RTE : « Oui, le réseau électrique français est prêt pour un développement massif des V.E ! »

A la mi-juin, lors d’une conférence de presse, RTE a souhaité répondre aux multiples questions qui se posent autour de la mobilité électrique et de la capacité (ou non) à y faire face. Nous y avons assisté.

Notre réseau électrique pourra-t-il supporter l’avènement de la mobilité électrique ? Saura-t-il alimenter les 16 millions de VE qui devraient être en circulation en France à l’horizon 2035 ? Dans la tête de beaucoup la question se pose. Une interrogation parfaitement légitime lorsqu’on sait que, chaque année, en plein hiver, les différents fournisseurs d’énergie nous appellent à réduire notre consommation aux heures de pointe.

Doit-on alors s’inquiéter lorsque, d’ici quelques années seulement, la demande se trouvera forcément renforcée (voire sur-multipliée !) par le déploiement de la mobilité électrique ? À cette interrogation, RTE, le gestionnaire national du Réseau de Transport d’Electricité, a souhaité répondre dans le cadre d’une conférence de presse qui s’est tenue à la mi-juin. Et pour sa Directrice Innovations et Données, Maïté Jaureguy-Naudin, la réponse est claire :« oui, le système électrique français est prêt pour un développement massif de la mobilité électrique ! » D’autant que, selon RTE, les besoins représenteraient à peine plus de 10 % de la demande d’électricité !

Quand recharger les batteries ? Plutôt la nuit !

Toutefois, pour mieux organiser le flux le gestionnaire préconise d’inciter les automobilistes à recharger leurs véhicules à des moments où l’électricité est produite en excès.

En clair, si le réseau est en mesure de répondre à la demande, mieux vaut malgré tout optimiser les moments de recharge : l’électricité ne pouvant pas se stocker à grande échelle, autant la consommer au moment de sa production (c’est-à-dire pendant les pics de consommation), et donc recharger ses batteries lorsque la demande est plus faible (la nuit !).

RTE en appelle ainsi aux fournisseurs d’électricité : proposer une offre tarifaire spécifique et avantageuse inciterait plus encore les consommateurs à privilégier ces heures creuses.

Un soulagement pour le réseau, et une belle économie (environ 150 euros/an en moyenne) pour les usagers. De fait, certains fournisseurs ont d’ores et déjà lancé ce type d’offres, comme Engie avec Elec Car ou EDF avec Vert Electrique Auto qui proposent une réduction de 50% pour les recharges nocturnes.

Enfin, toujours selon RTE, un véhicule électrique deviendrait vraiment vertueux au bout de 15 000 kilomètres, du moins si l’on tient compte de la fabrication des batteries qui demeurent assez polluantes. Leur fabrication en France et en Europe, ainsi que le prévoit le grand plan stratégique développé par l’Union Européenne, pourrait alors permettre – d’après le gestionnaire – d’abaisser cette pollution.

L’avenir de la mobilité passe par l’électrique

Notons enfin que RTE voit depuis longtemps le déploiement des VE comme « une chance nouvelle pour le système électrique et la collectivité ». Preuve en était déjà l’étude Odoxa réalisée pour son compte en février 2019. Une conclusion s’imposait alors : « la voiture électrique est clairement perçue comme l’avenir de la mobilité en Europe. A condition de lever les freins à son développement, en particulier en France. » Depuis, les différentes mesures économiques prises par l’Etat ainsi que les progrès constants des constructeurs en matière d’autonomie, de bornes de recharge (et même de look des VE !) ont permis d’en lever beaucoup.