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Laura Gaury « D’une petite graine, on arrive à une belle salade. »

par Néo Prevot

Laura Gaury, Co-fondatrice de l’entreprise Les Nouvelles Fermes nous en dit plus sur la liaison entre le maraîchage et l’aquaculture : L’aquaponie.

Cette interview a été réalisée au World Impact Summit édition 2024.

Qu’est-ce que l’aquaponie ? 

Les Nouvelles Fermes, c’est une entreprise de l’économie sociale et solidaire,  on est maraîcher et aquaculteur. On procède à ce qu’on appelle l’aquaponie. L’aquaponie, c’est une méthode de culture,  qui combine de l’aquaculture et du maraîchage. D’un côté, la partie aquacole, donc là, on va élever des poissons, en l’occurrence des truites arc-en-ciel. Il y a une autre partie qui est fondamentale en aquaponie, c’est toute la partie bactériaux. Et d’un autre côté, la partie maraîchage. Ça, c’est un peu la partie lisible, on va dire, quand on rentre dans des serres comme chez nous. Ces trois écosystèmes vont travailler ensemble. C’est-à-dire que nous, on va donner à manger à ces poissons. Ces poissons vont produire des déjections. Ces déjections vont être travaillées par des bactéries et cette eau va circuler vers le maraîchage et les racines des plantes vont venir absorber des nutriments qui sont présents dans l’eau pour enfin renvoyer une eau qui est nettoyée au poisson. Donc, c’est une circularité.

Et qu’est-ce qu’on réussit à faire pousser ?

Nous, on a décidé de travailler sur des jeunes pousses, donc : du mesclun, du cresson, de la roquette, des choses qu’on consomme régulièrement, des têtes de salade. On fait aussi toute une gamme d’aromatiques. On a la particularité de vendre les aromatiques en plantes vivantes ou les salades en plantes vivantes, c’est-à-dire qu’on va avoir les racines apparentes. Ça, c’est un vrai truc en plus, puisque pour le consommateur, c’est plus de fraîcheur, c’est des nutriments qui sont préservés pour le corps, tout simplement. Ça peut être aussi de la déco dans la cuisine….

En plus, c’est déjà nettoyé ?

Exactement. Oui, parce qu’il n’y a rien, ce n’est pas dans la terre.  Il y a rien, mais surtout, on ne met aucun produit sur les plantes. Donc, on peut vraiment à manger comme ça, si on veut.

Quel est l’intérêt au niveau écologique de l’aquaponie par rapport à de la culture plus classique ?

Le premier intérêt, c’est la consommation d’eau, puisqu’on va consommer jusqu’à 80% de moins d’eau pour refaire pousser ces légumes. C’est la même chose aussi pour les poissons. On a besoin de moins d’eau puisqu’on réutilise l’eau à chaque fois, alors que dans une pisciculture traditionnelle, c’est un bras de rivière qui est détourné, par exemple. Ensuite, on va pouvoir s’installer sur des plus petites surfaces parce qu’on va produire de façon un peu intensive, juste parce qu’on travaille sur l’eau, c’est-à-dire qu’on ne va pas épuiser le sol. Donc, ce sont des radeaux qui coulent et qui se remplacent les uns après les autres. Donc, il n’y a jamais de temps mort sur les cultures.

Ce procédé va t-il se développer en France ou ailleurs ?

Oui, carrément. Il y a déjà beaucoup d’initiatives en France à plus ou moins petites échelles. Il y a des grosses, grosses fermes en aquaponie aux États-Unis, au Canada. En Europe, ça commence vraiment à bouger aussi. Nous, on a une ferme qui fait 5 000 mètres carrés sur Mérignac, donc on est dans la métropole de Bordeaux. Une toute petite unité d’un point de vue production agricole, mais d’un point de vue aquaponie commerciale, c’est quand même assez costaud. On va produire jusqu’à entre 60 et 70 tonnes de légumes annuellement.

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