Transition énergétique : Les Anglo-saxons accélèrent !

Le Président américain Joe Biden a fixé cet été des objectifs ambitieux et très attendus. Au même moment, au Royaume-Uni, les projet de « giga usines » de batteries se sont multipliés.

Les Etats-unis s’engagent… enfin ! 

Si tout autour de la planète une vingtaine de pays et de blocs régionaux ont déjà fixé leurs objectifs en vue de la réduction des émissions de gaz à effet de serre et de la nécessaire transition énergétique de leur parc automobile, c’est début août que les Etats-Unis ont décidé d’accélérer à leur tour. Le Président américain Joe Biden a en effet dévoilé ses ambitions, marquant là un virage à 180° par rapport à la politique de son prédécesseur Donald Trump, qui – on le sait – faisait peu de cas des problèmes de réchauffement climatique. A la clé, la signature d’un décret fixant à 50% l’objectif des ventes de véhicules zéro émission à l’horizon 2030. L’objectif peut paraître « faible » si on la compare aux nouveaux objectifs de la Communauté Européenne qui souhaite l’arrêt des ventes de véhicules thermiques dès 2035. Il est pourtant particulièrement ambitieux, surtout lorsqu’on sait que les véhicules électriques ne représentaient en 2020 – selon l’Agence internationale de l’énergie (IEA) – que 2 % des ventes de voitures neuves aux USA (contre 10% en Europe). Pour rattraper son retard sur les Européens – et sur les Chinois ! – l’Amérique a bel et bien décidé de mettre les bouchées doubles. Saluées par les différentes associations et les organisations environnementales qui voient là un « signal important », les annonces de Joe Biden ont également emporté l’adhésion du puissant syndicat UAW. Pour son président, Ray Curry « les membres de l’UAW sont prêts à construire ces voitures, ces camions électriques et les batteries qui vont avec. Nos membres sont l’arme secrète de l’Amérique pour gagner cette course mondiale ». Prochaine étape, donc : construire un solide réseau de bornes de recharge afin d’inciter les futurs usagers à passer aux VE. Sans oublier, bien sûr, le développement nécessaire de la production de batteries.

Batteries : Vers une souveraineté du  Royaume-Uni ?

Sur ce point, c’est du côté de la vieille Europe que les projets d’investissement se multiplient. Au Royaume-Uni plus particulièrement, à l’image de l’annonce faite cet été par le Japonais Nissan. Début juillet, le constructeur annonçait en effet un investissement de 1,6 milliard d’euros pour la construction de « 36Zéro », un projet destiné à apporter une solution industrielle à la démarche zéro carbone. Situé à Sunderland, ce site devrait créer 6.000 emplois directs. Signe supplémentaire de l’engouement pour le savoir-faire industriel britannique, une autre région (les West Midlands) vient à son tour d’annoncer la future implantation à Coventry d’une « giga-usine » (1,7 million de mètres carrés). Un investissement de l’ordre de 2,3 milliards d’euros et qui devrait lui aussi aider à la création de 6.000 emplois. Le syndicat britannique Unite voit là un «  énorme coup de fouet » pour l’économie des West Midlands. Et si, en dépit des nombreux projets mis en place pour la Communauté Européenne, le Royaume-Uni prenait une longueur d’avance ?…