Hydrogène vs électrique : un match loin d’être lancé !

Recharge voiture electrique

Encore extrêmement rares, les voitures fonctionnant à l’hydrogène constitueraient pour beaucoup l’avenir de l’automobile. Leurs différences avec l’électrique ? Sur le papier, pas grand chose, et pourtant… tout ou presque les sépare ! Du moins pour l’instant…

S’ils sont beaucoup moins présents que les véhicules électriques, ceux fonctionnant à l’hydrogène ne tiennent pas que du fantasme. Ils sont encore en tout petit nombre certes, mais ils sont bien présents ! Citons, par exemple, la Toyota Mirai, la Honda Clarity, la Mercedes GLC-F-Cell ou encore la Hyundai Nexo. Sans oublier quelques concept-cars comme la Project Solidarity, un pick-up sportif et futuriste développé par Ford, GM et Stellantis. Hopium, aussi, une nouvelle marque créée par le pilote et entrepreneur Olivier Lombard qui a pour objectif la commercialisation à l’orée 2026 d’une berline 100 % made in France dont l’autonomie approcherait les 1 000 kilomètres ! D’ici là, la BMW i Hydrogen Next sera devenue réalité, probablement dès la fin 2022. Mais, au fait, c’est quoi, déjà, une voiture à hydrogène ? 

Comment ça marche ? 

Sur le papier autant que sur le principe, peu de différences avec un véhicule électrique : les deux fonctionnent avec un ou plusieurs moteur(s) électrique(s) qui transmettent leur énergie aux roues. Toutefois, contrairement au VE, la voiture à hydrogène ne stocke pas d’énergie dans ses batteries mais la tient d’une pile à combustible s’appuyant sur des réservoirs sous pression à 700 bars. Exit donc les fameuses batteries ! Conséquence immédiate, la voiture à hydrogène bénéficie d’une autonomie très supérieure à sa cousine électrique. La nouvelle Toyota Mirai, par exemple, affiche 650 kilomètres en cycle WLPT quand la Hyundai Nexo flirte avec les 700… Autre avantage de taille, pas besoin d’attendre de longues heures pour que le véhicule se recharge; seules quelques minutes suffisent à lui redonner tout son allant. Et, bien sûr, comme l’électrique la voiture à l’hydrogène se veut propre : pas d’émissions rejetées, hors quelques gouttelettes d’eau !

Des inconvénients ?

D’abord son prix, bien sûr. Encore rare et complexe, elle demeure très onéreuse. Hyundai propose sa Nexo à environ 72 000 euros. La Toyota Mirai, elle, flirte avec les 80 000. Quant à l’Hopium d’Olivier Lombard, elle pourrait avoisiner les 120 000 euros. Le prix vous importe peu ? Reste tout de même à trouver les infrastructures et autres stations à hydrogène pour alimenter votre nouveau véhicule, et ça… c’est une autre affaire ! Normal quand on sait qu’en 2020, le nombre de voitures à l’hydrogène circulant sur la planète était seulement de 20 000, dont 50% en Asie et 30% en Californie. L’Europe, elle, est à la traîne. Certes, en juin 2020 l’Allemagne a affiché ses ambitions en annonçant un investissement de 9 milliards d’euros, suivie par la France à hauteur de 7 milliards. Mais tout reste encore à faire ! Et vite de préférence. Car cet hydrogène représente, pour bien des spécialistes, l’avenir de l’automobile. Selon le rapport McKensey & Hydrogen Council publié en 2018, le secteur des transports devrait même en être bouleversé à l’horizon 2050. En attendant ? Hormis les quelques exceptions qu’on a déjà citées, pour l’immense majorité des constructeurs, l’hydrogène est bel et bien le cadet de leurs soucis. Il faut dire qu’avec une consommation estimée à 10 € pour 100 kilomètres, on est encore très loin du seuil d’attractivité !