Accueil » Villes et Territoires » Urbanisme et ville intelligente » Ou quand l’Ile-de-France souhaite se réinventer en «région des 20 minutes»
région

Ou quand l’Ile-de-France souhaite se réinventer en «région des 20 minutes»

par Laurent F.

Après nous avoir parlé des questions liées au logement, Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de la région en charge du SDRIF E, du Logement et de l’Aménagement durable, a accepté de nous décrire les grandes lignes du nouveau Schéma Directeur de la région Ile-de-France (SDRIF E) soumis au vote des élus ce 12 juillet. Succédant à une grande concertation préalable avec les collectivités, les partenaires et les Franciliens, ce Schéma directeur vise à fixer un cadre de développement pour le territoire à l’horizon 2040.

Le SDRIF E vient d’être soumis au vote des élus régionaux. Quelles en sont les grandes lignes?

Jean-Philippe Dugoin-Clément: «Nous sommes là sur un principe et deux piliers. Le principe que nous souhaitons affirmer est celui d’une polycentralité francilienne renforcée. Il s’agit non de faire là une grande ville du quart d’heure, mais plutôt ce qu’on pourrait appeler une «région des 20 minutes». Et de travailler sur une Ile-de-France qui se développera autour de 27 centralités et 117 polarités impulsant une dynamique «polycentrique» permettant de limiter la dépendance à l’épicentre parisien. Lorsque je parle de polycentralité, le principe est d’arriver à proposer sur un même territoire à la fois des logements, de l’emploi, des services publics, la possibilité de faire des études, celles d’avoir accès à une offre de soins et à un réseau de transports cohérents. Ce principe est aujourd’hui insuffisant, et pour la développer nous travaillerons sur deux piliers.»

Lesquels? 

Jean-Philippe Dugoin-Clément: «D’abord, un pilier environnemental qui sera décliné autour de trois axes: la trajectoire de la ZAN, celle du zéro émission nette, et celle d’une vision circulaire de la région (qui permettra donc une moindre dépendance). Deuxième pilier, le développement économique et social. L’Ile de-de-France est la deuxième région de France enregistrant la plus forte augmentation de population: 50 000 Franciliens supplémentaires chaque année. Nous sommes aussi la région de France métropolitaine qui compte le plus d’inégalités entre quartiers les plus riches et ceux les plus pauvres. Et nous sommes une locomotive de l’activité économique du pays. Notre objectif est donc de concilier ces deux piliers, car nous voulons une région qui marche sur ses deux jambes!»

Les transports en commun, nous les voulons totalement décarbonnés, et nous souhaitons continuer à les renforcer grâce à 350 km de voies supplémentaires

Jean-Philippe Dugoin-Clément, vice-président de la région en charge du SDRIF E, du Logement et de l’Aménagement durable

Quelle place tiennent les mobilités dans ce SDRIF-E?

Jean-Philippe Dugoin-Clément: «Un rôle absolument majeur. Nous les voulons totalement décarbonés, et nous souhaitons continuer à les renforcer grâce à 350 km de voies de transports en commun supplémentaires. Au regard de sa population et de son PIB, l’Ile-de-France est la région la moins artificialisée, la moins énergivore et la moins productrice de carbone de France. Ceci, grâce au fait que nous ayons le réseau de transports en commun le plus dense d’Europe, en tout cas pour la petite couronne francilienne. Ce n’est pas suffisant: nous voulons aller encore plus loin en continuant à mailler le territoire et à densifier l’offre de transports collectifs, notamment autour de nos polycentralités. Bien sûr, il y a aussi l’extension des lignes de métro et de trams, notamment.»

Pour conclure, dans votre livre qui vient de paraître* vous présentez Mennecy dont vous êtes maire comme une ville pilote. En quoi l’est-elle? 

Jean-Philippe Dugoin-Clément: «Mennecy est la plus belle ville du monde, et même la capitale de la France qui compte Paris dans sa lointaine banlieue! (rires) Plus sérieusement, nous avons réussi à Mennecy à allier une vraie qualité de vie avec une solide recomposition urbaine.

En douze ans, depuis que j’en suis maire, nous avons su recréer une véritable mixité. A mon arrivée, la commune comptait 15% de logements sociaux, nous en comptons aujourd’hui 21%. Et ce sera même 25% à l’horizon 2025-2026. Nous partions de loin mais, en quinze ans, nous aurons tenu nos objectifs SRU. Avec un important  travail sur des friches, mais pas seulement. 

Aujourd’hui toutes nos écoles ont été rénovées. Nous proposons une nouvelle piscine, un nouveau gymnase, un nouveau théâtre. Les centres de loisirs et les maisons des jeunes ont été doublés. Partout en ville, une demi-douzaine de parcs et d’espaces verts ont été ouverts, qui vont de 500 m2 à 3 ha.

Tout cela pour permettre d’accompagner des espaces de vie équilibrés avec une véritable offre culturelle et sportive. Mennecy est une petite ville de 15 000 habitants où, de la naissance jusqu’à l’arrivée aux études supérieures, on peut totalement vivre. Et vivre bien, tout au long de sa vie, avec tout ce qu’il nous faut.

* Préfacé par Jean-Louis Borloo, « L’habitat fait le citoyen -Le logement entre crise sociale et environnementale » de Jean-Philippe Dugoin-Clément est paru  fin juin aux éd. de l’Aube. Pour en savoir plus.

Articles connexes