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Mathilde Debenes : « Le but, c’est qu’il y ait un socle de connaissance »

par Néo Prevot

Mathilde Debenes, fondatrice de Planète Wake Me Up ! & executive coach, nous explique comment former les entreprises pour un avenir plus durable.

La 1ère étape de la transformation durable de l’entreprise

En général, la première étape aujourd’hui, c’est de former les collaborateurs. Alors, soit avec une approche plus ludique ou plus ponctuelle, notamment quand il y a des grands moments maintenant dans l’entreprise, la semaine du développement durable, le mois du développement durable. Donc ça, en gros, c’est un prétexte, c’est un endroit, un moment où on peut se permettre de faire des fresques du climat, des ateliers sur les éco-gestes, ateliers d’automne. J’anime certaines choses moi aussi, donc je propose des sites de conférences par exemple. C’est une façon relativement facile et un peu indolore, je dirais de commencer à rentrer sur ce sujet-là.

Le cran d’après, c’est quand les équipes RH ou formation se saisissent du sujet avec les directions RSE quand elles existent et souhaitent vraiment proposer une formation à leurs collaborateurs, idéalement à l’ensemble de leurs collaborateurs, pour s’assurer que tout le monde ait le même niveau de connaissance sur les enjeux. Donc ça c’est quelque chose que j’ai fait, j’ai co-créé un module de formation avec une très grande entreprise et que j’anime après derrière auprès de tous les collaborateurs.

Le but, c’est qu’il y ait un socle de connaissance sur ce que j’appelle la « polycrise », donc le changement climatique, la crise de la biodiversité, la raréfaction des ressources, en gros qu’est-ce qui se passe et quelles sont les grandes solutions pour le changement climatique. Comment réduire l’empreinte carbone ? Où, comment on fait de l’adaptation. Ça, typiquement, c’est des solutions, c’est des connaissances que certaines entreprises, apportent à leurs collaborateurs aujourd’hui.

La réaction des collaborateurs

Il y a une méconnaissance. Les directions ou les demandeurs, pense souvent que les gens, l’entreprise, soit n’y connaissent rien, soit s’en foutent éperdument. Et bien souvent, c’est archi faux. Parce que nous travaillons un certain nombre d’heures dans la journée, mais en dehors de ça, on vit, on est citoyen du monde, donc quand même on peut s’informer. Et donc très souvent, moi c’est comme ça que j’ai démarré d’ailleurs, j’avais l’idée de rentrer dans l’entreprise pour apporter de l’info, de la connaissance, et pour libérer les énergies.

Quand on déclenche ça, et le simple fait parfois d’être ensemble et de se réunir et de parler de ce sujet-là, on se rend compte que les uns et les autres, on connaît des choses, on fait des choses et qu’ensemble dans l’entreprise, il y a déjà un niveau de connaissance et de sensibilité qui est vraiment loin d’être nul. Après, on voit que la force, la puissance du collectif, c’est-à-dire comment on embarque un groupe avec des niveaux de connaissances hétérogènes. À la fin, on est quand même capable de produire des idées, une feuille de route. Et si demain, on changeait des choses, qu’est-ce qu’on ferait ? Et il y a toujours plein d’idées et plein d’idées percutantes.

De réels changements dans l’entreprise ?

C’est là où il y a le plus de résistance. Parce qu’une fois qu’on a fait rayonner, circuler le sujet parmi les collaborateurs, qu’on peut avoir créé des communautés de gens en interne qui ont hyper envie et qui se saisissent du truc, à un moment donné on va rencontrer les freins qui sont la résistance du top management ou de la culture de l’entreprise qu’il faut faire évoluer. Donc quand j’ai des gens dans les entreprises qui me disent mais oui mais on n’a qu’à faire moins de collections de vêtements ou on n’a qu’à faire très différemment et arrêter de faire des livraisons en avion.

Les collaborateurs sont prêts à ces changements-là. Là où ça résiste, c’est en haut. Et donc là où moi, c’est la troisième étape, c’est comment j’accompagne les dirigeants et leurs équipes de direction sur un changement de mindset, sur concrètement demain mon entreprise si je veux la mettre en phase avec les enjeux, comment je fais et c’est là qu’il y a le vrai gros boulot.

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