Trottinette, hoverboard, gyropode, monoroue… La bonne conduite !

Rapides, pratiques et toujours plus verts que la voiture ou les transports en commun, les E.D.P.M. (Engins de Déplacement Personnel Motorisés) ont conquis nombre d’urbains. Mais au fait, c’est quoi un E.D.P.M. ? Et à quelles obligations leurs usagers sont-ils soumis ? 

Selon le Code de la route, l’E.D.P.M. est « un véhicule sans place assise, conçu pour le déplacement d’une seule personne et dépourvu de tout aménagement destiné au transport de marchandises ». De même, il est équipé d’un moteur (ou d’une assistance) non thermique dont la vitesse maximale est supérieure à 6 km/h et ne dépasse pas 25 km/h. Exit donc les vélos, mais sont ici concernés les trottinettes, les hoverboards, les gyropodes et autres monoroues.

Quasi-inconnus il y a encore dix ans, ces engins sont désormais soumis à des règles de circulation strictes fixées par le décret n° 2019-1082 du 23 octobre 2019, et encore renforcée par les pouvoirs publics en 2020.

L’objectif ? Assurer la sécurité de chacun, et répondre à un vide juridique. Car, jusque là, un usager d’E.D.P.M. était considéré comme un simple piéton, et n’était donc pas concerné par le Code de la Route (pas en tant que conducteur, en tout cas !). C’est désormais chose faite.

Des espaces de circulation bien délimités

Quelle que soit la nature de l’engin, c’est sur les pistes cyclables (lorsqu’elles existent) qu’un conducteur d’E.D.P.M. doit circuler. Ou, à défaut, sur les routes. Mais pas n’importe lesquelles : sur celles dont la vitesse maximale autorisée est de 50 km/h (80 km/h hors agglomérations). Il peut aussi rouler dans les zones piétonnes, mais à la condition de ne pas dépasser 6 km/h et de ne surtout pas gêner les passants. Dans tous les cas, la circulation sur les trottoirs est interdite (sauf si la mairie a choisi de l’autoriser). L’engin doit alors être guidé à la main, sans faire usage du moteur.

Une sécurité maximale exigée

L’utilisateur d’un engin électrique doit avoir au moins 12 ans et rouler à une vitesse maximum de 25 km/h (20 km/h dans certaines zones de Paris). En aucun cas il ne peut transporter plusieurs personnes. En cas de circulation de nuit ou de visibilité insuffisante le jour, il doit impérativement se vêtir d’un équipement rétro-réfléchissant (gilet ou brassard, par exemple).

Depuis le 1er juillet 2020, trottinettes et autres hoverboards doivent aussi être équipés d’un système de freinage, d’un avertisseur sonore, de feux avant et arrière et de dispositifs réfléchissants (arrière et latéraux). Autre obligation, l’usager d’une trottinette électrique (y compris en libre-service) se doit d’adhérer à une Responsabilité civile qui couvrira les éventuels dommages causés à autrui. Enfin, pour ce qui concerne le port du casque il est fortement conseillé mais pas imposé en ville, mais devient obligatoire hors agglomérations. Ah, on allait oublier : interdiction totale de conduire avec un casque audio dans les oreilles, évidemment !

Quelles amendes ?

A ne pas respecter ces règles, les conducteurs d’E.D.P. s’exposent à des amendes plus ou moins importantes : 

35 € pour le non-respect des règles de circulation.

39 € si l’on stationne sur un trottoir (à Paris), auquel s’ajoutent les frais de fourrière

135 € si l’on circule sur un trottoir sans autorisation1 500 € si l’on excède 25 km/h

Vacances à l’étranger : Attention !

Les différents pays de l’Union européenne n’ayant pas (pas encore ?) harmonisé leurs réglementations au sujet des E.D.P.M., chacun possède aujourd’hui ses propres règles. Si vous comptez partir à l’étranger, pensez à vérifier celles fixées par le pays concerné. Car dans certains cas vous ne pourrez pas y utiliser votre engin ! En Allemagne, par exemple, votre trottinette électrique devra être brevetée par les autorités allemandes et passer au préalable par un contrôle technique. Vous devrez aussi vous acquitter d’une vignette pour pouvoir circuler, et être assuré… en Allemagne ! Evidemment, ces exigences possèdent un vrai coût. Autant dire que mieux vaudra la laisser chez vous !…