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Origami MarketPlace: Un logiciel SaaS pour accompagner les entreprises vers le circulaire et le marché de la seconde main

par Laurent F.

De plus en plus nombreuses sont les marketplaces à favoriser la seconde main et une économie circulaire. Quels sont les enjeux pour les entreprises les proposant? Et que leur permettra bientôt l’Intelligence Artificielle? Co-fondateur d’Origami MarketPlace, Julien Bruitte nous en dit plus.

De gauche à droite Alexandre Duquenoy, Julien Bruitte et Vincent Pichon, les trois co-fondateurs d’Origami MarketPlace.

Que propose Origami MarketPlace? 

Julien Bruitte: «En 2012, Alexandre Duquenoy, Vincent Pichon et moi-même avons lancé un site web destiné à une clientèle un peu «geek» à la recherche de cadeaux originaux. Trois ans plus tard, cette plateforme est devenue une place de marché. Puis nous avons décidé de créer un logiciel. Pour répondre à nos propres besoins, mais aussi parce que l’époque étant en train de changer nous souhaitions répondre à la demande de plus en plus forte des entreprises. Aujourd’hui, nous proposons donc notre logiciel SaaS (Software As A Service) que nous commercialisons sous forme d’abonnement mensuel contrairement à la majorité des offres qui proposent plutôt la création d’un site dont vous devenez ensuite propriétaire. Ce système d’abonnement revient moins cher aux entreprises lorsqu’elles veulent se mettre le pied à l’étrier et gérer au mieux leurs activités.»

A quels types d’entreprises vous adressez-vous?

Julien Bruitte:« Je peux vous citer entre autres Orpi, Crédit Mutuel, Maif Social Club, Recyclivre, Green Musicians, Direct Brico… Cela va de la start up aux grosses entreprises, qui proposent tous types de produits. Ce peut être des entreprises ayant déjà une activité d’e-commerce mais qui souhaitent lancer leur propre marketplace. Ou d’autres  qui veulent se tourner vers l’économie circulaire ou la seconde main. En clair, nous sommes spécialisés dans ce type de plateformes, et nous accompagnons les entreprises sur les changements de modes de consommation. Récemment, par exemple, nous avons créé une plateforme de vente de lunettes entre particuliers à la demande d’une entreprise d’optique (Seecly). Sa particularité étant que toutes les lunettes vendues sur la marketplace repassent d’abord par les ateliers de l’opticienne afin de pouvoir être adaptées à la vue du client. Par ailleurs, nous travaillons également beaucoup avec les fédérations sportives, comme les Fédérations Françaises de Tennis et de Football, pour les corners des différents clubs.»

Economie circulaire, seconde main, reconditionné… Les sites semblent se multiplier. Avez-vous assisté à une explosion de la demande, ces temps-ci?

Julien Bruitte: «Crise économique faisant, les investissement ont ralenti; les budgets sont plus serrés. Mais si la demande est oscillante elle existe toujours, oui. Elle est même plus importante qu’il y a trois ou quatre ans, à l’époque Covid et post Covid, lorsqu’elle a explosé.»

Quels sont les principaux enjeux, désormais?

Julien Bruitte: «Concernant l’économie circulaire, je dirais que l’enjeu principal pour les gros distributeurs est de se trouver une place, de trouver le bon modèle qui puisse apporter du service à leurs clients tout en restant rentable. Ils font face aussi à un enjeu logistique. Comment, avec leur logistique actuelle, peuvent-ils en venir au circulaire? Les retours produits sont souvent très peu valorisés alors qu’ils peuvent représenter une mine d’or s’ils sont mis ensuite sur le marché de la seconde main. Parmi nos clients, nous avons par exemple Biked qui (comme son nom l’indique) travaille dans l’univers du vélo. Ils proposent aux petites boutiques de mettre à la vente (et à bas prix) des vélos reconditionnés mais restés invendus en boutique.»

Quid de l’intelligence artificielle? Vient-elle changer la donne pour ces marketplaces de la seconde main?

Julien Bruitte: «Nous en sommes aux prémices, mais c’est clairement un sujet. Lorsque vous êtes un particulier et que vous avez quelque chose à vendre, l’I.A.reconnaitra votre produit et vous en proposera une description. Un premier frein (puisque c’en est un pour beaucoup de gens) sera donc levé. Surtout, elle va aider sur un problème majeur : le pricing produit qui est toujours compliqué sur ce marché. Là encore, si vous êtes un particulier vous n’allez évidemment pas faire un calcul de marges. L’I.A. devrait permettre d’aller vers une sorte de modèles de prix et faciliter les choses

Et du côté des entreprises?

Julien Bruitte: «L’I.A. devrait permettre de leur montrer les postes où ils perdent de l’argent un peu «bêtement» si j’ose dire. C’est d’autant plus important dans ce contexte actuel où l’on ne cherche plus vraiment de la croissance mais de la rentabilité. Je pense notamment aux entreprises qui disposent de plusieurs usines de production. Si, par exemple, la première basée à Lille manque de matières premières ils pourront facilement partager celles disponibles dans leur usine de Marseille. Aujourd’hui, ils sont davantage habitués à commander directement les matières manquantes plutôt que de les mutualiser. Grâce à la data, l’IA va donc pouvoir aider au développement d’une économie circulaire interne aux entreprises. Et leur permettre ainsi de gagner quelques points de marge. On pense beaucoup à l’I.A. générative; elle questionne beaucoup. Mais il ne faut pas oublier cette I.A. là qui constitue une véritable aide à la rentabilité

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