On aurait pu penser qu’au regard d’une actualité pour le moins chaotique, l’urgence climatique et la transition sociale soient passer au second plan dans l’esprit des Français. Mais un récent sondage vient largement nous rassurer…
Soyons honnêtes : au regard de cette actualité nationale et internationale particulièrement sombre et anxiogène, on s’attendait à voir les sujets liés à la transition écologique et sociale totalement délaissés par les Français. Bonne surprise : c’est toute contraire ! Selon un récente étude IFOP menée pour le Réseau Action Climat et le Secours Catholique-Caritas France, nos concitoyens sont en effet très loin du « green backlash ». À l’inverse, ils expriment une volonté claire : poursuivre, renforcer et rendre plus justes les politiques locales de transition.
Un enjeu quotidien qui impacte directement la qualité de vie
Réalisée début décembre 2025 auprès de deux échantillons distincts : un échantillon national représentatif et un autre composé exclusivement d’habitants des quartiers prioritaires de la politique de la ville (QPV). Cette étude IFOP apporte un éclairage précieux sur la manière dont la transition écologique est désormais perçue à l’échelle municipale. Elle montre que la question environnementale est sortie du « seul » registre idéologique pour entrer dans celui du quotidien, directement liée à la qualité de vie et à la protection sociale.
Le réchauffement climatique est devenu très concret pour les deux-tiers des Français
Premier enseignement majeur : le changement climatique est devenu concret pour la majorité des Français. Près de 60% d’entre eux déclarent en observer déjà les effets dans leur environnement immédiat. Chez les habitants des quartiers populaires, ils sont même 66% à le penser. Sur quoi s’appuient-ils ? Evidemment sur la hausse des températures, la multiplication des vagues de chaleur, les épisodes climatiques extrêmes ou la baisse de l’enneigement.
Un sujet décisif pour une majorité de votants
Cette prise de conscience s’accompagne d’un diagnostic sévère sur l’état de préparation des communes. Plus de la moitié des Français estiment que leur territoire n’est pas suffisamment armé pour faire face aux impacts du changement climatique. Là encore, le constat est plus marqué dans les QPV, où les conditions de logement, la densité urbaine et le manque d’espaces verts accentuent la vulnérabilité face aux canicules et aux pollutions. Pour autant, contrairement à certains discours politiques qui suggèrent une lassitude ou un rejet des politiques environnementales, l’étude de l’IFOP révèle un attachement massif aux mesures déjà engagées. Pour preuve, près de deux électeurs sur trois se disent gênés à l’idée de voter pour un candidat qui remettrait en cause les politiques de transition écologique mises en œuvre dans leur commune. De quoi faire sérieusement réfléchir certains candidat.e.s lorsqu’il s’agira de passer aux urnes…
L’excuse des restrictions budgétaires à du mal à passer…
Autre enseignement clé : l’argument budgétaire ne convainc plus. En effet, une majorité de Français considère qu’il est nécessaire de poursuivre la transition, même si cela implique une augmentation des investissements municipaux. Généreux, les Français ? Assurément. Près de sept sur dix soutiennent en effet l’idée de donner la priorité aux plus modestes dans les politiques locales de lutte contre le changement climatique et les pollutions. Bref, à deux mois du scrutin, l’enseignement est sans équivoque : non, la transition écologique et sociale n’est ni marginale ni secondaire dans l’esprit des Français. Bien au contraire !