À l’occasion des Rencontres Flotauto au Bourget, Yann Azran a rencontré François Ioos, directeur des solutions de mobilité France pour TotalEnergies, et Olivier Baert, CEO de Rout’in, la joint-venture née de l’alliance entre TotalEnergies et RATP Smart Systems. Au programme : multimodalité, crédit-mobilité et réinvention de la voiture de fonction.
Sommaire
Un angle mort longtemps ignoré : la mobilité domicile-travail
TotalEnergies accompagnait déjà ses clients entreprises sur leurs déplacements professionnels. Mais un sujet revenait sans cesse dans les échanges avec les gestionnaires de flotte.
« Beaucoup de nos clients nous disaient : « Mais est-ce que vous avez des solutions pour pouvoir adresser la question de la mobilité entre le domicile et le lieu de travail pour les collaborateurs ? » »
Ce signal répété a conduit TotalEnergies à élargir son périmètre. La mobilité domicile-travail, longtemps restée hors du scope des outils fleet, devient un enjeu stratégique à la fois pour les DRH, les gestionnaires de parc et les directions RSE.
La naissance de Rout’in : TotalEnergies + RATP, pourquoi cet attelage ?
La réponse ne s’est pas construite seule, ni en silo. TotalEnergies a choisi de co-construire la solution avec RATP Smart Systems, filiale digitale du groupe RATP.
« On est fiers de la construire avec une filiale de la RATP. TotalEnergies est pleinement légitime sur le sujet de la mobilité professionnelle, et RATP Smart Systems dispose d’une vraie expertise digitale pour construire des solutions au plus proche des besoins des usagers. »
La joint-venture a été formalisée l’année dernière. Son nom : Rout’in, c’est loin d’être anodin. Il renvoie directement à ce que la solution cherche à faciliter : la routine de déplacement des collaborateurs, au quotidien. Le produit a été commercialisé pour la première fois il y a quelques semaines seulement.
La carte Rout’in : un budget, tous les usages
Concrètement, Rout’in se matérialise sous la forme d’un triptyque : un budget, une carte, une application. L’entreprise définit une politique de mobilité, alloue un budget, et le collaborateur dispose d’une carte pour l’utiliser librement, dans un univers de dépenses autorisées.
« L’entreprise décide de verser un crédit-mobilité à un collaborateur. Ce crédit va être porté par une carte, la carte Rout’in. Et cette carte va permettre au collaborateur de louer une trottinette, de payer son abonnement de transport en commun, de louer un vélo. »
Ce que la solution couvre est volontairement large. La voiture n’est pas oubliée, et pour cause : elle représente encore 80 % des kilomètres parcourus en France. Mais elle coexiste désormais avec l’ensemble des autres modes, dans un outil unifié et piloté digitalement par l’entreprise.
Le crédit-mobilité, alternative totale ou partielle au véhicule de fonction
C’est sur ce point que Rout’in innove le plus clairement dans le paysage fleet. Le crédit-mobilité est un dispositif réglementaire, assorti d’exonérations de charges, qui permet de repenser, en tout ou partie, le modèle de la voiture de fonction.
Olivier Baert distingue deux cas d’usage bien distincts.
L’alternative totale : le collaborateur renonce intégralement à son véhicule de fonction, en échange d’un budget mobilité utilisable pour ses déplacements professionnels et personnels.
« Il y a des jeunes ingénieurs qui ont droit à un véhicule de fonction, mais qui n’ont pas passé le permis. Ou qui ont une vie très urbaine et se posent la question de l’utilité de ce véhicule. »
L’alternative partielle : le collaborateur conserve un véhicule, mais choisit de descendre en gamme. Le différentiel de TCO entre les deux niveaux de gamme est alors converti en budget mobilité.
« On s’est aperçu qu’il y avait des collaborateurs qui souhaitaient peut-être avoir des véhicules de fonction un petit peu moins imposants, et pouvoir disposer du différentiel de coûts par l’intermédiaire d’une carte. »
Le partenariat avec Microlino : descendre en gamme sans se priver
Pour rendre cette alternative partielle encore plus concrète, Rout’in a signé un partenariat exclusif avec Microlino, la microvoiture électrique suisse désormais disponible en France.
L’idée : proposer à un conducteur urbain un véhicule compact et électrique pour ses trajets quotidiens, tout en lui donnant les moyens, via son budget mobilité, de louer un véhicule plus grand pour ses usages exceptionnels.
« Je peux descendre de gamme et proposer au collaborateur d’avoir un budget qui va lui permettre de louer une voiture pour emmener ses enfants faire un trajet de 1 000 km. »
Un exemple concret qui illustre bien la philosophie de la solution : pas de sacrifice, pas d’obligation, mais une flexibilité réelle qui lève les derniers freins à la transition vers des véhicules plus sobres.
Une solution pensée pour tous les territoires
Rout’in ne cible pas uniquement les grandes métropoles. La voiture reste, dans de nombreux territoires, la seule option viable. La solution intègre cette réalité sans la nier.
« Aujourd’hui, la voiture, c’est encore 80% des kilomètres parcourus en France. C’est encore pour beaucoup de Français la seule solution de mobilité qui existe. Donc, bien évidemment, on a intégré cette problématique dans notre accompagnement. »
L’enjeu est de proposer à chaque collaborateur, qu’il soit dans Paris intra-muros ou dans une zone peu desservie, la combinaison de modes de transport la plus adaptée à sa situation. C’est ce que François Ioos résume ainsi :
« L’idée, c’est que l’entreprise puisse donner aux collaborateurs des moyens pour accompagner ce collaborateur dans la gestion très diverse de sa mobilité du quotidien. »
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