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Ce qu’il faut retenir de la COP 28

par Laurent F.

Organisée à Dubaï à la mi-décembre, la COP 28 -qui devait dresser le bilan de l’accord de Paris signé en 2015- a abouti à un accord historique. Voilà ce qu’il faut en retenir.

Une grande première!

Il aura fallu de très longues heures de négociations avant que les représentants de près de 200 Etats présents à la COP 28 organisée à Dubaï aboutissent à un consensus historique. Une grande première puisque, pour la première fois, un accord international mentionne un terme jusque-là grandement tabou: les «énergies fossiles» qui, rappelons-le, représentent à elles seules quelques 80% des émissions de GES. Concrètement, l’accord en question appelle ni plus ni moins les Etats à se passer de ces énergies fossiles et à entamer (ou accélérer) une véritable transition énergétique. Avec l’engagement, pour chacun, de tripler la capacité des énergies renouvelables, de doubler le rythme d’amélioration de l’efficacité énergétique et d’accélérer les technologies «zéro carbone» et «bas carbone», dont le nucléaire et l’hydrogène. Le tout sur un cap fixé officiellement à l’horizon 2030. 

Un objectif inchangé, mais une accélération exigée 

En écho aux recommandations du GIEC pour qui «limiter le réchauffement à 1,5 degré (…) nécessite des réductions profondes, rapides et durables des émissions mondiales de GES de 43% d’ici 2030 et de 60% d’ici 2035 par rapport au niveau de 2019, et l’atteinte de zéro émission nette de CO2 d’ici 2050», chaque Etat a désormais l’obligation de s’engager dans des actions précises et concrètes. Ceci dès maintenant, en tout cas d’ici 2025. Quant à l’objectif principal, il reste inchangé: limiter le réchauffement climatique à 1,5 degré, et éviter ainsi les 2,9 degrés craints par l’ensemble des experts si aucune action efficace n’est entreprise.

Les membres de l’OPEP eux aussi satisfaits

Un accord historique, répétons-le. D’autant qu’en amont de la signature du traité, l’Organisation des pays exportateurs de pétrole avait instamment demandé à ses membres de «rejeter proactivement» tout accord ciblant les énergies fossiles. La demande n’aura donc pas trouvé le large écho espéré. Mais faut-il pour autant y voir un cuisant échec pour l’OPEP? Pas vraiment. Car si un consensus a bel et bien été trouvé pour accélérer le développement des énergies renouvelables, ce n’est pas sans diplomatie. Ainsi, la mention des technologies de captage et de stockage du carbone a pleinement satisfait les exportateurs de pétrole. Sans compter la mention du rôle des énergies «de transition» afin d’assurer la «sécurité énergétique» des pays en voie de développement. Une allusion on ne peut plus clair au gaz, bien entendu. Sans surprise, le représentant de la délégation saoudienne a donc salué «le grand succès» de la conférence…

400 millions de dollars pour les pays les plus vulnérables

Rappelons que la mission de cette COP 28 était avant tout de dresser l’inventaire du fameux accord de Paris signé lors de la COP 21 de 2015. L’occasion de souligner notamment la gravité de la situation, la faiblesse des actions collectives menées jusqu’ici, et le manque flagrant de financements (tant pour l’adaptation à la transition que pour les pertes et dommages qu’elle suscite ou suscitera). Un nouveau fonds a ainsi été créé pour soutenir les pays les plus vulnérables: 400 millions de dollars, que l’immense majorité des experts salue, tout en les jugeant très insuffisants. Mais en saluant tout de même les incontestables avancées de cette COP de Dubaï!

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