Batteries : L’innovation en marche forcée !

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Parce qu’il faut tout à la fois suivre l’explosion du marché, améliorer leurs performances et leur sécurité tout en songeant aux préoccupations environnementales, les batteries sont aujourd’hui au centre de tous les enjeux. On fait le point. 
C’est un appel clair et sans détour qu’a lancé fin avril l’Agence Internationale de l’Energie (AIE) : si les véhicules électriques connaissent une forte dynamique, les gouvernements doivent faire davantage encore pour favoriser leur développement, en particulier celui des batteries et des points de recharge. Selon l’agence internationale, la flotte mondiale du V.E. pourrait atteindre 230 millions (contre les 145 millions espérés) « si les gouvernements accélèrent leurs efforts pour atteindre les objectifs climatiques et énergétiques internationaux ». « Les tendances commerciales actuelles sont très encourageantes, mais cela doit aller encore plus vite ! », plaide le directeur exécutif de l’AIE, Fatih Birol, qui presse ainsi les gouvernements à utiliser « les plans de relance économiques pour investir dans la fabrication de batteries et le développement d’infrastructures de recharge étendues et fiables ».

L’Europe investit massivement

Un appel d’ores et déjà entendu par l’Europe. Dans le cadre du dispositif IPCEI (Important Project of Commun European Interest) qui vise à soutenir la recherche et l’innovation, la Commission Européenne vient en effet de valider le financement d’un nouveau projet : la « European Battery Innovation » sera financée par douze Etats membres – à savoir l’Allemagne, l’Autriche, la Belgique, la Croatie, l’Espagne, la Finlande, la France, la Grèce, l’Italie, la Pologne, la Slovaquie et la Suède – qui, ensemble, lui consacreront 2,9 milliards d’euros. Ce à quoi 9 milliards d’euros devraient venir s’ajouter en investissements privés. Prévue pour durer jusqu’en 2028, la « European Battery Innovation » rassemblera plus de 300 collaborations et mobilisera quelques 150 participants qui, tous, travailleront au développement d’innovations, notamment à la mise en place de nouvelles chimies et de nouveaux procédés industriels. « Ce solide projet paneuropéen contribuera à révolutionner le marché des batteries. Il renforcera également notre autonomie stratégique dans un secteur qui est vital pour la transition verte et la résilience à long terme de l’Europe, explique Maros Sefcovic, vice-président de la Commission chargé de l’alliance européenne pour les batteries. D’ici à 2025, nos actions entreprises dans le cadre de l’alliance européenne pour les batteries aboutiront à une industrie dont la robustesse permettra d’approvisionner chaque année au moins six millions de voitures électriques en énergie ».

Les constructeurs aussi !

Mais les pouvoirs publics ne sont pas les seuls à multiplier les projets, loin s’en faut ! Les constructeurs travaillent à leurs propres solutions. Mission principale : proposer le plus rapidement possible des alternatives à l’incontournable technologie lithium-ion. Il y a quelques mois, Andreas Hintennach, responsable de la recherche et développement des batteries chez Mercedes, l’expliquait dans les colonnes d’Automobile Magazine : « Le lithium-ion est aujourd’hui la chimie la plus utilisée (…) Ce que je peux vous dire, c’est que dans les prochaines années elle le restera, mais il y en aura d’autres plus tard, sur lesquelles nous travaillons constamment afin d’améliorer la densité énergétique et le temps de charge, mais aussi la durabilité et la sécurité, cruciales pour nous. » Et de citer notamment « la batterie au lithium-soufre, qui permettrait de gagner environ 30% de densité énergétique. (…) Pareil pour le lithium-air dont on entend beaucoup parler dans les laboratoires. » Hors Mercedes ? Porsche souhaite développer rapidement ses propres batteries haute performance en s’associant notamment à Custom Cells via une co-entreprise. Du côté de BMW et de Ford, l’objectif est de proposer avant 2030 des batteries solides. Tout comme le groupe Volkswagen qui vient d’annoncer la construction de six usines de fabrication. Renault, quant à elle, espère les siennes avec des électrodes se passant de cobalt. De là à concevoir des VE qui n’auraient pas besoin d’une batterie (du moins telle qu’on la connait aujourd’hui !), il n’y a qu’un pas que des chercheurs suédois sont en train de franchir. Ils viennent même de créer un premier prototype plutôt prometteur. Reste (pour le moment !) à se contenter de ce que l’on a. Et là aussi les nouvelles sont encourageantes. Selon l’étude qu’elle consacre chaque année aux batteries, Bloomberg New Energy Finance (BNEF) démontre une nouvelle baisse de prix : alors qu’en 2019 les packs s’affichaient à une moyenne de 157 $/kWh, ils n’étaient plus qu’à 137 $ en 2020. Et cette chute pourrait même s’accélérer jusqu’atteindre 101 $/kWh en 2023 !

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