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Construction durable: De quoi s’agit-il?

par Laurent F.

Selon le Ministère de la Transition écologique, le secteur du bâtiment émettrait plus de 123 millions de tonnes de CO2, soit un tiers des émissions globales du pays. D’où sa nécessaire transition vers une construction durable. Mais qu’entend-on par là?

Largement critiqué pour son manque d’implication dans la décarbonation, le secteur du bâtiment fait partie des plus pollueurs. En France, loin devant les transports et l’industrie pourtant eux aussi montrés du doigt, il représenterait 70% de la production totale de déchets, et 44% de l’énergie consommée. De même, il émettrait à lui seul plus d’un tiers des émissions globales du pays. Une remise en question était donc urgente autant que nécessaire. Elle passe aujourd’hui par le développement d’une construction durable.

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Qu’est-ce qu’une construction durable?

Nommée aussi éco-construction la construction durable se veut une nouvelle approche à la fois environnementale et sociétale. Elle concerne toutes les constructions ou les travaux de rénovation visant à réduire l’impact des bâtiments sur l’environnement. Ceci, depuis les matériaux utilisés jusqu’aux différentes étapes de leur construction, puis leur utilisation au quotidien. 

Concrètement, c’est la Réglementation Environnementale 2020 (RE 2020) qui vient fixer, depuis le 1er janvier 2021, des règles strictes aux acteurs du secteur. Ainsi, la construction durable doit garantir à ses futurs résidents une qualité de vie supérieure à celle offerte dans une construction classique. Pour ce faire, les constructeurs doivent s’engager à choisir des matériaux naturels, recyclables et (de préférence) locaux. Ceci, en veillant à ce que l’ensemble du cycle de vie de ces matériaux -de leur achat jusqu’à leur démolition- ait un impact carbone limité.

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Quels matériaux privilégier? 

Parmi les principaux matériaux recommandés on peut citer:

  • Le bois: Naturel et renouvelable, il présente tous les avantages. A savoir une maîtrise des émissions de CO2, une légèreté et une durabilité qui ont fait leurs preuves, et une bonne performance thermique.
  • Le béton cellulaire: composé à 80% d’air, il est lui aussi léger, durable et facile à poser. Surtout, il est cinq fois plus isolant que les parpaings traditionnels.
  • La pierre: Robuste, elle possède de très bonnes propriétés d’isolation phonique et thermique. 
  • Le béton de chanvre: Ce mélange naturel de chènevotte, d’eau et de chaux offre une bonne résistance thermique et une excellente isolation acoustique.
  • L’argile: Pour la construction des briques, par exemple.
  • Le polypropylène, polybutylène et polyéthylène: Afin de remplacer les traditionnels tuyaux en PVC qui libèrent des particules nocives pour la santé, ces plastiques sont une excellente alternative.

Et quel chauffage?

Outre l’utilisation de matériaux naturels, les constructions durables doivent aussi garantir une performance énergétique optimale en optant pour des systèmes de chauffage faisant appel aux énergies renouvelables. Ainsi, tout nouvel habitat individuel neuf devra consommer moins de 4 kilos équivalent CO2 par mètre carré et par an. Soit, dix fois moins que la consommation moyenne des logements actuellement chauffés au gaz naturel. Par ce biais, les bâtiments à énergie positive (c’est-à-dire les maisons ou les bureaux produisant plus d’énergie qu’ils n’en consomment) devront devenir la norme. Et l’électricité bas carbone devra être nettement privilégiée.

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Quelles règles pour les rénovations durables?

Le saviez-vous? La France compterait (selon l’Observatoire national de la rénovation énergétique) environ 5,2 millions de passoires thermiques. Bonne nouvelle, tout de même: c’est environ 3 millions de moins que ce qui avait été annoncé par le gouvernement en 2018. Quant aux logements rénovés, si l’on en croit les chiffres les plus récents, on comptait quelques 300 000 rénovations annuelles entre 2016-2018. Le Plan National de Rénovation lancé en avril 2018 a fixé le cap des 500 000 rénovations annuelles.

Six postes de travaux sont vérifiés

Si vous l’envisagez, sachez qu’une rénovation performante étudie six postes de travaux: l’isolation des murs, celle des planchers bas, celle de la toiture, le remplacement des menuiseries extérieures, la ventilation, la production de chauffage et d’eau chaude. La loi prévoit toutefois des dérogations en fonction (notamment) des contraintes techniques, architecturales ou patrimoniales ou de coûts trop importants par rapport à la valeur du bien. Même chose pour les bâtiments de classe F ou G.

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