Recharges sur autoroute: ça va changer, mais comment ?…

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Face au manque d’équipement, et pour inciter plus encore la transition vers l’électrique, l’Etat a décidé de fixer d’ambitieux objectifs sur l’ensemble du réseau autoroutier français. Une bonne nouvelle pour les usagers ?
Un sondage réalisé par OpinionWay pour l’AFIREV (Association Française pour l’Itinérance de la Recharge Electrique des Véhicules) confirme ce que l’on savait : 85 % des personnes interrogées ont déjà dû faire face à une panne de borne de recharge publique. Ce constat général s’applique d’autant plus sur le réseau autoroutier où les usagers doivent aussi affronter une trop grande rareté de ces bornes. Selon l’UFE (Union Française de l’Electricité), « au 31 décembre 2020, l’autoroute A 11 reliant Paris et Nantes peut être considérée comme relativement bien équipée en bornes de recharge, grâce à la présence de 39 points de recharge répartis sur 9 aires de service existantes (soit 64 % du nombre total d’aires de service) ». Ailleurs ? « 80 % des autoroutes restent peu équipées en IRVE ». Face à ce constat, et surtout face à l’envolée des ventes de véhicules électriques et hybrides rechargeables, le gouvernement a décidé de donner un grand coup d’accélérateur, fixant un objectif global de 100 000 bornes déployées dans le pays avant la fin 2021 (on en compte aujourd’hui un peu plus de 30 000). Une enveloppe de 100 millions d’euros a aussi été allouée pour soutenir l’installation de bornes de recharge rapide sur les grands axes (autoroutes et routes nationales). Car l’autre objectif est là : pas question d’imposer des temps de recharge trop longs aux conducteurs… ce qui serait forcément dissuasif à l’achat d’un VE ! En février dernier, le Ministre des Transports Jean-Baptiste Djebbari a ainsi dévoilé la carte des quelques 400 aires de service devant obligatoirement être dotées d’IRVE d’ici au 1er janvier 2023. Quitte à alléger les obligations en matière de contrats passés entre les sociétés autoroutières et les différents opérateurs.

De quoi contenter tout le monde ?

Pas si sûr ! L’Autorité de Régulation des Transports (ART) a ainsi fait part de sa prudence.« L’allégement des modalités de publicité prévu par le décret risque encore de réduire la concurrence sur un marché des bornes caractérisé par un nombre particulièrement limité d’opérateurs opérant sur le territoire national. Il existe (donc) un risque que la rapidité du déploiement des IRVE se fasse au détriment du prix payé par l’usager, alors même qu’il n’a pas paru acquis à l’Autorité que la procédure dérogatoire proposée soit susceptible d’accélérer les délais effectifs de déploiement ». Face à la crainte de l’ART, les acteurs du marché de l’électrique déplorent au contraire le manque d’ambition de la politique gouvernementale. Ainsi, dans une tribune publiée mi-février, l’UFE et l’ASFA (Association des Sociétés Françaises d’Autoroutes) ont appelé l’Etat à  voir plus large, et donc à développer un « vrai » réseau sur l’ensemble du territoire, en clair des bornes tous les 50 km. « Il est important de mettre en œuvre un dispositif de soutien pérenne pour développer le réseau de recharge rapide sans alourdir la facture d’électricité des ménages », affirment les deux associations. Reste à demander l’avis des usagers de V.E Sur ce point, on se doute déjà de leur avis : en tant qu’anciens conducteurs de véhicules thermiques, la flambée des prix entre deux péages… ils connaissent bien !