Pourra-t-on recharger nos véhicules électriques cet hiver?

Crise énergétique oblige, voilà que la «fin de l’abondance» nous touche et qu’Emmanuel Macron et son gouvernement en appellent à la responsabilité de chacun. En jeu: une consommation d’électricité raisonnée afin d’éviter les (éventuelles) coupures hivernales. Mais quid de nos recharges?

Si le gouvernement s’est voulu rassurant l’incertitude demeure. Avec la crise énergétique, notre prochain hiver pourrait bien nous faire connaître de régulières coupures d’électricité. Mais qu’en sera-t-il pour les recharges de nos véhicules électriques, surtout si la crise s’enlise ou si l’hiver s’avère rugueux? A ce stade nul ne le sait, évidemment. Toutefois, le gestionnaire du réseau électrique français RTE a souhaité anticiper les choses en réalisant une étude prévisionnelle. Et en délivrant quelques conseils, tant auprès du grand public que des fournisseurs d’énergies et des pouvoirs publics.

Ses conclusions? S’il écarte toute idée de black-out, «le risque de coupure ne peut pas être totalement exclu en cas de grand froid», prévient-il. Mais il relativise : ce risque peut être évité «en baissant la consommation nationale de 1 à 5% dans la majorité des cas, et jusqu’à 15% dans les situations météorologiques les plus extrêmes». Pour ce faire, on connaît tous les bons gestes à adopter. Tant pour le chauffage que pour l’éclairage de nos domiciles et bureaux. Deux postes où les économies s’avèrent les plus efficaces.

Et les recharges, dans tout ça? 

En cas de journée «Ecowatt rouge» (du nom du dispositif proposé qui signale les périodes de surconsommation), il est fortement conseillé de décaler ses recharges hors des périodes de pics de consommation. En évitant donc les créneaux 8 heures-13 heures et 18 heures-20 heures pour privilégier la nuit.

Selon RTE : « si la charge de 100 000 véhicules électriques était ponctuellement déplacée (de façon citoyenne, sans incitation tarifaire) en dehors des heures les plus chargées, cela réduirait l’appel de puissance moyen de près de 0,1 GW entre 18 et 20 heures.» Certes, c’est peu, très peu. A titre de comparaison, baisser le chauffage à 19°C ferait gagner 1,3 GW. Mais ce petit geste du quotidien permettrait de contribuer à voir s’éloigner les risques de coupures, affirme le gestionnaire. Un geste d’autant plus facile à adopter que la majorité des usagers de V.E. profitent déjà des heures creuses pour recharger leur véhicules.

Des amendes à la clé?

Non. Les propositions de RTE ne font pas loi. Ils livrent des pistes à suivre, simplement. Aucune mesure coercitive ni aucune amende donc à ce stade contre celles et ceux qui ne fourniraient pas ces petits efforts. Pas davantage contre les opérateurs qui ne suivraient pas les recommandations de RTE quant à une possible coupure d’accès à leurs bornes de recharge pendant une partie de la journée. Pas toutes, évidemment. Seraient concernées celles installées dans les immeubles de bureaux et celles en accès libre. Avec néanmoins la possibilité d’instaurer un mode «forçage» permettant de recharger les véhicules en cas d’urgence.

Le prix de la recharge électrique va-t-elle augmenter en 2023?

Que l’on recharge chez soi ou sur des bornes publiques, aucun doute… c‘est oui! Pour une raison simple : le gouvernement a récemment annoncé le maintien du bouclier tarifaire, mais il a aussi officialisé une hausse des tarifs réglementés au 1er février 2023. Ceci, dans la limite de 15%. Alors, forcément, recharger chez soi coûtera jusqu’à 15% plus cher!

En revanche, du côté des bornes publiques le bât pourrait blesser plus sévèrement. Là encore pour une raison simple: le bouclier tarifaire ne concerne pas les opérateurs. Ils ne bénéficient donc pas d’une quelconque prise en charge par l’Etat. Et se voient donc dans l’obligation de revoir régulièrement leurs prix en fonction du marché de l’électricité. Premier à agir en ce sens, Allego vient d’annoncer une hausse de ses tarifs dès le mois d’octobre.

Mais restons optimistes. D’une part, les réductions sur les carburants fossiles devraient prendre fin au 1er janvier prochain. Et il sera toujours moins cher de rouler à l’électrique plutôt qu’à l’essence ou au diesel. D’autre part, la crise ne va pas’éterniser, non?

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