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Empreinte Forêts France: Un référentiel pour évaluer la déforestation

par Laurent F.

Un nouveau référentiel vient mesurer l’impact de la consommation des Français sur les forêts et autres éco-systèmes internationaux. Outre la sensibilisation du grand public, le REFF constitue une véritable aide à la décision pour les entreprises. Explications.

Co-piloté par quatre ministères de référence, le Comité scientifique et technique Forêt (CST-F) se pose comme un espace de réflexion dans le cadre de la Stratégie Nationale de lutte contre la Déforestation Importée (SNDI) mise en place par le gouvernement en 2018. Une SNDI dont l’Europe est la deuxième responsable après la Chine. Pour faire face à cette problématique, le CST-F réunit aujourd’hui différents experts et acteurs. Et parmi eux l’association Envol vert qui lutte depuis 2011 pour la préservation de la forêt et de la biodiversité (tout particulièrement en France, en Colombie et au Pérou) par le biais de projets sur le terrain mais aussi d’actions de sensibilisation. Ainsi, il y a un peu plus de dix ans, Envol Vert a développé «Empreinte Forêt», une méthodologie permettant de mesurer l’impact de notre consommation sur la déforestation tant au niveau individuel qu’à l’échelle d’un pays, d’une entreprise ou d’une collectivité. Ou comment mesurer la surface de forêts nécessaire pour subvenir à nos modes de vie, et donc à notre production…

Bon à savoir: Outre la SNDI mise en place en 2018 par la France, l’Union Européenne a instauré le RDUE en 2023. Une règlementation qui exige notamment des entreprises européennes de garantir l’absence de déforestation causée par leurs chaînes d’approvisionnement.

«Le REFF propose une méthodologie permettant à chaque acteur d’évaluer le risque de déforestation liée aux importations de matières premières.»

Comité Scientifique et tTechnique Forêt

Un outil dédié à l’impact de la consommation et de la production française

Après deux ans de travail, Envol vert a souhaité développer encore cet outil pour donner naissance au «Référentiel Empreinte Forêt France» (REFF), co-construit avec une trentaine d’experts, et plus spécifiquement dédié (comme son nom l’indique) à l’évaluation de l’impact de la consommation des Français sur les eco-systèmes mondiaux. De la consommation, mais aussi de la production des entreprises françaises. «Face à la complexité des chaînes d’approvisionnement, le REFF propose une méthodologie permettant à chaque acteur d’évaluer le risque de déforestation liée aux importations de matières premières.», explique le CST-F. «L’une des spécificités du REFF est la prise en compte de certains critères permettant d’estimer des impacts comme la dégradation des forêts ou des autres écosystèmes naturels. Une avancée importante au vu de la révision du règlement Européen l’année prochaine qui ne les prend pas encore en compte.»

«Un outil d’aide à la décision pour les organisations publiques et privées dans leurs approvisionnements afin de réduire l’impact de leurs activités.»

CST-F

Un solide outil RSE pour les entreprises publiques et privées

Outre le fait d’être un sérieux outil de suivi de la SNDI, le REFF se veut aussi un moyen efficace de sensibiliser le grand public au sujet. Et surtout «un outil d’aide à la décision pour les organisations publiques et privées dans leurs approvisionnements afin de réduire l’impact de leurs activités. Il s’inscrit dans une démarche continue d’amélioration et d’adaptation, reflétant la dynamique nécessaire pour relever les défis complexes de la déforestation importée. Il en appelle à une utilisation collaborative.», précise encore le CST-F

Sur quoi le REFF repose-t-il?

Concrètement, la méthodologie repose sur de nombreuses données scientifiques et statistiques. Pour l’expliquer, dans une vidéo publiée sur Youtube Envol Vert cite l’exemple du soja. Chaque année, 3 millions de tonnes sont importés en France, soit l’équivalent de soixante cargos. «Le soja est la première cause de déforestation importée. Contrairement à ce que l’on pense, il n’est pas destiné à nos plats végétariens, mais il est massivement utilisé sous forme de tourteaux dans l’alimentation animale, le tourteau de soja étant ce qu’il reste de la graine lorsqu’on a extrait l’huile.» Pour évaluer l’empreinte Forêt du soja, dans un premier temps un profil d’origine est alors dressé: il détermine la quantité annuelle importée en France pour chaque pays de production. Dans ce cas précis, les deux-tiers proviennent du Brésil. Ainsi, après différents (et savants) calculs, le référentiel a pu déterminer la surface agricole brésilienne nécessaire à la production de ces tourteaux de soja importés chez nous. Résultat: quelques 150 000 ha de forêts seraient impactés par la seule consommation de tourteaux de soja par nos animaux!

Pour en savoir plus, la vidéo Envol vert est ici. 

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