Draisiennes électriques : attention aux amendes sur les draisiennes électriques !

Dans un précédent article, nous faisions le point sur les draisiennes. Des 2-roues qui séduisent de plus en plus de consommateurs mais qui, pourtant, demeurent interdits sur la voie publique. Délégué Général de la Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité, Jocelyn Loumeto Ndounzi nous en dit plus.

Les draisiennes électriques suscitent le débat. Pouvez-vous nous expliquer pourquoi ? 

Récemment, sur son site, un acteur de la grande distribution a publié un article consacré à une nouvelle draisienne vendue en magasin. Cela a provoqué immédiatement une levée de boucliers ! Des associations de consommateurs, notamment « Que choisir » et « 60 millions de consommateurs », ont vivement protesté. Il faut savoir que les ventes de ce produit ont progressé ces derniers temps de 80 %, et qu’il est vendu essentiellement dans la grande distribution. Toutefois, personne n’avertit jamais le consommateur qu’à l’heure actuelle une draisienne n’est pas considérée légalement comme un E.D.P.M. Et qu’elle ne peut donc pas être utilisée dans l’espace public. Il y a là un véritable défaut d’information, et c’est évidemment regrettable.

Pour quelles raisons ce 2-roues est-il interdit sur les pistes cyclables ?

Pour résumer, il faut savoir qu’à partir du moment où vous lui mettez une selle un engin motorisé devient aussitôt un cyclomoteur. C’est donc le cas des draisiennes. Depuis l’an dernier, la Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité dont je suis le Délégué général travaille à sa légalisation auprès de l’administration. Nous souhaiterions voir créer une catégorie de cyclomoteurs dit légers, avec une limitation de vitesse à 25 km/heure, une limite de poids et une limite de dimensions. Cela existe déjà dans certains pays, comme en Allemagne. Mais ce n’est pas le cas en France. Pourtant, l’OCDE a réalisé une étude en 2020 qui soulignait les bienfaits de tels engins et demandait leur légalisation dans le cadre du développement des mobilités douces. Nous avons un texte prêt depuis plusieurs mois, mais rien n’avance !

Pourquoi ?

En ajoutant cette catégorie, l’administration a peur de voir des scooters ou d’autres gros engins motorisés envahir nos pistes cyclables. Il s’agit donc de la rassurer en posant ces limites que je viens d’évoquer. En attendant, il nous faut prévenir les usagers. A rouler avec une draisienne, des utilisateurs ont déjà pris de grosses amendes

Justement, quelles sont-elles ? 

Vous conduisez un véhicule motorisé sans plaque d’immatriculation : 700 €. Vous avez un véhicule motorisé non déclaré aux Mines : vous montez à 2900 €. Si, en plus, vous ne l’avez pas assuré, comptez entre 700 € et 3 000 €. Bref, cela risque de vous coûter très cher !

En résumé, outre les vélos, qui peut rouler sur les pistes cyclables ?

Les E.D.P.M, et seulement eux. D’ailleurs, avant que le décret de 2019 les y autorisant ne soit publié il a fallu batailler dur. De nombreuses associations ne voulaient pas des trottinettes sur les pistes. Nous avons dû forcer la main, aidés – il faut dire – par les débordements qui se sont produits un peu partout, notamment dû à la multiplication du free floating. Il n’y avait plus le choix : il fallait réglementer les choses.

Un mot sur la Fédération des Professionnels de la Micro-Mobilité. Quelle est votre action ?

Nous existons depuis 5 ans. Au départ, cette Fédération réunissait essentiellement les fabricants et les importateurs. Puis nous avons été rejoints par des assureurs, des acteurs de services (de la location en free floating ou en B2B, par exemple) et des professionnels de la réparation. Nous nous devons d’être représentatifs de tous ceux qui ont un intérêt économique dans la micro-mobilité. Et nous les accompagnons.Tant sur l’aspect économique que sur l’information, l’image, les usages… Sans oublier de faire le lien avec les pouvoirs publics pour ce qui concerne la loi, les réglementations…