Étude ADEME : Vers un retrofit économe et sûr!

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Le 19 mai, l’ADEME publiait sa toute première étude consacrée au rétrofit et à ses impacts environnementaux. Ses résultats constituent une excellente nouvelle pour ses adeptes ! Pas de doute, la filière du rétrofit est en marche ! 

Parmi les solutions envisagées pour faire face aux nouveaux enjeux environnementaux, le rétrofit électrique – tout récemment autorisé en France –  fait partie des outsiders. La filière n’en est encore qu’à ses balbutiements, et c’est toute une industrie qui est aujourd’hui à bâtir (voir notre article consacré à Arnaud Pigounides, fondateur d’AIRe). Pour mieux la connaître et pour mesurer son impact réel, l’ADEME (l’Agence de la transition écologique) vient ainsi de réaliser sa toute première étude sur le sujet.

Publiée le 19 mai, elle livre « les conditions nécessaires à un rétrofit économe, sûr et bénéfique pour l’environnement ». Pour ce faire, l’Agence – qui travaille sous la tutelle du ministère de la Transition écologique et du ministère de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation – a évalué trois scénarios possibles chez un individu possédant au départ un véhicule diesel : s’il continue à l’utiliser, s’il le revend et achète un véhicule électrique neuf, ou s’il fait le choix de le retrofiter.

Le résultat est sans appel. Voire surprenant ! « Le rétrofit électrique est une solution pertinente pour répondre aux enjeux de qualité de l’air et climatique en limitant les émissions de gaz à effet de serre ou de polluants et en réduisant automatiquement l’usage des matières premières. Lorsqu’un rétrofit électrique est possible sur un véhicule, cette option présente toujours une baisse supplémentaire des émissions par rapport au choix de l’achat d’un véhicule électrique neuf ».

Ainsi, concernant les citadines (49% du parc automobile est constitué de berlines et de citadines), leur conversion permettrait de réduire de 66% les émissions de CO2 par rapport au véhicule diésel, et de 47% si l’on achète un VE neuf. Plus important encore, le retrofit des autobus amènerait une baisse de 87% par rapport au diesel, de 37% si l’on acquiert un VE.

Seul léger bémol, d’ordre économique cette fois, si l’ADEME voit là « un modèle économique favorable pour les véhicules lourds » il s’avèrerait plus incertain pour les véhicules légers. « En effet, si le développement des ZFE-m pourrait à court terme être un catalyseur de ce marché, lobjectif dinterdiction de vente des véhicules avec carburants fossiles à horizon 2040 limite les perspectives de retrofit sur le long terme. (…) Il semble donc nécessaire de cibler les catégories de véhicules à développer. » En l’occurence les camions et bus plutôt que les véhicules légers. Pour autant, c’est une évidence : le développement du secteur reste prometteur.

« L’électrification progressive du parc de véhicules risque d’entraîner une baisse des activités d’entretien et de maintenance des garagistes, poursuit l’ADEME. En ce sens le rétrofit pourrait permettre à la filière de se renouveler, de se convertir progressivement à la mobilité électrique et de conserver un maximum d’emplois locaux. »

Des acteurs évidemment satisfaits !

On peut l’imaginer, les principaux acteurs du rétrofit se satisfont pleinement de cette première étude, tout comme des recommandations faites par l’ADEME.

Dans l’entretien qu’il nous a accordé Arnaud Pigounides, fondateur de l’association AIRe le confirme :

« Cette étude permet de montrer à ceux qui nous reprochaient de manipuler les chiffres (ou de mentir) que nous étions dans le vrai ! Nous savons maintenant de façon certaine que, face au maintien d’un véhicule diesel pendant la deuxième partie de sa vie, un véhicule rétrofité représente une très grosse baisse des émissions de gaz à effet de serre. Normal : on n’a pas un châssis à refaire, et on on décarbone au meilleur moment (c’est-à-dire au pire pour les véhicules diesel). Bref, cette étude donne du sens au rétrofit. Quant aux préconisations qui sont faites, je m’en réjouis ! Oui, la filière doit bénéficier du soutien économique des pouvoirs publics. Les délais et coûts d’homologation doivent être revus à la baisse, notamment pour donner accès à cette solution au plus grand nombre. Il est également urgent de pouvoir mettre en place un plan « batteries » avec pour objectif d’abaisser le prix du kwH et de l’aligner sur celui des constructeurs.. Ces leviers sont indispensables. Plus le nombre de véhicules rétrofités sera important, plus nous pourrons faire baisser les gaz à effets de serre,. Avec à la clé la perspective de créer des dizaines de milliers d’emplois ! »

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