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Portrait : Philippe Manceau, Mobility Manager de la Métropole Européenne de Lille (MEL)

Philippe Manceau
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Philippe Manceau figure reconnue de la gestion des flottes publiques, ce grand professionnel s’est imposé comme l’un des acteurs de référence sur les questions d’éco-conduite, de télématique et d’électrification.

Un gestionnaire de flotte devenu Mobility manager

À la Métropole Européenne de Lille, Philippe Manceau supervise un parc composé d’environ 700 véhicules répartis sur de nombreux sites et utilisés par plusieurs milliers d’agents métropolitains. Son approche dépasse depuis longtemps la simple gestion administrative du parc automobile. Selon lui, comme il l’explique régulièrement, la mobilité doit être pensée à partir des usages réels, non des habitudes historiques

Cette philosophie l’a conduit à devenir l’un des premiers responsables de flotte du secteur public à s’intéresser à la télématique comme outil d’aide à la décision. Dès la fin des années 2010, la MEL engage un important travail d’analyse des déplacements afin de mieux comprendre les usages et d’adapter les véhicules aux besoins des agents. 

Pour lui, la donnée n’a d’intérêt que si elle permet d‘agir concrètement. Une approche qui lui permet d’identifier les véhicules sous-utilisés, de repérer les déplacements pouvant être effectués autrement et de préparer la transition vers des motorisations moins émettrices. 

Un défenseur historique de l’électromobilité

Bien avant que l’électrification des flottes ne devienne un sujet incontournable, Philippe Manceau s’intéresse déjà aux véhicules électriques. De fait, la MEL a commencé à expérimenter l’électromobilité dès les années 1990, à une époque où l’offre constructeur était encore embryonnaire.  Cette expérience précoce lui a permis de développer une vision particulièrement pragmatique de la transition énergétique.

Pour autant, Philippe Manceau ne considère pas que le véhicule électrique constitue une réponse universelle : « La mobilité électrique ne répond pas forcément à l’ensemble des besoins. », affirme-t-il. Tout l’enjeu consiste d’abord à affecter le bon véhicule au bon usage. Et justement, une partie importante des agents de la MEL effectue moins de 30 kilomètres par jour, ce qui rend l’électrique particulièrement pertinent. 

L’éco-conduite comme levier de transformation

S’il est un sujet qui revient constamment dans les prises de parole de Philippe Manceau, c’est bien l’éco-conduite. Devenu formateur, il intervient régulièrement sur les questions d’éco-conduite, et défend une vision large de cette pratique. Non, l’éco-conduite ne se résume pas à une simple réduction de la consommation de carburant, mais constitue également un outil de prévention et d’accompagnement du changement

Et les bénéfices dépassent largement les économies réalisées à la pompe. « Si le collaborateur conduit de façon apaisée (…) il fera baisser son risque routier. », affirme-t-il. Une conviction d’autant plus forte que le développement massif des véhicules électriques modifie profondément les comportements de conduite.

Un objectif central : Faire évoluer les mentalités

L’une des particularités du parcours de Philippe Manceau réside dans sa capacité à accompagner le changement. À ses yeux, les principaux freins à l’électrification ne sont pas toujours techniques. Ils relèvent souvent de la perception qu’ont les utilisateurs de leurs besoins réels. « Il existe des points bloquants à l’adoption du véhicule électrique. Le premier d’entre eux, c’est cette fausse perception récurrente des distances parcourues quotidiennement. » 

Pour dépasser ces résistances, il s’appuie sur les chiffres et les retours d’expérience. Les données issues de la télématique permettent notamment de démontrer que de nombreux trajets sont parfaitement compatibles avec les capacités actuelles des véhicules électriques. 

De la nécessaire exemplarité des collectivités

Selon Philippe Manceau, les administrations publiques ne peuvent pas se contenter d’accompagner les évolutions réglementaires. Elles doivent également montrer la voie. Une conviction qui prend une résonance particulière dans une métropole confrontée aux enjeux de qualité de l’air, de congestion urbaine et de développement des ZFE

Sous son impulsion, la MEL a progressivement renforcé ses infrastructures de recharge et a accéléré le renouvellement de sa flotte vers des véhicules moins émetteurs. Mais là encore, le Mobility manager refuse les approches purement technologiques.

La transversalité avant tout

Pour réussir une transformation de flotte, Philippe Manceau estime indispensable d’impliquer l’ensemble des parties prenantes. Selon lui, les directions générales, les services techniques, les acheteurs, les utilisateurs et les gestionnaires doivent avancer ensemble. Une approche collaborative qui explique en grande partie les résultats obtenus par la MEL dans le domaine de la mobilité durable. 

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