Chauffe-eau, systèmes combinés… De plus en plus nombreux sont les Français à opter pour ces solutions. D’après la récente enquête du consortium EurObserv’ER leurs ventes et leurs installationS auraient connu une forte progression en 2022.
Au printemps dernier, plusieurs études venaient montrer la très nette croissance des énergies renouvelables, tant au niveau mondial qu’en France. Selon le Think tank indépendant Ember, les énergies éoliennes et solaires auraient atteint à elles deux 12% de l’électricité mondiale en 2022 quand elles comptaient pour seulement 5% en 2014. Le solaire aurait même enregistré une croissance de 24% en un an. De son côté, dans son Baromètre Eolien 2023, EurObserv’ER (spécialisé dans le suivi du développement des énergies renouvelables dans l’UE) soulignait lui aussi un net rebond sur les marchés européens de l’éolien, terrestre et offshore. Ce même consortium vient cette fois de rendre public une nouvelle étude qui fait le point sur les installations de solutions solaires thermiques individuelles en France. Confirme-t-elle la tendance? Pas de suspens, la réponse est clairement oui! C’est là aussi, à un véritable boom auquel on a assisté en 2022!
31 fabricants et importateurs interrogés
Pour connaître la situation du marché, EurObserv’ER s’est appuyé sur une collecte de données effectuée auprès de 31 fabricants et importateurs du secteur solaire thermique intervenant sur le marché français (en métropole comme dans les départements d’outre-mer). Une collecte réalisée entre février et avril dernier sur la base d’un questionnaire portant sur les ventes de CESI (chauffe-eau solaires individuels), de SSC (systèmes solaires combinés) et de capteurs hybrides PVT/eau et PVT/air. Le consortium précise que, pour les départements d’outre-mer, les observatoires régionaux de l’énergie ainsi que les directions régionales de l’Ademe ont également été interrogés.
Une forte dynamique, mais un trop lourd retard
Ses conclusions? Si, depuis 2019, les chiffres montrent une incontestable croissance des ventes métropolitaines de chauffe-eau et de systèmes combinés, celles-ci ont donc littéralement explosé en 2022: + 22%. Pour les systèmes combinés, c’est encore mieux. Elles ont doublé (13 750 m2 contre 6 400 m2)! Le maillon faible? les capteurs hybrides PVT/eau et les équipements PVT/air qui ont très nettement chuté. Mais rien de plus normal en vérité, puisque ceux-ci sont sortis du dispositif MaPrimeRénov’ en 2020.
Où sont-installés ces équipements? Et à quels prix?
Géographiquement, pas de véritable changement: c’est au sud de la Loire qu’on installe le plus de solutions solaires thermiques individuelles. A elles seules Nouvelle-Aquitaine, Occitanie, PACA et Auvergne–Rhône-Alpes ont représenté 59% de l’activité en 2022 (contre 63% en 2021). Quant à leurs prix moyens, ils poursuivent dans la même inflation que celle enregistrée en 2021: + 9 à 10%. «Ces augmentations sont le fait du renchérissement du coût des matières premières et de l’énergie, mais elles sont comparables à ce qui a été observé dans des secteurs comme les appareils de chauffage au bois ou les pompes à chaleur. Les industriels indiquent avoir limité au maximum les hausses, notamment en réduisant leur propre marge. Cependant, l’augmentation des coûts de production est tel qu’il n’était pas possible de ne pas les répercuter dans leurs prix finaux.»
«Malgré des objectifs fortement revus à la baisse par rapport à la PPE de 2016, la filière n’a jamais été dans le rythme que nécessite sa feuille de route.»
EurObserv’ER
Un retard qui nous laisse encore loin des objectifs
Les acteurs du secteur sont unanimes: la dynamique est là, et bien là. «La filière a le sentiment que l’image du solaire thermique a changé. Cela est notamment lié aux dispositifs d’aides plus favorables, et à une démarche plus proactive des particuliers qui sont à la recherche de solutions pour diminuer leur facture énergétique», observent les auteurs de l’étude. Auteurs qui relativisent cependant: «Dans son ensemble (individuel + collectif), le marché français s’est placé au cinquième rang des pays de l’UE en 2021 et 2022. Son niveau est relativement stable (entre 155 000 et 175 00 m2) mais il reste loin des trois premiers marchés, notamment de celui de l’Allemagne (709 000 m2 en 2022).» Ou comment prendre avec recul ces excellents chiffres, donc. Car «La production d’énergie issue de la filière solaire thermique en métropole, qui est évaluée à 1,28 TWh à fin 2022, n’atteindra pas le seuil fixé à fin 2023 (1,75 TWh). Malgré des objectifs fortement revus à la baisse par rapport à la PPE de 2016, la filière n’a jamais été dans le rythme que nécessite sa feuille de route.»