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EMVO 2026 : Aiffin veut redonner accès au financement aux entreprises exclues des circuits traditionnels

LLD, achat, et financement

Lors des EMVO (États-Majors du Véhicule d’Occasion) organisés à l’hippodrome de Paris-Longchamp par Le Journal de l’Automobile et Synergie Média, nous avons rencontré Khalil Aram, cofondateur d’Aiffin. Cette fintech spécialisée dans le financement automobile B2B développe une approche alternative destinée aux professionnels qui peinent à obtenir des financements auprès des acteurs traditionnels. Entre analyse bancaire en temps réel, intelligence artificielle et gestion du risque, Aiffin entend répondre à un besoin croissant sur le marché.

Aiffin, un financeur spécialisé dans les profils atypiques

Le positionnement d’Aiffin repose sur un constat simple : certains professionnels rencontrent des difficultés d’accès au financement alors même que leur activité reste viable.

Initialement très présent auprès des chauffeurs VTC, des transporteurs de personnes et des acteurs de la livraison du dernier kilomètre, Aiffin constate aujourd’hui que cette problématique touche un nombre croissant d’entreprises, y compris des structures établies depuis de nombreuses années.

Comme l’explique Khalil Aram :

« Nous sommes capables de financer ce que la plupart des banques ou des organismes de financement ne souhaitent plus accompagner. »

Quand les banques ferment la porte

Contrairement aux idées reçues, les difficultés d’accès au financement ne concernent pas uniquement les jeunes entreprises ou les profils considérés comme risqués.

Certaines sociétés disposant de quinze ou vingt ans d’ancienneté peuvent également se retrouver confrontées à un refus de financement. Plusieurs facteurs peuvent expliquer cette situation : dépassement d’un encours maximal autorisé, tensions temporaires de trésorerie ou encore dégradation de la notation financière de l’entreprise.

Dans certains cas, une entreprise peut même décrocher de nouveaux contrats tout en étant dans l’incapacité de financer les véhicules nécessaires à son développement.

Une analyse basée sur l’activité réelle de l’entreprise

La principale différence entre Aiffin et les organismes de financement traditionnels réside dans la méthode d’analyse.

Là où les banques s’appuient principalement sur les bilans comptables, l’ancienneté ou les résultats financiers passés, Aiffin privilégie une lecture de l’activité actuelle de l’entreprise.

Pour cela, la société analyse les six derniers relevés bancaires ou utilise des solutions d’open banking afin d’obtenir une vision détaillée des flux financiers.

Selon Khalil Aram :

« Nous allons nous baser sur l’activité réelle de l’entreprise. »

Cette approche permet notamment d’identifier des entreprises dont les comptes historiques peuvent apparaître fragiles mais dont l’activité récente démontre une réelle capacité de remboursement.

Une réponse de financement en moins de cinq minutes

L’un des arguments mis en avant par Aiffin concerne la rapidité de traitement des demandes.

Grâce à l’automatisation de l’analyse bancaire et à ses outils internes, l’entreprise affirme être capable de fournir une réponse de principe en quelques minutes seulement.

« À partir de là, on sera capable de donner une réponse en moins de cinq minutes avec une analyse complète du profil de l’entreprise. »

Pour les professionnels ayant besoin d’un véhicule rapidement afin de poursuivre ou développer leur activité, ce délai constitue un avantage significatif.

Financer le risque, un modèle assumé

Cette capacité à financer des profils plus complexes implique toutefois un modèle économique différent de celui des banques traditionnelles.

Aiffin revendique clairement son positionnement de « financeur du risque ». Les fonds mobilisés proviennent notamment d’investisseurs qui acceptent une prise de risque plus importante en échange d’un rendement supérieur.

Cette structure de financement entraîne mécaniquement un impact sur le coût total de détention des véhicules.

Comme le reconnaît Khalil Aram :

« Nous sommes quelque part des financeurs du risque. »

L’objectif n’est donc pas de concurrencer directement les banques sur les tarifs, mais d’offrir une solution à des entreprises qui n’ont parfois aucune autre possibilité d’accès au financement.

Donner une seconde chance aux entreprises

Au-delà du simple financement d’un véhicule, Aiffin se positionne également comme un accélérateur de réhabilitation financière.

L’idée consiste à permettre à une entreprise de démontrer sa capacité à honorer ses engagements financiers sur plusieurs années. Cette expérience positive peut ensuite faciliter un retour vers les circuits bancaires traditionnels.

« Grâce à nous, ils pourront avoir le véhicule pour exercer leur activité et prouver aux organismes bancaires qu’ils ont été capables de payer un véhicule. »

Le financement devient ainsi un levier de développement mais aussi de reconstruction de la crédibilité financière de l’entreprise.

Une maîtrise du risque renforcée par la technologie

Pour accompagner des profils plus exposés tout en sécurisant son activité, Aiffin a développé plusieurs mécanismes de contrôle.

L’entreprise s’appuie notamment sur sa propre intelligence artificielle afin d’analyser les données bancaires, le comportement financier de l’entreprise, ses fournisseurs ou encore ses clients. Cette analyse aboutit à un score interne qui participe à la décision de financement.

Par ailleurs, un premier loyer majoré est généralement demandé afin de renforcer les garanties financières.

Enfin, les véhicules financés sont équipés de systèmes de géolocalisation et de dispositifs permettant leur récupération en cas de disparition ou de défaut de paiement.

Un marché en forte demande

Au cours de l’entretien, Khalil Aram évoque également certaines opportunités de marché rencontrées récemment.

Face à une forte demande dans le secteur du transport de personnes haut de gamme, Aiffin a notamment constitué un stock de véhicules Mercedes Classe V d’occasion afin de répondre rapidement aux besoins de ses clients.

Cette initiative illustre l’ambition de l’entreprise : ne pas seulement financer les véhicules, mais également contribuer à fluidifier l’accès à la mobilité professionnelle.

Un nouvel acteur dans le financement de la mobilité professionnelle

Dans un contexte où les critères bancaires se durcissent et où les besoins de mobilité restent essentiels à l’activité économique, des acteurs comme Aiffin cherchent à occuper un espace laissé vacant par les circuits de financement traditionnels.

En misant sur l’analyse de l’activité réelle plutôt que sur les seuls indicateurs comptables historiques, la fintech propose une approche différente du financement professionnel. Une stratégie qui répond à une demande croissante de la part d’entrepreneurs, de transporteurs et de professionnels pour lesquels l’accès à un véhicule conditionne directement la poursuite de leur activité.

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