Leader mondial de la logistique et acteur majeur du transport express international, DHL Group et ses filiales se sont engagés depuis plusieurs années déjà dans une transition particulièrement ambitieuse. Face à la hausse des réglementations environnementales et aux attentes croissantes des clients en matière de livraison responsable, l’électrification de ses flottes est rapidement apparu (comme partout ailleurs) un enjeu incontournable. Et considérable.
«La plus grande flotte de véhicules électriques de l’industrie de la logistique»
C’est en 2024 que le géant allemand a présenté son nouveau cadre stratégique pour la deuxième moitié de la décennie: « Stratégie 2030-Accélérer la Croissance Durable » visait alors à une croissance de 50% de son chiffre d’affaires d’ici 2030 (par rapport à 2023). Avec un engagement fort pour la décarbonation de ses flottes. «En tant qu’entreprise de logistique mondiale ayant pour objectif de décarboner ses activités d’ici 2050, DHL Group intègre la durabilité dans son cadre stratégique existant (…) en ajoutant un quatrième pilier stratégique nommé «Logistique Verte de Choix».» Concrètement, l’entreprise entend bien utiliser son expertise pour aider ses clients à décarboner leurs chaînes d’approvisionnement. Pour ce faire, elle s’appuie sur ce qu’elle présente comme «la plus grande flotte de véhicules électriques de l’industrie de la logistique». Tout en garantissant (entre autres) une part de 30% de Carburant d’Aviation Durable (CAD) d’ici 2030. «Investir dans la logistique à faible émission (…) se traduira par un avantage concurrentiel car ces solutions de transport sont de plus en plus importantes pour nos clients.», s’est réjouit Tobias Meyer, CEO de DHL Group.

Des batteries de seconde main pour stocker l’énergie
Dès le 15 novembre 2023, un plan d’investissement de 9 millions d’€ avait été déployé, destiné à accélérer cette transition. A la clé, l’acquisition de 260 véhicules électriques supplémentaires, dont une centaine de Mercedes-Benz eSprinter adaptés aux tournées urbaines du dernier kilomètre. Concernant la seule branche DHL Express France, à la même période elle indiquait que 25% de sa flotte était déjà électrique. Mais, bien entendu, l’électrification ne se limite pas à l’achat de VE. Le défi réside également dans la gestion de la recharge. Sur son site de Créteil, DHL Express France a souhaité innover en déployant un cube de puissance «Eiko». Développé par la start-up lyonnaise Mob-Energy, ce dispositif utilise des batteries de seconde main pour stocker 150 kWh d’énergie, et permet de recharger jusqu’à 20 véhicules simultanément sans nécessiter de renforcement massif du réseau électrique local.
7 milliards d’€ pour décarbonater ses activités mondiales
Au delà de ces innovations, les objectifs de DHL Express France ont toujours été particulièrement ambitieux: 90% des livraisons urbaines zéro émission d’ici 2027, et 100% à l’horizon 2030. Pour y parvenir, l’entreprise a noué un partenariat stratégique avec Shell afin d’installer plus de 260 bornes de recharge réparties sur vingt-quatre sites. Une démarche qui permet d’assurer une capacité de recharge homogène, tant pour les tournées du matin que pour les retours en fin de journée, des moments critiques où les infrastructures peuvent être saturées. Quant au groupe Deutsche Post DHL, il s’est engagé -au niveau mondial- à investir quelque 7 milliards d’€ d’ici 2030. L’objectif: décarboner l’ensemble de ses activités.