Le bonus écologique passant désormais par les certificats d’économies d’énergie (CEE), leur rôle dans la transition vers l’électrique des flottes professionnelles paraît désormais essentiel. Mais quels sont les effets réels de ce dispositif ? On fait le point.
On le sait, les entreprises souhaitant bénéficier des CEE pour l’électrification de leur parc automobile peuvent aujourd’hui bénéficier d’aides directes ou indirectes qui peuvent couvrir l’achat de véhicules électriques, l’installation de bornes de recharge sur site ou encore des services de gestion de flotte. Et cela semble convaincre puisque, selon les données publiées par le ministère de la Transition énergétique, les entreprises françaises ont vu leur part de véhicules électriques augmenter de manière notable en 2025, avec plus de 15 000 nouvelles immatriculations soutenues par le dispositif. Un chiffre qui inclut à la fois les véhicules légers et les utilitaires destinés aux professionnels de la logistique et de la livraison.
Les CEE modifient les stratégies d’entreprises
Mais l’effet des CEE ne se limite pas à la «seule» incitation financière. Il modifie aussi les stratégies des entreprises dans la gestion de leurs flottes. En effet, la réduction des coûts énergétiques et des émissions de CO2 leur permet de réallouer des ressources à d’autres projets stratégiques. Ainsi, certaines sociétés de livraison ou de transport de personnes ont pu développer de nouveaux services grâce aux économies réalisées et à la baisse des coûts d’entretien des véhicules électriques, nettement inférieurs à ceux des véhicules thermiques. De plus, la planification à long terme devient plus prévisible. Alors, les entreprises peuvent intégrer l’achat ou le leasing dans leur stratégie pluriannuelle en s’appuyant sur le financement des CEE, ce qui réduit d’autant les risques financiers.
Les limites et les défis du dispositif
Mais, malgré ces avantages, le dispositif des CEE comporte tout de même certaines limites. Tout d’abord, les critères d’éligibilité, les démarches administratives et le montage financier peuvent constituer de sérieux obstacles, tout particulièrement pour les petites structures. Quant à la disponibilité des V.E. elle reste elle aussi un facteur limitant. Si la demande augmente rapidement (grâce aux CEE, ou non) les constructeurs doivent rapidement être en mesure de fournir des modèles adaptés aux besoins professionnels, avec une autonomie suffisante et des solutions de recharge flexibles. Or, si ce segment est en plein développement il reste encore relativement limité.
Une dynamique positive pour la transition énergétique
Indépendamment de ces limites, l’effet des CEE sur la transition des flottes d’entreprise reste donc objectivement très positif. Et pour cause : en encourageant l’achat et la location de véhicules électriques, le dispositif favorise l’innovation, pousse les constructeurs à diversifier leur offre et sensibilise les acteurs économiques à l’importance de la réduction de leur consommation énergétique. De plus, il contribue à la transition des flottes électriques dans le secteur professionnel. Là où les V.E. ont longtemps été perçus comme des produits de niche réservés à une clientèle de particuliers (et urbaine), les certificats d’économies d’énergie permettent de démocratiser leur usage pour l’étendre au monde professionnel, de la livraison en centre-ville jusqu’aux trajets interurbains des collaborateurs.