En intégrant l’empreinte carbone réelle des véhicules électriques sur l’ensemble de leur cycle de vie, l’Éco-score automobile a rapidement bouleversé les stratégies des flottes d’entreprise. Au point de devenir en peu de temps un levier central des politiques de mobilité professionnelle.
Introduit progressivement à partir de 2023, puis renforcé en 2024 et à nouveau en 2025, l’Éco-score automobile vise à évaluer l’empreinte carbone réelle d’un véhicule électrique sur l’ensemble de son cycle de vie. Contrairement aux approches historiques focalisées sur les seules émissions CO2, cet indicateur prend désormais en compte la fabrication du modèle jusqu’à son transport vers son lieu de commercialisation en passant par sa production, la capacité de sa batterie, l’origine des matières premières utilisés, les procédés industriels, et son assemblage final. Une approche qui vient répondre à une critique aussi forte que récurrente : non, tous les modèles électriques ne se valent pas dans leur empreinte environnemental. C’est ainsi que l’Éco-score introduit une hiérarchisation claire et nette entre les modèles. Une différenciation qui manquait jusqu’ici.
Fiscalité des flottes d’entreprise : l’Éco-score comme levier décisif
En 2025, la réforme des avantages en nature et l’évolution de la fiscalité applicable aux véhicules de fonction ont instauré une différenciation franche entre véhicules électriques éco-scorés et ceux qui sont non éligibles. Concrètement, les modèles respectant les critères de l’Éco-score bénéficient maintenant d’un abattement renforcé sur l’avantage en nature, réduisant donc de ce fait le coût global tant pour l’entreprise que pour le salarié. À l’inverse, les véhicules électriques dont le score environnemental est insuffisant perdent une partie de leurs avantages.
Bon à savoir : En 2025, la part des véhicules électriques dans les immatriculations d’entreprises a poursuivi sa progression, portée en grande partie par les modèles éco-scorés, ces derniers représentant désormais près des deux tiers des véhicules électriques immatriculés au sein des flottes, contre environ la moitié un an plus tôt. En 2026, la plupart des experts estiment la part de V.E. supérieure à 50%.
Un outil clé des stratégies RSE et CSRD
Au-delà du seul volet fiscalité, l’Éco-score s’inscrit également (et pleinement) dans les stratégies RSE des entreprises. En effet, puisque les flottes automobiles constituent souvent l’un des premiers postes d’émissions GES du scope 3, intégrer des véhicules éco-scores permettant à ces entreprises de réduire concrètement (et rapidement) leur impact environnemental.
De même, l’Éco-score offre des indicateurs facilement exploitables dans les rapports extra-financiers et dans le cadre des exigences de la directive CSRD. Pour les directions RSE comme pour les directions financières, il devient alors un outil de pilotage crédible et mesurable de la transition écologique.
Des conséquences industrielles majeures pour les constructeurs
Enfin, cette nouvelle donne n’est pas sans conséquence pour les constructeurs automobiles, désormais obligés (pour certains, au moins) de revoir leur stratégie industrielle afin d’améliorer le score environnemental de leurs modèles. La relocalisation partielle de la production en Europe, la réduction des distances logistiques ou encore l’approvisionnement local en batteries deviennent par conséquent des leviers clés pour rester compétitif sur le marché des flottes automobiles professionnelles en plein essor. Ou quand l’Éco-score agit aussi comme un catalyseur de souveraineté industrielle et énergétique.