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Série-Tour de France des mobilités durables: Nantes: Innovante sur le busway, la cité des Ducs rattrape son retard sur le vélo!

Quelles sont les offres de nos villes? Pour quels enjeux? Et quels sont leurs projets? Make a Move vous invite à un Tour de France des mobilités durables. Nouvelle étape, Nantes. Bertrand Affilé, maire de Saint-Herblain et Vice-Président de Nantes Métropole en charge des stratégies de mobilités et des déplacements, nous répond.

Avant toute chose, pouvez-vous nous présenter la métropole nantaise et ses spécificités?

Bertrand Affilé: «Ce sont 24 communes et 656 000 habitants dont la moitié sur la seule ville de Nantes. De plus, à la différence de beaucoup d’autres métropoles, nous avons deux autres grandes villes: Saint-Herblain (47 000 habitants) et Rezé (environ 43 000). D’autres en comptent autour de 25 000 comme Vertou, Saint-Sébastien-sur-Loire, Orvault et Coëron. D’autres encore 15 ou 20 000. Tout cela donne donc une métropole assez dense.

C’est un facteur très important en terme de mobilités: cela signifie davantage de maillage pour les transports en commun, notamment autour du cœur d’agglomération. Si je prends l’exemple de Saint-Herblain qui est limitrophe de Nantes, nous avons chaque jour environ 40 000 montées dans les transports en commun. A Coëron qui se situe juste après à l’ouest (et qui est desservi différemment), ce sont à peine 8 000 montées pour 22 000 habitants. Ainsi on voit ce qu’un maillage beaucoup plus dense peut induire.»

Quelle est votre politique, aujourd’hui?

B.A.: «Tout d’abord, je dois préciser que Nantes a été la première ville à réintroduire le tramway. C’était en 1985. Deux autres lignes ont suivi dans les années 1990. Et jusqu’à la fin des années 2000 le développement des transports en commun nantais s’est articulé autour de ces tramways. Puis la question de relier Saint-Sébastien-sur-Loire et Vertou au centre de Nantes s’est posée.

Pour cela, nous avons créé le busway: un bus à haut niveau de services aux allures de tram. Rapidement celui-ci a été «victime» de son succès. Si bien qu’en 2019 nous l’avons transformé en ebusway 100% électrique et à double articulation. C’était une première mondiale, je crois! D’ailleurs, nous venons de recevoir un Prix d’excellence d’innovation technologique de l’IUTP (Union Internationale des Transports Publics).

Il nous manquait toutefois une autre solution pour servir des lignes de moindre fréquence. Ainsi, en 2012 nous avons mis en service un premier Chronobus. Nous avons neuf lignes aujourd’hui. Avec à peu près les mêmes amplitudes horaires que le tram. Bref, Nantes s’est structurée en disposant d’une offre importante. Et ce n’est pas fini puisque dici 2027 deux nouvelles lignes de tramway et une nouvelle d’ebusway seront lancées. Et, à plus long terme, d’autres seront renforcées pour une meilleure desserte de la métropole.»

transports en commun Nantes
Busway – Nantes métropole

«Il faut reconnaître que, si nous étions en avance sur le bustram, nous avons une vingtaine dannées de retard sur le vélo!»

Bertrand Affilé, maire de Saint-Herblain et Vice-Président de Nantes Métropole.

Quid du vélo?

B.A.: «Longtemps, Nantes a donc axé sa politique sur ces transports en commun. Ce qui fait qu’à la différence d’autres villes nous n’avons pas pris le virage du vélo et des mobilités actives très tôt. Mais rendons à César ce qui est César: les élus écologistes (arrivés progressivement au Conseil municipal à partir des années 2000) ont poussé pour que le vélo puisse prendre de plus en plus d’importance. Il faut tout de même reconnaître que, si nous étions en avance sur le bustram, nous avons une vingtaine d’années de retard sur le vélo!»

vélos en free floating bicloo
Bicloo – Nantes métropole

Et qu’en est-il désormais?

B.A.: «Sur les deux derniers mandats, un programme de développement des pistes cyclables a été entrepris, du nord au sud et d’est en ouest. Le maillage s’est fait progressivement, mais avec beaucoup de discontinuités. C’est ce que nous devons travailler car nous savons bien que ces discontinuités peuvent être répulsives. Pour les vélotaffeurs, notamment. Nous envisageons aussi de créer progressivement une sorte de rocade vélo qui permettra de faire le tour de l’agglomération via des pistes cyclables. Ce projet devrait courir sur ce mandat et celui à suivre.

Enfin, comme chacun sait le Covid a accéléré la pratique des nouvelles mobilités. La demande est forte désormais. Les exigences aussi. On nous demande plus de parkings sécurisés pour les deux-roues, par exemple. Il est vrai que créer de superbes pistes cyclables ne sert à rien si on n’a pas d’endroits pour garer son vélo ! Nous faisons donc des garages sécurisés, des parkings relais vélos surveillés etc… Bref, nous essayons d’intégrer toutes les inter-modalités

Comme dans bien d’autres métropoles, la voiture reste souvent essentielle, non?

B.A.: «Absolument. Beaucoup viennent travailler dans l’agglomération depuis des zones périurbaines ou rurales. Nous avons donc intégré à notre réseau TAN (Transports de l’Agglomération Nantaise) une offre de covoiturage, Covoit TAN. A votre montée dans la voiture le conducteur scanne votre carte d’abonnement TAN. A vous cela ne coûte rien, et lui est crédité de 2 euros. Par ailleurs, nous avons décidé d’élargir le maillage de nos parkings relais, et de nous servir pour cela du périphérique. Charge à la métropole d’y développer des transports en commun sans correspondance afin de permettre d’arriver en centre-ville rapidement. Ou d’atteindre d’autres zones. Ainsi nous allons créer de nouvelles lignes de rocade. Nous avons déjà transformé l’une d’elles en Chronobus. Et nous continuerons à renforcer l’offre, bien entendu.»

Et pour l’autopartage?

B.A.: «Nous avons Citiz et Marguerite. Marguerite est notre opérateur historique. Europcar a créé cette filiale il y a très longtemps, sans aucun soutien ni subvention. La contribution de la métropole a consisté à mettre en place des espaces adaptés. Nous avons par ailleurs lancé un appel à projet, et l’an dernier nous avons retenu Titi Floris. Au départ, cette SCOP est spécialisée dans le transports de personnes en situation de handicap. Elle disposait de véhicules qu’elle n’utilisait pas, et a souhaité les mettre en location. Elle a donc rejoint l’offre nantaise, ceci avec son propre modèle économique.»

service de covoiturage Marguerite
Service de covoiturage Marguerite

«Des flottes privées? Nous en avons découragé un certain nombre ! Nous avons même fait retirer les trottinettes dun opérateur qui sétait installé sans rien nous demander. A la sauvage!»

Bertrand Affilé, maire de Saint-Herblain et Vice-Président de Nantes Métropole

Revenons aux vélos, vous proposez une flotte en libre-service, Bicloo

B.A.: «Oui. Les services BiclooPlus et Monbicloo (en LLD) sont gérés par JC Decaux, notre opérateur historique là aussi. Les VAE connaissent un très gros succès. Pour la LLD nous avons fixé une durée d’un an, et la liste d’attente se chiffre à plusieurs centaines de personnes.»

Accueillez-vous aussi des flottes privées?

B.A.: «Non. Nous en avons découragé un certain nombre! Nous avons même fait retirer les trottinettes d’un opérateur qui s’était installé sans rien nous demander. A la sauvage! Ils ont fait de grandes annonces sur les réseaux sociaux pour avertir les gens de leur arrivée, mais sans jamais discuter avec nous. Vous conviendrez que ce ne sont pas des manières de faire… Les cowboys qui s’imposent partout, on n’aime pas trop ça ici. D’autant qu’on sait très bien faire sans eux!»

Restent la Loire et l’Erdre. Le Navibus est en plein développement…

B.A.: «Nous avons longtemps eu une seule ligne, entre Trentemoult et la Gare Maritime. Juste avant le Covid nous en avons créé une deuxième (du Bas Chantenay et son Jardin extraordinaire jusqu’à la pointe de l’Ile de Nantes et son célèbre Hangar à Bananes). Quant au Navibus passeur, il assure la liaison sur l’Erdre entre Port-Boyer et Petit-Port Facultés. Elles rencontrent toutes un grand succès! Nous travaillons actuellement sur de nouvelles lignes.»

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