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Excès de vitesse de plus de 50 km/h : Quelles responsabilités pour les flottes d’entreprise en 2026 ?

excès de vitesse
Amendes et infractions

Pour un gestionnaire de flotte, toutes les infractions routières n’ont pas les mêmes conséquences. Ainsi, un excès de vitesse supérieur à 50 km/h constitue l’une des infractions routières les plus sévèrement sanctionnées. S’il relève généralement d’une contravention de 5e classe lors de la première infraction, il devient un délit pénal en cas de récidive. L’employeur peut-il être tenu responsable ? On fait le point.

Excès de vitesse de plus de 50 km/h : Qualification pénale et peines

Contrairement à la plupart des excès de vitesse, qui relèvent du régime des contraventions, le dépassement de plus de 50 km/h de la vitesse maximale autorisée constitue une infraction très sévèrement sanctionnée. Lorsqu’il est constaté pour la première fois, il expose le conducteur à une amende pouvant atteindre 1 500 €, un retrait de six points et plusieurs peines complémentaires. Parmi ces sanctions figurent notamment :

  • la suspension du permis de conduire
  • l’interdiction de conduire certains véhicules
  • l’obligation de suivre un stage de sensibilisation à la sécurité routière
  • la confiscation éventuelle du véhicule dans certaines circonstances.

En cas de récidive dans les trois ans, la situation se durcit considérablement puisque l’infraction peut être qualifiée de délit pénal. Les sanctions deviennent alors beaucoup plus lourdes, et peuvent inclure des peines d’emprisonnement ainsi que des amendes majorées.

Pour les entreprises, cette distinction entre contravention et délit est essentielle car elle modifie fortement les enjeux juridiques et opérationnels liés à l’utilisation des véhicules professionnels.

Pourquoi les flottes sont particulièrement concernées

Les déplacements professionnels représentent un nombre faramineux de kilomètres parcourus chaque année. Les commerciaux, techniciens, conducteurs de véhicules utilitaires ou collaborateurs effectuant de longs trajets autoroutiers sont naturellement davantage exposés au risque routier. Or les statistiques de sécurité routière montrent que la vitesse excessive demeure l’une des principales causes d’accidents graves et mortels.

Pour l’entreprise, un excès supérieur à 50 km/h ne constitue donc pas seulement un problème disciplinaire. Il peut également révéler :

  • une pression excessive sur les délais d’intervention
  • une politique de mobilité insuffisamment encadrée
  • un manque de sensibilisation des conducteurs
  • une absence de contrôle des comportements routiers.

Responsabilités de l’employeur

L’une des questions les plus fréquentes concerne la responsabilité de l’entreprise lorsque l’infraction est commise avec un véhicule de service ou un véhicule de fonction. Sur le plan pénal, le principe reste clair : c’est le conducteur qui répond personnellement de son comportement au volant. L’employeur n’est donc pas automatiquement responsable du dépassement de vitesse commis par un salarié.

En revanche, l’entreprise peut voir sa responsabilité engagée dans certaines circonstances particulières, notamment lorsqu’un défaut manifeste d’organisation ou de prévention est démontré

En clair, si une enquête met en évidence des pratiques internes encourageant indirectement les comportements dangereux (délais irréalistes, objectifs incompatibles avec le respect du Code de la route ou absence totale de politique sécurité) la situation peut devenir plus complexe.

Bon à savoir : Au-delà de l’aspect juridique, l’employeur reste tenu à une obligation générale de prévention des risques professionnels, dont le risque routier fait partie intégrante.

Obligation de désignation et limites de la responsabilité civile

Lorsqu’un radar automatique constate un excès de vitesse commis avec un véhicule immatriculé au nom de l’entreprise, celle-ci doit respecter la procédure de désignation du conducteur. Le gestionnaire de flotte dispose alors d’un délai de quarante-cinq jours à compter de la date figurant sur l’avis de contravention pour transmettre l’identité de la personne qui utilisait le véhicule au moment des faits.

En revanche, cette désignation ne transfère pas la responsabilité pénale vers l’employeur. Elle permet simplement aux autorités de poursuivre la personne effectivement à l’origine de l’infraction.

Attention : Selon les circonstances de l’accident et le cadre d’utilisation du véhicule, la responsabilité civile de l’entreprise peut également être engagée si l’infraction s’accompagne d’un accident ayant causé des dommages à des tiers.

La procédure à suivre pour le gestionnaire de flotte

Lorsqu’un avis de contravention ou une notification liée à un excès de vitesse important est reçu, la rapidité de réaction est essentielle. La première étape consiste à identifier précisément le conducteur concerné à partir des outils de suivi disponibles : carnet de bord, système de réservation, badge conducteur ou solution télématique.

Une fois l’identification confirmée, il est recommandé d’informer rapidement le salarié afin de recueillir les éléments nécessaires au traitement du dossier. Le gestionnaire doit ensuite procéder à la désignation dans les délais légaux, et conserver l’ensemble des justificatifs associés à la procédure.

Dans les cas les plus graves, certaines entreprises déclenchent également un entretien avec le conducteur afin d’évaluer les circonstances de l’infraction et les éventuelles mesures correctives à mettre en place.

Les conséquences pour la gestion de flotte

Un excès de vitesse supérieur à 50 km/h peut produire des effets bien au-delà de la seule sanction du conducteur. Pour les entreprises fortement exposées au risque routier, la répétition d’infractions graves peut avoir des conséquences sur :

  • le coût global des sinistres
  • les franchises d’assurance
  • l’image de l’entreprise
  • les indicateurs de sécurité interne
  • les relations avec certains donneurs d’ordre sensibles aux enjeux RSE.

Prévention : Réduire le risque dans la flotte

La meilleure stratégie reste évidemment d’éviter que de telles situations se produisent. Ainsi, la sensibilisation régulière des conducteurs constitue  un premier levier particulièrement efficace : les rappels sur les conséquences humaines, pénales et professionnelles permettent souvent de réduire significativement les comportements dangereux.

Télématique, alertes vitesse et politique interne

Les outils numériques jouent un rôle croissant dans cette démarche. Et pour cause: les systèmes de télématique embarquée permettent aujourd’hui de détecter automatiquement les excès de vitesse, les accélérations brutales ou les comportements de conduite à risque. Certaines solutions génèrent même des alertes en temps réel lorsque les seuils définis par l’entreprise sont dépassés.

De nombreuses entreprises mettent également en place des chartes conducteur précisant explicitement les règles d’usage des véhicules professionnels et les conséquences disciplinaires pouvant résulter d’infractions graves.

Une infraction révélatrice du risque routier

Toujours est-il que, pour un gestionnaire de flotte, un excès de vitesse supérieur à 50 km/h ne doit jamais être considéré comme une « simple » anomalie administrative. Il s’agit généralement d’un signal d’alerte révélant un risque plus large, qu’il s’agisse d’un problème de comportement individuel, d’organisation du travail ou de politique de mobilité.

Dans un environnement où les exigences de sécurité, de conformité et de responsabilité sociétale se renforcent, les entreprises ont donc tout intérêt à intégrer pleinement le suivi des infractions routières dans leur stratégie globale.

FAQ – Grands excès de vitesse et flottes d’entreprises

Un excès de vitesse supérieur à 50 km/h est-il un délit ?

La première infraction relève généralement d’une contravention de 5e classe assortie de sanctions lourdes. En cas de récidive dans les trois ans, elle peut devenir un délit pénal.

L’entreprise est-elle responsable de l’infraction ?

En principe non. La responsabilité pénale reste personnelle et incombe au conducteur. L’entreprise doit toutefois respecter son obligation de désignation.

La télématique permet-elle de réduire les excès de vitesse ?

Oui. Les systèmes de télématique embarquée figurent aujourd’hui parmi les outils les plus efficaces pour détecter les comportements à risque et améliorer durablement la sécurité routière en entreprise.

Un salarié peut-il perdre son emploi suite à un excès de vitesse supérieur à 50 km/h ?

Oui, dans certaines situations. Lorsque l’infraction entraîne une suspension ou une annulation du permis indispensable à l’exercice de ses fonctions, l’entreprise peut être amenée à envisager une réorganisation du poste, voire une procédure disciplinaire ou un licenciement selon les circonstances.

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