Airlab Industrie : La trottinette électrique au cœur des entreprises

Airlab 3 roues

Cette start up nîmoise propose depuis peu une station d’accueil et de recharge pour trottinettes électriques. Le Président Fondateur d’Airlab Industrie, Arnaud Porée, nous en parle. 

Pouvez-vous nous présenter Airlab Industrie

J’ai créé Airlab Industrie en 2014, après dix années passées dans le domaine du vélo pliable. En 2017, alors que ce n’était vraiment pas du tout à la mode, nous avons crée notre première trottinette électrique, la Lab’Elle. A l’époque, certaines marques chinoises arrivaient sur le marché à des prix très bas. Or, celui-ci n’était pas encore assez mature pour accepter un produit de luxe comme le nôtre, au prix quatre fois plus fort que ces entrées de gamme. Du coup, nous avons aussi proposé de l’import. Jusqu’à très récemment, quand au regard de l’explosion des trottinettes (notamment suite au premier confinement) nous nous avons souhaité nous donner le temps de réfléchir : la Lab’Elle commençant à trouver sa place et le marché devenant de plus en plus mature, alors notre avenir d’acteur de la micro-mobilité devait passer par le service. Nous avons donc mis en place un dispositif R&D à la fois mécanique et électronique en tenant compte de ce qui existait déjà, à savoir le free floating. Et nous avons fait le choix de nous adresser aux entreprises.

D’où la création récente de vos stations de recharge…

Avec la Lab’Elle Station, l’objectif est d’offrir une solution de parking et de recharge à l’intérieur des entreprises afin de faciliter la micro-mobilité des salariés et de proposer un usage plus qualitatif des engins électriques. Nous avons développé deux modèles. Le premier laisse la trottinette apparente et la sécurise par un système de crochet muni d’une interface électronique permettant de recharger. Il peut être installé à l’intérieur comme à l’extérieur. Le deuxième, ce sont de très esthétiques casiers en bois qui cachent les trottinettes. Il se destine plutôt aux halls d’accueil, et aux dirigeants qui ne souhaitent pas avoir un parc dans leur hall.

Vous avez, en parallèle, créer une application via un partenariat avec une autre start up, Trivia

Oui, Trivia gère cette interface, Trivia Sharing, qui permet à la Lab’Elle Station d’être totalement connectée et associée à un service de maintenance et d’assurance du parc. L’application smartphone autorise notamment l’ouverture automatique des stations et des casiers, mais elle permet aussi – pour l’entreprise – de contrôler la restitution des engins grâce à des capteurs. En clair, Airlab assure la mécanique quand Trivia s’occupe plutôt des services et de l’électronique.

Enfin, vous proposez simultanément trois nouvelles trottinettes.… Quelles sont-elles ?

D’abord, nous avons amélioré la Lab’Elle Véloce, notre modèle grand public avec son plancher en hêtre et ses poignets en cuir. Bien sûr, nous privilégions toujours les produits nobles, même si son prix n’a cessé de baisser : nous l’avions lancé à presque 2000 euros, aujourd’hui elle est à 945. Les utilisateurs sont majoritairement des plus de 45 ans qui ont déjà eu des trottinettes d’entrée de gamme et qui souhaitent maintenant s’offrir un bel objet. Nous lançons aussi la Lab’Elle Stable, son équivalent mais en 3 roues. Là, nous nous adressons à un public souvent plus âgé, ou qui n’a pas l’habitude des trottinettes et se sent rassuré par les 2 roues arrière pivotantes. Enfin, le dernier modèle est dédié à la location. Nous avons supprimé le bois pour le remplacer par de la fibre de lin. Il n’est pas encore disponible, mais c’est pour bientôt !

Justement, comment une entreprise doit-elle procéder pour accéder à votre offre? 

Si elle souhaite louer, elle s’adressera à Trivia qui lui proposera un contrat d’un ou deux ans. Contrat qui comprendra la station, la trottinette, l’entretien, l’assurance, et bien sûr le casque. En revanche, si elle souhaite l’acheter, alors elle doit s’adresser à nous, Trivia proposant toujours l’entretien évidemment.

Que représente aujourd’hui le marché de la trottinette ? 

Avec environ 700 000 pièces vendues en 2020, le marché est devenu plus important que celui du vélo à assistance électrique qui, pourtant, a lui aussi explosé ! Il faut dire que les prix sont nettement moins élevés. La taxe anti dumping imposée sur les vélos n’a pas cours sur les trottinettes électriques, d’où l’écart important. Pour le reste, les choses se mettent en place peu à peu, même si ce n’est pas toujours facile pour les petites entreprises comme la nôtre. 

C’est-à-dire ? 

Les gros acteurs ont trouvé des moyens d’accéder au territoire européen de manière « semi-directe ». Par exemple, Xiaomi (qui doit représenter environ 80% du marché français) a réussi à distribuer – via des sites comme Ali Baba ou Amazon- des engins venus directement de Chine sans avoir à payer la TVA. De même, depuis le Covid, la grande distribution s’est mise à faire de gros rabais sur les trottinettes électriques, mais sans pour autant en assurer l’entretien. Nous, chez Airlab, nous avons fait le choix d’être distribué à travers un réseau d’une cinquantaine de revendeurs partout en France. Et avec un vrai service après vente ! Nous ne nous sommes pas trompés : notre carnet de commandes est plein; du coup nous avons décidé de délaisser l’import !