ESG: Le gouvernement de Donald Trump exige des entreprises françaises la fin de leurs programmes de diversité et d’inclusion. Les patrons lui répondent.

Par Laurent F.
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Politiques d'inclusivité

Un courrier envoyé récemment par l’ambassade américaine à des entreprises françaises menace de couper l’accès aux appels d’offres de l’État fédéral en cas de maintien de leurs politiques d’inclusivité. Petit rappel des faits.

En janvier dernier, au retour de Donald Trump à la Maison Blanche, un décret avait été immédiatement signé. Ce même décret ordonnait aux agences fédérales américaines de fermer leurs bureaux chargés de promouvoir la diversité et la justice environnementale. Mais la mesure ne suffit pas à l’équipe trumpiste qui a décidé de s’attaquer à ce dossier jusqu’à l’extérieur du pays, quitte à mettre la pression aux entreprises internationales. Ainsi, des entreprises françaises viennent de recevoir un courrier venu de l’ambassade des États-Unis qui les interroge sur leurs (éventuels) programmes internes de lutte contre les discriminations. Consulté par Le Figaro et par Les Echos, la missive en question impose à ces entreprises de s’engager par contrat à cesser leurs politiques de lutte contre les discriminations. Une condition sine qua non si elles souhaitent conserver l’accès aux appels d’offres du pays de l’Oncle Sam. Un questionnaire les invitant à certifier qu’elles n’ont pas mis en place de programme de ce type a même été joint au fameux courrier.

Une tentative d’ingérence qui passe très mal

On l’imagine sans peine: le courrier a provoqué un tollé immédiat. Le Mouvement Impact France (qui représente et fédère les dirigeants d’entreprises à impact social et environnemental) a ainsi réagi ce 31 mars: « Face à une tentative d’ingérence inacceptable de l’administration américaine qui cherche à contraindre des entreprises françaises à renoncer à leurs politiques de diversité et d’inclusion, Impact France appelle à soutenir activement nos entreprises dans le maintien et le renforcement de leurs engagements en matière de DEI (Diversité, Equité et inclusion) ». Et la fédération de condamner « une tentative d’imposer une vision du monde incompatible avec les principes des régimes démocratiques et une ingérence intolérable dans les affaires des entreprises françaises ». Des propos encore appuyés par Pascal Demurger, Directeur général du groupe MAIF et co-président d’ Impact France. Sur sa page LinkedIn, il déclare: « La guerre des valeurs est clairement déclarée. Nous ne pouvons pas capituler et nous soumettre ».

« C’est inadmissible. Cela traduit une dérive du gouvernement américain, du président lui-même qui veut signifier une emprise sur l’économie mondiale et les valeurs européennes. On ne peut pas s’incliner, nous avons des valeurs, des règles, nous nous devons de les respecter ».

Patrick Martin, Vice-Président du MEDEF sur LCI

Question de valeurs

Ces prises de position d’Impact France ont succédé à celle du gouvernement qui, la veille, par la voix de Laurent Saint-Martin, Ministre du commerce extérieur, a lui aussi réagi: « Les ingérences américaines dans les politiques d’inclusion des entreprises françaises, comme les menaces des droits de douane injustifiés, sont inacceptables. (…) La France et l’Europe défendront leurs entreprises, leurs consommateurs, mais aussi leurs valeurs ». Quant au Medef, il tient évidemment la même ligne. Sur LCI son vice-président Patrick Martin a été des plus fermes: « C’est inadmissible. Cela traduit une dérive du gouvernement américain, du président lui-même, qui veut signifier une emprise sur l’économie mondiale et les valeurs européennes. On ne peut pas s’incliner, nous avons des valeurs, des règles, nous nous devons de les respecter ».

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