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Tour de France des mobilités durables: Lyon: Quand les mobilités durables doivent réinventer la ville!

Quelles sont les offres de nos villes? Pour quels enjeux? Et quels sont leurs projets? Make a Move vous invite à un Tour de France des mobilités durables. Nouvelle étape, Lyon. Adjoint en charge des mobilités, de la logistique urbaine et des espaces publics, Valentin Lungenstrass nous répond.

Si Lyon est engagée depuis longtemps dans le développement des mobilités durables, l’arrivée de l’actuelle équipe municipale en 2020 semble avoir accéléré les choses…

Valentin Lungenstrass: «Absolument. Face aux constats que nous avons pu faire sur la pollution de l’air, les émissions de GES et sur différents autres paramètres comme l’accidentologie ou le bruit, nous avons souhaité établir une stratégie claire en terme de transition des mobilités

Quelle est-elle?

V.L.: «La priorité est de favoriser la marche à pied. Et, bien sûr, le vélo. Nous venons d’annoncer la mise en place d’un grand réseau, «Les Voies Lyonnaises». 250 km de pistes cyclables sur douze lignes seront créées à l’horizon 2026. Elles présenteront un gabarit de 4 mètres de large, et seront séparées des autres flux. Ce qui est très important pour éviter les conflits avec les piétons autant que les accidents avec les véhicules motorisés. L’objectif est d’allonger les temps de parcours à vélo, et de permettre ainsi à la majorité de voir celui-ci comme un moyen de déplacement efficace sur les cinq, voire sur les dix premiers kilomètres.

Sur ces courtes distances, nous avons également lancé le projet de deux nouveaux tramways, et le prolongement d’une ligne. Nous développons un bus à haut niveau de service; un second devrait être opérationnel en fin de mandature. Un projet de transport par câble est aussi à l’étude. Et, bien sûr, nous travaillons sur les énergies, avec un passage à l’électrique, au biogaz ou au trolleybus hybride. Enfin, au delà des infrastructures, nous nous sommes penchés sur la tarification.»

«Notre objectif est, bien évidemment, d’inciter les usagers à se passer de la voiture individuelle thermique.»

Valentin Lungenstrass, adjoint au maire de Lyon Grégory Doucet

C’est-à-dire?

V.L.: «Nous avons mis en place une tarification solidaire à destination de certaines catégories défavorisées. Dans les communes de l’hyper centre de la métropole, environ 10% de la population bénéficie de ces abonnements qui peuvent être gratuits. Ou réduits à 10 €/mois selon les cas. Pour les étudiants nous avons instauré un abonnement à 25 €/mois. Et nous avons aussi aménagé les tarifs pour les familles et les sorties scolaires. L’objectif de tout ce que je viens de vous exposer étant, bien évidemment, d’inciter les usagers à se passer de la voiture individuelle thermique.»

Une incitation qui passe aussi par le développement du covoiturage et de l’autopartage. Ainsi, vous venez d’annoncer la multiplication par quatre de votre flotte d’ici à la fin 2022. Pouvez-vous nous en dire plus?

V.L.: «Nous avons constaté 40% de voitures dans la ville. Avec, comme partout en France, seulement 1,1 occupant en moyenne par véhicule. En terme d’occupation de l’espace public, il est donc important de développer autopartage et covoiturage. Avec la forte volonté de passer vers des motorisations moins polluantes, à savoir l’électrique, et Crit 1 dans un premier temps. Notre service d’autopartage est porté par Lyon Parc Auto (LPA) qui gère au niveau local le réseau Citiz. L’extension qui vient d’être annoncée correspond à l’ajout de 300 véhicules à cette flotte constituée de véhicules thermiques de différents gabarits.

Mais nous avons également lancé un appel à manifestation d’intérêt pour les opérateurs d’autopartage en free floating. Tout particulièrement pour ceux apportant des motorisations électriques ou hybrides. Pour le moment un opérateur s’est montré intéressé (Léo&Go qui, d’ailleurs, est déjà présent dans l’agglomération), mais d’autres sont en cours de labellisation. Nous avons très envie faire un choc d’offres sur l’autopartage afin que – dans le cadre de la ZFE, mais aussi de notre projet de réaménagement de l’espace public – les Lyonnais aient le temps de s’approprier pleinement cette solution.»

Léo&Go

«Il nous faut réaménager l’espace public afin de faire mieux cohabiter les différents modes de déplacement.»

Valentin Lungenstrass, adjoint au maire de Lyon Grégory Doucet.

Justement, le réaménagement de l’espace public constitue pour vous un autre enjeu de taille, qui passe notamment par la piétonnisation de nombreux secteurs. Qu’en est-il cet ambitieux projet?

V.L.: «Nous sommes dans une ville ancienne, avec un urbanisme hérité de nombreux siècles. Nous ne pouvons donc pas tout changer! Mais il nous faut absolument réaménager l’espace public afin de faire mieux cohabiter les différents modes de déplacement. Sur de nombreux axes la voiture prend 60 à 70% de l’espace, avec des trottoirs assez larges et une circulation des bus compliquée. Si vous y ajoutez le flux grandissant de vélos, l’espace s’en trouve considérablement réduit.

Nous avons des projets de végétalisation avec récupération des eaux fluviales. Nous installerons des jardins partagés, des bancs, des aires de jeux pour les enfants, des équipements sportifs. Et nous avons commencé une expérimentation sur la collecte des bio-déchets. Avec l’installation de collecteurs et un maillage qui devra être fort. D’ici là, outre ces grands projets, nous apportons déjà de «petites» transformations. Dont, comme vous le disiez, celles autour des écoles. Il s’agit, en priorité, de sécuriser ces zones en supprimant des places de parkings, en réaménageant les parvis, les espaces de rencontres etc…»

Les transports en commun (bus et trolleybus, métro, tramways et funiculaires) sont sous la responsabilité du SYTRAL (SYndicat mixte des Transports pour le Rhône et l’Agglomération Lyonnaise)…

V.L.: «Tout à fait. Et comme je le disais tout à l’heure nous avons aussi un projet de liaison par câble. Il s’agirait d’un téléphérique reliant le sud du 7ème arrondissement à l’ouest lyonnais où il existe une vraie problématique. Dans le reste de la ville, créer de nouvelles voies est toujours possible. Ici, ce n’est pas le cas car les voiries y sont très contraintes du fait de la vaste colline qui se trouve là.

Ces spécificités ne facilitent pas les différentes insertions. Nous apportons certes quelques aménagements, mais cette solution de liaison par câble nous semble être la plus adéquate à ce stade. Toutefois, comme je vous le disais tout à l’heure, ce projet (qui fait beaucoup parler!) n’en est encore qu’au stade de la concertation. La création d’une nouvelle ligne de métro, qui partirait de Bellecour pour monter jusque dans cette zone, à Tassin-la-Demi-Lune, est également en cours de discussion.»

Pour ce qui concerne les vélos, votre flotte en libre-service s’articule autour de Vélo’V et d’E-Velo’V. La première propose des vélos classiques, l’autre des VAE?

V.L.: «Pas tout à fait. E-Velo’V est une offre qui vous permet d’avoir une batterie personnelle que vous pourrez ensuite poser sur un Velo’V. Nous avons aussi My Velo’V. Des VAE proposés en LLD. Nous sommes en train de renforcer la flotte, et nous venons de baisser les tarifs afin d’être plus attractifs. En fait, il s’agit de l’équivalent du Veligo parisien. Enfin, nous avons mis en place un dispositif nommé Free Velo’V. Une flotte de 10 000 vélos reconditionnés, issus de flottes en libre-service d’autres villes européennes. Ils sont destinés à un public jeune (étudiants ou en situation précaire). Les vélos leur sont prêtés gratuitement pour une certaine durée. Ils bénéficient donc d’un vélo personnel le temps du prêt, avec les services inclus.»

Vous venez de lancer un appel d’offre pour une nouvelle flotte située au kiosque K2 de la place Bellecour. Vélo’V ne pouvait-il donc s’en charger?

V.L.: «Le Kiosque K2 se situe face à l’Office de tourisme. Et, justement, nous avons souhaité cibler l’offre sur le secteur touristique et les loisirs. L’idée est de pouvoir accéder facilement à des vélos en location. Avec, nous l’espérons, la proposition de services d’équipement (porte-bagages ou sièges enfant, par exemple). Bien sûr, nous avons pensé à Velo’V, mais nous voulions une solution qui propose davantage de liberté. Les Vélo’V ne permettent pas de se balader longuement. Certes, ce sont des 2-roues qualitatifs, mais ils sont faits pour des déplacements inter-urbain de courte durée. Et ils ne disposent pas des services annexes que je viens de citer.»

«Généraliser la limitation à 10 km/heure partout revient à arrêter le service de trottinettes électriques en libre-service. Pour moi, cela n’a plus aucun sens!»

Valentin Lungenstrass, adjoint au maire de Lyon Grégory Doucet.

Côté trottinettes électriques, vous faites appel à Dott et à Tier. Faites-vous face aux mêmes problématiques que dans de nombreuses autres villes?

V.L.: «Dès notre arrivée, nous avons finalisé un appel à projet en sélectionnant en effet ces deux opérateurs. Nous sommes aussitôt passés de 6 000 à 4 000 trottinettes, car la flotte était devenue trop envahissante en centre-ville. Nous avons ensuite commencé à créer des zones de stationnement dédiées obligatoires, en partant des lieux d’activité les plus forts (la Presqu’ile et la rive gauche). Le travail continue actuellement en généralisant ces zones à l’ensemble de la ville, et en en mutualisant certaines avec des arceaux de vélos, notamment. Par ailleurs, à notre arrivée à la Mairie de Lyon, j’ai annoncé le lancement de deux études dont l’objectif est de livrer une vision aussi précise que possible sur ce qu’apporte ce type d’offres spécifiquement sur Lyon.»

Et que vous ont-elles apprises? 

V.L. «Ce que l’on sait déjà, c’est que 50% des trottinettes qui circulent aujourd’hui viennent de flottes en libre-service, les autres 50% étant des engins privés. Ce qui confirme la tendance nationale! Le reste de ces études vise à connaître les bénéfices de ces flottes tant sur l’aspect environnemental que dans les usages, notamment sur l’intermodalité. Servent-elles avant tout pour les loisirs, ou viennent-elles remplacer d’autres moyens de déplacement? Nous verrons. Toujours est-il que, le contrat des opérateurs actuels prend fin en 2022. Et ce sont sur toutes ces bases que nous déciderons d’ici au printemps de la continuité ou non de cette offre. Et, si oui, sous quelles conditions.»

D’ici là, vous avez fait le choix de ne pas limiter leur vitesse, contrairement à Paris ou à Grenoble, par exemple. Pourquoi ce choix?

V.L.: «Pas du tout! Au contraire, nous avons été précurseurs. Mais nous avons fait le choix de nous en tenir à des limitations ciblées. Généraliser la limitation à 10 km/heure partout, cela revient à arrêter le service de trottinettes électriques en libre-service. Pour moi, cela n’a plus aucun sens!»

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