises. »

Aujourd’hui, environ 60 % des immatriculations réalisées par les entreprises passent par la LLD. Cette position permet aux loueurs d’accompagner directement le renouvellement des flottes vers des véhicules moins émetteurs de CO₂.

Les entreprises y voient également un moyen de simplifier la gestion de leur parc automobile.

« Les entreprises l’ont compris, c’est véritablement un moyen de mettre de côté le souci de la gestion de la mobilité. »

Maintenance, assistance, entretien ou encore renouvellement des véhicules sont pris en charge pendant toute la durée du contrat, permettant aux gestionnaires de flotte de se concentrer sur leur activité.

La location longue durée apparaît ainsi comme l’un des principaux leviers d’accélération de l’électrification des flottes professionnelles.

Un rôle clé dans le marché du véhicule d’occasion

Chaque année, les acteurs de la LLD immatriculent près de 600 000 véhicules.

« C’est 600 000 immatriculations qui sont faites à peu près chaque année par les acteurs de la LLD. »

Après une durée moyenne d’utilisation de quatre à cinq ans, une grande partie de ces véhicules rejoint le marché de l’occasion. Les loueurs alimentent ainsi régulièrement le parc automobile disponible pour les particuliers comme pour les entreprises.

Cette dynamique prend une importance particulière avec les véhicules électriques. Les premières générations de véhicules d’entreprise arrivent désormais sur le marché de l’occasion, contribuant progressivement à démocratiser leur accès.

Selon Anne-Claire Forel, les entreprises ont néanmoins tendance à conserver leurs véhicules un peu plus longtemps qu’auparavant, notamment en raison des incertitudes réglementaires qui entourent encore la transition énergétique.

La valeur résiduelle : un risque assumé par les loueurs

L’un des principaux avantages de la location longue durée réside dans la prise en charge du risque financier lié à la revente des véhicules.

« Le risque est porté par le loueur. (…) À l’issue du contrat, c’est le loueur qui se débrouille sur la revente du véhicule. »

Contrairement à un achat classique, l’entreprise utilisatrice n’a pas à se préoccuper de la valeur future du véhicule. Dès la mise en circulation, le loueur estime la valeur résiduelle et assume ensuite les éventuelles fluctuations du marché.

Cette responsabilité est devenue particulièrement sensible avec les évolutions rapides des réglementations et des politiques publiques, qui peuvent avoir un impact direct sur la valeur de revente des véhicules électriques comme thermiques.

Pour les gestionnaires de flotte, cette répartition des risques constitue un avantage majeur dans un contexte de marché encore en pleine évolution.

Le véhicule électrique d’occasion gagne en maturité

Le marché de l’occasion électrique poursuit sa progression, même si certaines difficultés subsistent.

Selon Anne-Claire Forel, un engorgement est apparu ces derniers mois, notamment en raison d’un écart de prix parfois limité entre certains véhicules neufs et d’occasion. La situation tend toutefois à s’améliorer progressivement.

L’un des principaux enjeux reste la confiance des acheteurs.

« Aujourd’hui, on a justement des diagnostics (…) sur le fameux SOH, l’état de santé de la batterie, qui permet à l’utilisateur d’être rassuré. »

Ces contrôles permettent d’évaluer les performances réelles de la batterie et de rassurer les futurs acquéreurs sur l’autonomie restante et la durée de vie du véhicule.

Comme le souligne Anne-Claire Forel, les progrès réalisés sur les batteries permettent désormais aux acheteurs de repartir avec un véhicule électrique d’occasion offrant une autonomie encore largement suffisante pour un usage quotidien.

La filière attend davantage de stabilité réglementaire

Si les annonces récentes en faveur de l’électrification vont globalement dans le bon sens selon Sesamlld, la profession appelle avant tout à davantage de visibilité.

« Ce qu’on attend, c’est surtout de la lisibilité et de la prévisibilité sur les réglementations. »

Les loueurs accompagnent quotidiennement les entreprises dans le verdissement de leurs flottes, mais leurs investissements s’inscrivent sur plusieurs années. Une meilleure lisibilité des réglementations nationales et européennes permettrait d’anticiper plus efficacement les renouvellements de véhicules et les stratégies de transition.

La filière affirme ainsi vouloir continuer à jouer pleinement son rôle de partenaire des gestionnaires de flotte dans les prochaines étapes de la décarbonation.

Une transition portée par les professionnels de la LLD

À travers cette interview réalisée lors du salon Drive to Zero, Anne-Claire Forel rappelle le rôle stratégique joué par la location longue durée dans la transformation des mobilités professionnelles.

Par les volumes de véhicules qu’ils mettent en circulation, leur capacité à absorber le risque lié à la valeur résiduelle et leur contribution au développement du marché du véhicule électrique d’occasion, les loueurs apparaissent comme des acteurs clés de la transition énergétique.

Comme le résume Anne-Claire Forel :

« Les loueurs seront là pour accompagner les gestionnaires de flotte au mieux avec toutes les réformes qui arrivent au niveau national, mais également au niveau européen. »

Dans un environnement réglementaire encore évolutif, la réussite de cette transformation reposera autant sur l’accompagnement des entreprises que sur la stabilité des règles qui encadrent le verdissement des flottes.

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