Baromètre Observ’er 2023: Le photovoltaïque progresse, mais l’éolien accuse encore un lourd retard

Par Laurent F.
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Baromètre Observ’er 2023: Le photovoltaïque progresse, mais l’éolien accuse encore un lourd retard

Depuis les années 1980, l’organisme indépendant Observ’ER observe et analyse le développement des énergies renouvelables en France et en Europe. Il vient de publier son quatorzième «Baromètre des énergies renouvelables électriques en France». L’occasion de dresser un état des lieux de l’ensemble des filières renouvelables et de leur progression partout sur le territoire en s’appuyant sur des indicateurs énergétiques, socio-économiques et industriels. Une étude réalisée en partenariat avec l’ADEME et la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR-Territoire d’énergie). Une association qui regroupe plus de 800 collectivités territoriales et d’établissements publics de coopération spécialisés notamment dans les services publics d’électricité, de gaz, d’eau et de valorisation des déchets.

Un développement qui accélère, mais qui reste très insuffisant

Ce qu’il faut en retenir? Dès l’avant-propos de cette grande et longue étude (plus de 160 pages, téléchargeables gratuitement) Observ’er tire la sonnette d’alarme. Si la nette accélération du rythme de développement des énergies renouvelables entamée en 2021 se confirme, le retard n’a toujours pas été rattrapé. «Si le photovoltaïque arrive à raccorder entre 2,5 et 3 GW de puissance supplémentaire chaque année, l’éolien ne parvient toujours pas à accélérer son développement. Compte tenu de la progression du secteur électrique renouvelable, l’objectif de 40% de part renouvelable dans la consommation électrique du pays à fin 2030 reste hors d’atteinte, avertit l’organisme. En cause notamment les 4,5 gigawatts (GW) de capacités supplémentaires que la France a raccordé en 2023. Un résultat en recul par rapport à 2022 où les 5,3 GW avaient été atteints. 

L’éolien, freiné par les contraintes réglementaires

Un satisfecit tout de même: «Le photovoltaïque réalise donc une très bonne année. Les hausses du prix de l’électricité sur le réseau électrique et l’engouement toujours plus fort pour l’autoconsommation auront joué un rôle dans cette dynamique qui permet à la filière d’être très proche du point de passage qui lui avait été fixé pour 2023.» Du côté de l’éolien? Là encore, Observ’er lance un sérieux avertissement: «Le secteur reste toujours confronté à de très longs délais de traitement des dossiers et à un ensemble de contraintes réglementaires qui réduit considérablement le nombre de territoires disponibles pour de nouvelles installations. La filière terrestre peine à dépasser le seuil de 1,5 GW de capacités nouvelles annuelles et le segment de l’offshore accuse un gros retard sur sa feuille de route.»

«Il aura fallu une crise inédite dans le secteur pour que les filières renouvelables se muent en pierre angulaire de notre stratégie énergétique afin de favoriser notre souveraineté et notre indépendance.»

Xavier Pintat, Président de la FNCCR-Territoires d’énergies

La crise énergétique a tout changé

En résumé, le retard français persiste donc bel et bien, même si -en 2022- la France est enfin parvenue à dépasser l’objectif préalablement fixé pour 2020: 27% de part d’énergies renouvelables dans sa consommation d’électricité. Mais avec seulement 28%, les objectifs 2030 semblent encore bien loin. Tout de même, la tendance irait incontestablement dans le bon sens, selon Xavier Pintat, Président de la FNCCR-Territoires d’énergies: «Il aura fallu une crise inédite dans le secteur pour que les filières renouvelables se muent en pierre angulaire de notre stratégie énergétique afin de favoriser notre souveraineté et notre indépendance. (…) Au regard des résultats de ce nouveau Baromètre des énergies renouvelables électriques, il semble que nous allions enfin dans le bon sens. (…) Et les zones d’accélération prévues par la loi Aper (accélération de la production d’énergies renouvelables) permettront, nous l’espérons, un nouveau souffle pour renforcer encore ces productions d’énergie vertueuses et leur acceptabilité locale.»

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