Les micro-hubs urbains permettent d’approcher les marchandises en VUL ou camion, puis d’assurer les derniers kilomètres à vélo. Une solution séduisante, mais à quelques conditions.
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Un objectif : Rapprocher toujours plus les marchandises des clients
On le sait, les grandes plateformes logistiques sont généralement implantées en périphérie. Or, c’est une évidence : plus un vélo cargo doit parcourir de kilomètres avant sa première livraison, moins il consacre de temps à sa mission principale.
Le micro-hub répond à ce problème. L’ADEME le décrit comme un très petit entrepôt implanté en cœur de ville, parfois sur une simple place de stationnement. Il permet de transférer les marchandises d’un poids lourd ou d’un VUL vers des vélos cargos. Ce peut être
- un local
- un parking
- un garage reconverti
- une installation légère.
Une nécessité : Des livraisons quelques kilomètres autour du hub
La localisation est évidemment essentielle. Selon les retours compilés par ColisActiv’, la cyclologistique travaille généralement dans un rayon de deux à une dizaine de kilomètres autour de son espace logistique. Pour la livraison de colis, une zone de trois à six kilomètres est courante ; elle descend autour de deux kilomètres pour les palettes.
Installer un hub là où le loyer est simplement le moins cher peut donc s’avérer contre-productif. Car il doit nécessairement rester proche des clients, tout en étant accessible aux véhicules d’approche. Et, idéalement, à un réseau cyclable structurant.
Foncier et rupture de charge pour principaux obstacles
C’est précisément là, dans le foncier, que l’équation commencent à singulièrement se compliquer. Les emplacements les mieux situés sont rares et souvent chers, repoussant progressivement les fonctions logistiques vers la périphérie. D’où l’intérêt de mobiliser des espaces atypiques : parkings, garages, locaux vacants…
Le deuxième obstacle est lui aussi économique. Passer par un hub ajoute des opérations : déchargement, tri, répartition et rechargement. S’y ajoutent le loyer, les charges et les équipements. Selon les opérateurs interrogés par ColisActiv’, leur espace de logistique urbaine représenterait 8 à 12% du coût de la livraison du dernier kilomètre à vélo cargo.
Ce coût doit donc être impérativement compensé par les gains obtenus sur les tournées :
- davantage de points livrés
- moins de kilomètres
- moins de temps perdu dans la circulation ou le stationnement.
Ainsi, l’expérimentation InViCy menée à Bordeaux par KEDGE Business School et La Poste a mesuré une amélioration de 15% du temps moyen par colis livré et une réduction de plus de 42% de la distance parcourue par rapport à une livraison en VUL thermique. Moralité : le micro-hub n’est économiquement pertinent que si ces gains compensent le coût supplémentaire de la rupture de charge.
De l’intérêt de mutualiser pour réduire les coûts
Une solution consiste à partager l’espace entre plusieurs opérateurs. Le loyer, les équipements et certaines fonctions logistiques sont alors répartis sur davantage de flux. Une option à considérer très sérieusement, donc. D’ailleurs, des expérimentations de mutualisation de la logistique du premier et du dernier kilomètre à partir de micro-hubs sont actuellement soutenues par L’ADEME.
La multi-modalité est encouragée
Le micro-hub montre également pourquoi opposer VUL et vélo cargo n’a pas forcément de sens, encore moins de logique. Car l’objectif n’est pas nécessairement de supprimer les véhicules motorisés, plutôt de les utiliser là où ils sont les plus efficaces. Avant de confier la desserte dense à des véhicules plus adaptés.
Un gros enjeu pour les collectivités
Le développement des micro-hubs dépend enfin largement des politiques locales. A ce sujet, le Cerema souligne la nécessité d’intégrer davantage le foncier logistique dans les documents de planification et les projets d’aménagement, alors que les espaces adaptés deviennent de plus en plus difficiles à trouver.
Une collectivité peut ainsi faciliter la mise à disposition d’un local vacant, préserver un emplacement stratégique ou intégrer des espaces logistiques dans de nouveaux projets urbains.
Le chaînon qui rend la cyclologistique possible
Le micro-hub n’est finalement pas un simple petit entrepôt. Il peut conditionner toute la performance de la cyclologistique. Trop loin, il impose des kilomètres inutiles aux vélos. Trop cher, il dégrade l’équation économique. Mais bien placé et suffisamment utilisé, il permet d’affecter chaque véhicule à la mission où il est le plus performant.
Avant de déployer une flotte de vélos cargos, une entreprise doit donc parfois commencer par répondre à une question beaucoup plus terre à terre : d’où partiront-ils ?
