Accueil » Entreprises et Collectivités » Maud Lacorte: « L’idée c’est de permettre aux entreprises de comprendre la gestion de leurs déchets »

Maud Lacorte: « L’idée c’est de permettre aux entreprises de comprendre la gestion de leurs déchets »

par Clara Blanquet

Maud Lacorte occupe le poste de Responsable commerciale chez Urbyn, une entreprise qui accompagne les entreprises dans l’analyse de leurs déchets, le déploiement de filières de valorisation et la mise en œuvre d’outils de traçabilité.

Quel problème rencontrent actuellement les entreprises et les collectivités dans la gestion de leurs déchets ?

La gestion des déchets est très complexe. Il y a beaucoup de lois, de filières et de prestataires. La problématique, déjà, c’est de savoir quels déchets les entreprises vont produire. De ce fait, on s’adresse généralement à des entreprises qui ont plusieurs sites partout en France et qui ne savent pas combien elles produisent de déchets, combien ça leur coûte, si elles font bien le tri de ces déchets ou même si ça part dans les bons sites de traitement. Du coup l’idée c’est déjà de leur permettre de mieux comprendre cette gestion globale de déchets en leur posant des questions: Peut-on mieux recycler ? Peut-on avoir un prestataire plus adapté pour la logistique ou pour la collecte ?

On les accompage déjà sur cette meilleure compréhension de la gestion des déchets, mais aussi sur la traçabilité. Il faut savoir qu’il y a parfois de l’opacité autour des déchets. On ne sait pas forcément où est-ce que ça part, même si aujourd’hui ça s’améliore car tous les prestataires de déchets vont dans le bon sens. Mais l’idée, c’est vraiment de leur permettre d’avoir cette traçabilité sur la production pour avoir un registre de déchets clair. Aujourd’hui, c’est obligatoire pour chaque entreprise. Il faut un registre de déchets, savoir quand est-ce qu’ils ont été collectés, en quelle quantité et quel type de traitement ils ont eu. L’idée, c’est d’agréger toutes ces données dans un même endroit.

Urbyn propose donc une solution qui permet non seulement de tracer, mais aussi de gérer cette traçabilité ?

C’est ça, de gérer et aussi d’améliorer. Nous, ce qu’on propose, c’est déjà de faire un état des lieux de la gestion de déchets. Une fois qu’on a cet état des lieux, on propose des recommandations, des actions concrètes qu’on peut mettre en place sur chacun des sites de l’entreprise pour réduire à la fois l’impact environnemental, mais aussi budgétaire pour au final, être en conformité avec la réglementation. On va chercher des solutions et on va sourcer les prestataires. On a un réseau de plus de 1 000 prestataires partout sur notre plateforme qui nous permet de proposer des solutions de recyclage, de réemploi, de collecte, de traitement…

Chaque entreprise a sa propre plateforme en ligne sur laquelle elle va pouvoir suivre les prestataires, le suivi des déchets dans sa totalité?

Exactement. On propose un outil de reporting qui permet d’avoir des indicateurs sur la production, le taux de valorisation, le type de valorisation pour aussi, potentiellement, les réutiliser dans leur rapport extra financier ou utiliser ces données pour répondre à des normes comme la CSRD, l’ESG… Maintenant, il y a beaucoup de normes. L’idée, c’est de les accompagner sur leur rapport extra financier. Ces indicateurs servent aussi à voir où ils en sont sur la gestion de déchets et comment on peut améliorer en continu.

Est-ce que vous avez des cas concrets de réduction d’impact ?

Par exemple, on a un grand client qui a des EPAD et des cliniques en France, plus de 400 sites partout en France. Ça fait bientôt, je pense, trois ans qu’on travaille avec eux. On leur a permis d’augmenter leur taux de valorisation de 10 à 20% mais aussi de réduire le budget. Grâce à différents leviers, on leur a permis de faire en sorte de moins payer au niveau de la gestion des déchets. L’avantage, c’est que les deux vont ensemble, à la fois budget, réduction de budget, réduction d’impact…

Cela ne coûte pas plus cher de bien gérer ces déchets ?

Non justement. C’est la bonne nouvelle. Mieux on va les gérer, mieux on va les trier et moins on va payer aussi derrière grâce à différentes solutions et différents leviers.

Toujours à propos de ce client, on leur a permis de déployer la filière biodéchet sur l’ensemble de leur site. Parce que depuis janvier 2024, chaque entreprise, peu importe la quantité de déchets qu’elle produit, est dans l’obligation de les valoriser. Donc, on a mis des solutions site par site pour collecter et traiter les biodéchets.

Les prestataires de cette entreprise, récupérés sur votre plateforme, ont eux-mêmes des outils pouvant indiquer le nombre de kilos et le type de déchets récoltés ?

Ce qu’on fait, c’est qu’on va faire de la sous-traitance. On ne met pas juste en relation les prestataires de déchets et les entreprises. On re sous-traite et c’est nous, le prestataire de déchets de l’entreprise. On va chercher grâce à des API ou directement sur leur plateforme les informations. Effectivement, de plus en plus de prestataires proposent des plateformes et nous, on va tout agréger dans notre plateforme à nous. Quand ils n’en ont pas, on va chercher le fichier Excel qu’après, on va implémenter. Et puis, parfois, quand c’est un tout petit collecteur de déchets, on va prendre les photos et les documents, on va le scanner et c’est nous-mêmes qui allons le faire manuellement. L’idée, c’est quand même d’automatiser au maximum et pour faire en sorte de répondre au manquement. Quand il y a des trous dans la raquette, Urbyn est là pour justement compléter les informations.

Articles connexes