Faut-il mesurer l’impact carbone des vélos d’entreprise ?

Par Laurent F.
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vélos

Si, parmi les leviers les plus visibles d’une stratégie de mobilité durable, la solution vélo est simple et rapide à mettre en œuvre, ses effets sur l’environnement demeurent complexes à quantifier. Comment évaluer précisément ce qu’un programme vélo permet réellement d’éviter en émissions ? Le peut-on, d’ailleurs ? Et cela sert-il vraiment à quelque chose, en vérité ? On vous dit tout !

Sur le papier, la mesure de l’impact carbone du vélo repose sur un raisonnement on ne peut plus simple : chaque trajet effectué en deux-roues plutôt qu’en voiture représente des émissions évitées. Mais ce principe, aussi évident soit-il, devient plus délicat dès qu’il s’agit de le traduire concrètement dans un bilan carbone. Car le vélo s’inscrit dans des mobilités mixtes, le plus souvent combinées. Et pourtant, l’exigence de chiffres précis ne cesse d’augmenter. Alors comment faire ? Voici quelques pistes…

Des mesures souvent approximatives mais largement suffisantes

Mesurer l’impact carbone d’un programme vélo, c’est d’abord et avant tout estimer combien de kilomètres auparavant effectués en voiture sont désormais réalisés à vélo. Pour cela, les entreprise peuvent s’appuyer sur trois types de données : la distance domicile‑travail des salariés, leur fréquence de déplacement à vélo, et leur mode de transport initial.

Ainsi, si un collaborateur passe du métro au vélo de fonction, l’impact carbone sera bien réel à l’échelle individuelle, mais restera marginal du point de vue des émissions CO2. À l’inverse, lorsqu’un salarié abandonne sa voiture pour le vélo (même un jour par semaine), de toute évidence le gain environnemental devient très rapidement significatif.

La plupart des entreprises obtiennent ces informations auprès des salariés via des enquêtes annuelles, des applications de suivi ou des estimations déclaratives. Des données qu’elles croisent ensuite avec les facteurs d’émission officiels du transport routier pour calculer une estimation des émissions évitées. Forcé de reconnaître que l’exercice peut paraître approximatif, mais il est aujourd’hui reconnu comme suffisant pour alimenter les bilans carbone, notamment dans le scope 3 mobilité.

Des indicateurs structurants pour un reporting crédible

Lorsqu’un programme vélo s’inscrit dans une démarche RSE solide, trois autres indicateurs s’avèrent eux aussi indispensables. Le premier est la part modale du vélo, c’est‑à‑dire la proportion de salariés qui utilisent le deux-roues pour leurs trajets domicile‑travail. Cet indicateur, souvent sous-estimé, est l’un des plus révélateurs des dynamiques culturelles internes.

Le deuxième est le volume total de kilomètres parcourus en deux-ro par les salariés. Le chiffre obtenu  permet de matérialiser la portée collective du programme au sein de l’organisation. Enfin, troisième indicateur, celui des émissions évitées bien évidemment. Même approximatif, celui-ci donne une lecture solide de l’impact du programme; il nourrit les rapports extra-financiers, et contribue à inscrire le vélo comme un levier à part entière de la stratégie carbone.

Un double objectif : légitimer la pratique et convaincre les sceptiques

On s’en doute, les salariés alternent les modes de déplacement selon la météo, les contraintes professionnelles et personnelles, l’état des routes et d’autres indicateurs pas forcément connus de tous. Bref, en aucun cas, un jour à vélo n’en garantit un autre. Les déclarations ne sont donc jamais parfaitement exactes, mais (comme on l’a déjà dit) très approximatives. En vérité, peu importe. Car ce qui compte avant tout, c’est la cohérence méthodologique et les comparaisons dans le temps.

En clair, une entreprise a avant tout besoin de savoir si le deux-roues progresse en son sein, si les usages s’ancrent, et si la dynamique va dans le sens de ses engagements. Au-delà du simple calcul des kilomètres, l’enjeu est surtout culturel. Parce qu’ au fond, les chiffres servent à surtout donner de la légitimité à la pratique du vélo, à convaincre les sceptiques, à sécuriser les investissements et à montrer que la démarche se traduit par des effets concrets.

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