Pour atteindre le zéro carbone, il y a urgence à agir, selon le rapport RTE!

    Réseau électrique (RTE)
    Illustration d'un réseau électrique

    Quelques jours avant l’ouverture de la COP 26 à Glasgow, RTE publiait les résultats de son étude prospective «Futurs Energétiques 2050». Sa conclusion est sans équivoque : «Quel que soit le scénario choisi, il y a urgence à se mobiliser!»

    On l’a déjà évoqué dans un précédent article, RTE, est le gestionnaire du réseau de transport d’électricité français. Il gère en temps réel les flux électriques et l’équilibre entre production et consommation. Au travers de sa mission de service public, par le biais de son expertise et de ses rapports régulièrement publiés, il éclaire les choix des pouvoirs publics. C’est ainsi que, quelques jours avant l’ouverture de la COP 26 à Glasgow, la dernière étude de RTE trouve un écho particulier.

    Une étude prospective intitulée «Futurs Energétiques 2050», qui analyse les évolutions de la consommation en comparant six scénarios garantissant la sécurité d’approvisionnement (dont trois qui tendent vers le 100 % renouvelable, les autres faisant appel – en partie, au moins – au nucléaire). Dans tous les cas, l’optique demeure évidemment la même: parvenir à une électricité bas-carbone en 2050.

    Quand économie et consommation doivent se transformer

    «La France doit simultanément faire face à deux défis: d’une part produire davantage d’électricité en remplacement du pétrole et du gaz fossile et, d’autre part, renouveler les moyens de production nucléaire qui vont progressivement atteindre leur limite d’exploitation d’ici 2060, explique Xavier Piechaczyk, Président du Directoire de RTE. La question est alors: avec quelles technologies produire cette électricité totalement décarbonée ? Energies renouvelables et/ou nouveau nucléaire, et dans quelles proportions?» Et RTE d’en appeler quoi qu’il en soit à une transformation de l’économie et de nos modes de vie.

    «Atteindre la neutralité carbone est impossible sans un développement significatif des énergies renouvelables.»

    RTE, « Futurs Energétiques 2050 », octobre 2021

    Ainsi, pour atteindre les objectifs climatiques, un maître mot : la sobriété dans notre consommation énergétique. «Accélérer la réindustrialisation du pays, en électrifiant les procédés, augmente la consommation d’électricité mais réduit l’empreinte carbone de la France», précise aussi RTE, tout en rappelant qu’«atteindre la neutralité carbone est impossible sans un développement significatif des énergies renouvelables.»

    Développer l’hydraulique

    Faisant écho au plan « France 2030 » annoncé par le Président Emmanuel Macron le 12 octobre dernier, le gestionnaire du réseau électrique français stipule que «se passer de nouveaux réacteurs nucléaires implique des rythmes de développement des énergies renouvelables plus rapides que ceux des pays européens les plus dynamiques.(…) Construire de nouveaux réacteurs nucléaires est pertinent du point de vue économique, a fortiori quand cela permet de conserver un parc d’une quarantaine de GW en 2050». Enfin, sur le développement de l’hydraulique souhaité par le gouvernement, RTE se réjouit: « Créer un « système hydrogène bas-carbone » performant est un atout pour décarboner certains secteurs difficiles à électrifier, et une nécessité dans les scénarios à très fort développement en renouvelables pour stocker l’énergie.»

    Développer les énergies renouvelables, et prolonger les réacteurs nucléaires

    Très attendu par les différents organismes et associations impliqués dans la lutte contre le réchauffement climatique, ce rapport l’était aussi par Emmanuel Macron. Le Président de la République l’a en effet mentionné à plusieurs reprises ces derniers temps, précisant que celui-ci déterminerait sans aucun doute des décisions importantes pour l’avenir énergétique du pays.

    «Le système électrique de la neutralité carbone peut être atteint à un coût maîtrisable pour la France» rassure donc RTE. Mais encore faut-il «développer les énergies renouvelables matures le plus rapidement possible et prolonger les réacteurs nucléaires existants dans une logique de maximisation de la production bas-carbone». En d’autres mots: en parler ne suffit plus, il faut maintenant agir. Et vite !