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Interview de Patrick Hatzig, Vice Président Transport et Mobilité sur la Métropole du Grand Nancy

par Sarah Chamaillard

La métropole du Grand Nancy agit pour proposer une mobilité plus durable à ses administrés, urbains et ruraux.

Patrick Hatzig nous explique ce qu’ils mettent en place, et comment.

Comment la métropole du Grand Nancy œuvre pour proposer une mobilité plus durable à ses administrés ?

Les collectivités territoriales ont des compétences en matière de transport, que ce soient les régions, les métropoles. En ce qui nous concerne nous, métropole, nous avons la compétence du transport urbain et des mobilités en général sur notre territoire.  Et donc, nous avons pour cela, tout récemment, fin novembre de l’année dernière, délibérés sur un plan métropolitain des mobilités qui actionne tous les leviers de la mobilité, parce qu’il fallait, d’après nous, prendre l’ensemble des mobilités.

Nous voulons vraiment lutter contre l’autosolisme. La personne toute seule dans sa voiture qui, aux heures de pointe, va d’un point A à un point B, n’est pas efficace pour le respect de l’environnement, pour la sobriété énergétique.

Nous allons actionner tous les leviers de la mobilité, c’est à dire la piéto, le vélo, le transport collectif, même le stationnement et la circulation automobile, parce qu’on se sert encore de l’automobile, bien sûr, covoiturage, aussi, autopartage et puis agir aussi sur la tarification, puisque la tarification est un élément, je dirais, du déplacement. Le deuxième volet, c’est que nous avons voulu travailler avec l’ensemble des EPCI, comme on dit, Établissement Public à Coopération Intercommunale, les EPCI, sur la question des mobilités et de telle sorte qu’on puisse mettre en cohérence, que l’on puisse être en cohérence avec nos voisins sur le territoire.

Le bassin de mobilité, c’est la Meurthe et Moselle Sud aux yeux de la région et donc nous voulons travailler dans ce bassin pour faire en sorte d’avoir une cohérence et vraiment ne pas travailler métropole tout seul, mais vraiment avec les enseignements et les ambitions de nos voisins, des collectivités territoriales.

Comment créer une offre cohérente de mobilité qui ne s’adresse pas qu’ aux urbains?

Justement, de travailler avec les voisins, qu’est ce qu’on découvre ? Nous, si on a la compétence du transport urbain, de la mobilité urbaine dans un territoire dense, il faut aussi voir que des personnes allaient habiter, on va dire, en « rurbain ». C’est ni rural ni urbain, mais plutôt le « rurbain » comme on le dit aujourd’hui, en deuxième couronne. Et puis d’autres, qui vont habiter sur des territoires vraiment peu denses, territoires ruraux. Et donc, pour tout cela, aujourd’hui,  puisqu’ils s’y rendent dans des déplacements pour études ou pour travail ou pour loisirs, culture, etc, vont devoir le faire dans une condition particulière, puisque vous savez qu’il y a l’avènement des ZFE qui est dans la loi LOM avec des difficultés de mise en place, de définition. Mais en tout cas, nous sommes partis sur la zone ZFE et vous savez, moi il me semble qu’il faut qu’on sorte de l’aspect inégalitaire et répressif.

Nous voulons passer à une ZFE de pédagogie et d’alternative. C’est à dire la pédagogie, c’est quoi ? C’est de se dire qu’aujourd’hui, quand on a des personnes qui parfois ont des revenus très bas, qui n’ont pas les moyens de changer de véhicule, ils sont obligés de venir travailler à la métropole. S’ils viennent travailler en voiture, ils vont dépenser à l’année au minimum 2 000 € par an. Et donc on veut à la fois soulager ou redonner du pouvoir d’achat, mais en même temps qu’ils puissent avoir des alternatives crédibles de se rendre sur la métropole de différentes sortes en utilisant différents modes de transport.

Comment les entreprises territoriales, arrivent à proposer la meilleure offre de mobilité aux salariés ?

Sur les questions de la mobilité, parfois on se parlait peu, on ne se parlait pas suffisamment bien avec les zones commerciales, les zones industrielles, là où il y a vraiment un cœur d’emploi, beaucoup de personnes qui viennent travailler. Aujourd’hui, on a vraiment des relations avec ce qu’on appelle les ATP, les associations qui rassemblent les professionnels, les entreprises, les artisans, les commerces, par lobes, je dirais, de quartiers sur la métropole, de telle sorte de pouvoir bien définir avec eux quels sont leurs besoins, qu’ils interrogent leurs salariés sur ce qu’ils souhaitent, dans quelles conditions ils souhaitent se déplacer et donc nous, dans quelles conditions on peut les recevoir pour avoir de la mobilité collective ou de la mobilité partagée en tout cas.

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