Les Zones à Faibles Emissions vont-elles avoir raison de nos voitures thermiques?

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D’abord contraignantes pour les usagers de la route, les ZFE-m délivrent des aides supplémentaires à l’acquisition de véhicules électriques ou hybrides. Objectif : dépolluer nos villes et faire de nos vieilles thermiques un lointain souvenir ! 

Selon une étude réalisée par Santé Publique France la pollution de l’air serait responsable de 48 000 décès prématurés par an. Le trafic routier serait, quant à lui, responsable de 57% des émissions d’oxydes d’azote ainsi que d’une part significative des émissions directes de particules fines. Face à cette préoccupation majeure, depuis plusieurs années l’État a mis en place une série d’actions. Parmi elles, la création de Zones à Faibles Emissions mobilité (ZFE-m) qui vise à protéger les habitants des villes où la pollution de l’air est majeure. Le principe ? Il nous est désormais bien connu : en cas de pic de pollution, une circulation alternée y est mis en place, voire – le cas échéant – une interdiction totale de circuler si votre véhicule est jugé trop polluant. Seuls sésames pour circuler en ces périodes ? Etre au volant d’un VE bien entendu, ou disposer d’une vignette Crit’Air dont le niveau est estimé suffisant (généralement les niveaux 1 et 2). A enfreindre la réglementation tout conducteur s’expose à une amende forfaitaire de 68 € pour les voitures et les deux-roues, 135 € pour les poids-lourds et les autocars. Jusqu’ici seules l’agglomération parisienne, la métropole de Grenoble et celle de Lyon faisaient partie des ZFE-m. En 2021, d’autres ont rejoint le dispositif (ou le feront ces prochains mois). Il s’agit d’Aix-Marseille-Provence, Nice-Côte d’Azur, Toulon-Provence-Méditerranée, Toulouse, Montpellier-Méditerranée, Strasbourg, et Rouen-Normandie. Libre aux autres métropoles d’intégrer à leur tour ces ZFE-m. 

Des contraintes compensées par bien des avantages

L’objectif de ces mesures ? Vider les zones à forte densité urbaine de tout ce qui favorise leur pollution, à commencer par les véhicules thermiques. Elles s’accompagnent de nombreuses autres mesures prises au plan national ou local. Le plan vélo ou le soutien massif au covoiturage, notamment. Mais pas seulement. Une sur-prime est aussi délivrée aux habitants et travailleurs des ZFE-m. Voire deux puisque collectivités territoriales et Etat délivrent bien souvent chacune la leur. Ainsi, par exemple, les entreprises situées en Auvergne-Rhône-Alpes peuvent bénéficier d’un bonus écologique supplémentaire jusqu’à 5 000 € (en fonction du PTAC) pour l’achat d’un véhicule utilitaire électrique neuf. Les entreprises de moins de 250 salariés dont le siège se situe au sein de la métropole Grenoble-Alpes disposent d’une aide supplémentaire de 4 800 € maximum, et Il est aussi possible d’obtenir une surprime à la conversion jusqu’à 6 000 €. De son côté, la métropole de Lyon accorde une aide de 5 000 €, et la région Île-de-France 6 000 € au maximum. Coup de pouce supplémentaire aux micro-entrepreneurs, aux TPE et aux PME (jusqu’à 50 salariés), la Ville de Paris leur délivre également une aide (plafonnée à 6 000 €) à la condition d’être domicilié dans la capitale ou dans les départements limitrophes. Enfin, les micro-entreprises de moins de 10 salariés situées en Normandie et faisant l’acquisition d’un VE (au prix d’achat inférieur à 40 000 €)  peuvent se voir accorder une aide de 2 000 €. A tout ceci vient donc s’ajouter l’aide supplémentaire de l’Etat. Une aide égale à celle versée par la collectivité (dans la limite de 1 000 €). Face à ces soutiens massifs et forcément intéressants, au moment de changer de véhicule on ne peut alors que s’interroger : n’est-il pas grand temps de passer vite à l’électrique, et de ranger notre vieille thermique au garage… voire à la casse ?