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Flottes d’entreprise – Gérer et suivre les recharges des collaborateurs

Bornes et smart charging

Lors des Rencontres Flotauto 2026 à Paris, organisées au Bourget, nous avons rencontré Azad Coradin, représentant de ChargeMap Business. L’occasion d’aborder un enjeu devenu central pour les entreprises : la recharge des flottes électriques, entre complexité opérationnelle et nécessité de maîtriser les coûts.

Une gestion de la recharge des flottes électriques devenue multi-dimensionnelle

Avec l’essor des véhicules électriques en entreprise, la recharge ne se limite plus à un seul point d’approvisionnement. Elle se répartit désormais entre plusieurs environnements : bornes publiques, site de l’entreprise et domicile des collaborateurs.

Comme l’explique Azad Coradin, « ChargeMap Business, c’est un écosystème qui va permettre de gérer l’ensemble des recharges d’une flotte ». Cette approche globale répond à une réalité terrain : les usages se diversifient et les gestionnaires doivent composer avec plusieurs sources de consommation.

Cette multiplicité rend la gestion plus complexe, mais elle ouvre aussi la voie à une meilleure optimisation des usages si les données sont correctement exploitées.

Centraliser les données pour mieux piloter la recharge des flottes électriques

L’un des principaux enjeux pour les gestionnaires de flotte est de disposer d’une vision consolidée des consommations. Aujourd’hui, chaque type de recharge peut être isolé : itinérance, recharge sur site ou à domicile.

L’objectif est de pouvoir suivre précisément les kilowattheures consommés et les coûts associés pour chaque collaborateur. Cette granularité permet d’identifier les comportements de recharge et d’améliorer la gestion budgétaire.

La centralisation des données devient ainsi un levier clé pour piloter efficacement une flotte électrique et anticiper les dérives éventuelles.

Recharge à domicile : un nouveau défi pour les entreprises

La recharge à domicile représente un cas particulier. Contrairement aux bornes publiques ou aux infrastructures d’entreprise, elle dépend du contrat d’électricité personnel du collaborateur.

Pour répondre à cette problématique, certaines solutions permettent d’intégrer le prix réel du kilowattheure dans les outils de gestion. Comme le souligne Azad Coradin, « on peut s’adapter à un tarif fixe […] mais aussi aux heures pleines et heures creuses, pour rembourser au plus juste ».

Cependant, une difficulté subsiste : distinguer clairement les usages professionnels et personnels. À ce jour, il reste complexe d’identifier précisément quelle recharge correspond à un usage métier, notamment en l’absence d’interconnexion avancée entre véhicule et borne.

Entre automatisation et contrôle des usages

Si les outils permettent d’automatiser une grande partie du suivi, une dimension humaine reste essentielle. Les entreprises doivent encore s’appuyer sur une forme d’« éducation » des collaborateurs pour encadrer les usages.

Certaines pratiques, comme la recharge le week-end pour un usage personnel, peuvent nécessiter un contrôle a posteriori. Les gestionnaires disposent néanmoins d’une visibilité complète sur l’historique des recharges, leur permettant d’ajuster les remboursements si nécessaire.

Cette situation illustre un équilibre à trouver entre simplicité d’usage pour les collaborateurs et rigueur dans la gestion des dépenses.

Vers une maîtrise plus fine des coûts de recharge

Après une première phase d’adoption des véhicules électriques, les entreprises entrent désormais dans une logique d’optimisation. L’objectif n’est plus seulement de faciliter la recharge, mais de mieux encadrer les coûts.

De nouvelles fonctionnalités émergent, comme la mise en place de charging policies. Celles-ci permettent de définir des règles précises : plages horaires autorisées, réseaux accessibles ou encore limites budgétaires.

Comme l’explique Azad Coradin, les gestionnaires de flotte cherchent désormais à éviter les dérives : « on voit que ça peut donner lieu à des dérives […] maintenant, on veut maîtriser les budgets ».

Cette évolution marque un tournant : la recharge devient un poste de dépense stratégique, au même titre que le carburant auparavant.

Une adoption accélérée des flottes électriques

Enfin, les chiffres confirment l’accélération du marché. Chargemap Business est passé de 3 500 à plus de 4 100 entreprises clientes en un an, soit une croissance de plus de 20 %.

Dans le même temps, 6 millions de recharges ont été réalisées via le pass Chargemap en 2025. Ces données illustrent l’ampleur de la transformation en cours.

Cette dynamique s’explique notamment par les évolutions réglementaires et par une meilleure acceptation du véhicule électrique, les freins liés à l’autonomie ou à la recharge s’estompant progressivement.

Une nouvelle étape pour les gestionnaires de flotte

L’électrification des flottes entre dans une phase de maturité. Après l’intégration des véhicules, les entreprises doivent désormais maîtriser un écosystème énergétique complexe.

Centralisation des données, gestion des usages, contrôle des coûts : autant de nouveaux défis qui redéfinissent le rôle du gestionnaire de flotte.

Dans ce contexte, les solutions capables d’orchestrer l’ensemble des recharges apparaissent comme des outils indispensables pour accompagner la transition vers une mobilité plus durable et maîtrisée.

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